Mondragone, 30 avril

Felipone vint nous y trouver. Il m'annonça que je devais, par

considération pour lui, ne recevoir personne, pas même lord B***, qui

était venu lui demander de mes nouvelles, et la Mariuccia qui était fort

inquiète de sa nièce. Il ne voulait pas révéler le secret du passage,

inutilement, à trop de personnes, et il s'était contenté de dire à nos

amis que nous étions dans la campagne, en lieu sûr.

--Ma femme, ajouta-t-il, s'occupera de vous apporter des vivres. Moi, il

faut que je me tienne chez nous, car il y a bien des curieux sur pied à

la suite de ces aventures que chacun explique et raconte à sa manière,

et, parmi eux, des mouchards qui voudraient bien me confesser. Il est

bon que je montre à ces gens-là ma figure simple et mes yeux étonnés,

car mon rôle est de paraître hébété de surprise quand on me parle de

gens cachés ici, qui se seraient envolés par les grands tuyaux du

_terrazzone_. On voudra rôder aujourd'hui, et demain encore, autour

du château, et, malgré les portes des jardins fermées, il se glissera

toujours quelques enfants entre mes jambes. Faites attention à ne point

vous laisser voir en replantant votre tente dans le casino. Olivia

n'amènera personne dans les cours. Je lui ai donné avis de votre

présence. Elle dira que la police défend de visiter Mondragone jusqu'à

nouvel ordre. Vous trouverez tous vos effets de campement dans la

_Befana_ où je viens de les rapporter. Et sur ce, mes beaux enfants,

l'amour et l'espoir soient avec vous!

Je ne le laissai pas partir sans lui demander ce qu'il savait de la

santé de lady B***. Elle allait mieux. Son mari espérait pouvoir aller à

Rome le lendemain pour tâcher de mettre fin aux soupçons absurdes dont

j'étais l'objet, et qui devaient, selon lui, tomber d'eux-mêmes après le

départ des personnages auxquels on m'avait supposé appartenir.

Nous passâmes donc la journée à remeubler le casino. Comme on n'y avait

rien trouvé, on n'avait rien dévasté. Je refis mon établissement de

travail dans la chapelle où je retrouvai avec plaisir mon tableau et mon

album d'écritures, dans le trou où je les avais cachés. Il fait tout à

fait chaud, et le soin d'entretenir le feu ne complique plus l'embarras

de notre existence. Je ne regrette pas les savantes ressources

culinaires de Tartaglia, ni la société de Fra Cipriano. La chèvre nous

a été ramenée par Olivia, et nos lapins courent de plus belle dans les

grandes herbes de la cour. Je n'ai pas pu décider Daniella à me laisser

perdre l'habitude du café; mais je lui ai persuadé que je l'aimais mieux

fait à froid, et que je détestais les ragoûts. Nous vivons donc de

quelques viandes froides, de salade, d'oeufs et de laitage. Elle

s'occupe de moi, à côté de moi, toute la journée, et voilà trois jours

que je vous griffonne mon récit à la veillée, lisant, à mesure, à ma

chère compagne, tout ce qui peut l'intéresser dans cette relation de

notre humble épopée.

Je suis bien plus heureux, depuis ces trois jours, que je ne l'ai encore

été. Daniella ne me quitte plus! On la croit partie avec moi, et s'il me

devient possible de prolonger ostensiblement mon séjour en ce pays-ci,

je voudrais ne sortir de ma cachette que pour conduire ma fiancée à

l'autel. Je voudrais avoir l'agrément de mon oncle, et des papiers qui

me missent à même de contracter, en présence des représentants de la

légalité française, un engagement inviolable. J'ai donc écrit à l'abbé

Valreg, et j'ai envoyé ma lettre à lord B*** pour qu'il la fit partir.

Je m'attends bien à des questions, à des représentations, à des lenteurs

de la part de mon digne oncle; mais ma résolution est inébranlable.

Daniella a assez souffert pour moi, et, bien que mon serment devant Dieu

seul lui suffise, je ne veux pas qu'autour d'elle on puisse douter de

l'éternel dévouement dont je la juge et dont je la sais digne.

Je vous ai envoyé aussi une lettre plus abrégée que ce volume, mais

résumant les mêmes faits. La connaissance que vous en prendrez vous

mettra à même d'agir auprès de mon oncle. Je sais qu'une démarche de

votre part pour approuver et appuyer ma demande filiale aura du poids

dans son opinion.

Et maintenant, je vas me remettre à la peinture. Je m'aperçois avec

plaisir que ces agitations, ces joies, ces dangers et ces fatigues, loin

de m'énerver, me font sentir plus vivement le besoin, le désir, et, qui

sait? peut-être la faculté du travail. Par le temps de civilisation qui

court, les artistes sont légitimement avides d'un certain bien-être, à

un moment donné. Et moi aussi, je m'arrangerais bien d'une situation

faite et de conditions d'existence assez stables et assez douces pour me

permettre de faire, de mon talent, le résumé de ma valeur intellectuelle

et morale. Mais, d'une part, je n'ai pas encore le droit d'aspirer à

ces tranquilles satisfactions et à ces saines habitudes de la maturité.

D'autre part, je ne suis peut-être pas destiné à y arriver jamais, et

les jours de foi, de santé, d'émotion que je traverse, ne me sont pas

envoyés pour que j'en attende le résultat, incertain par rapport à mon

progrès futur. C'est à présent, c'est dans le mystère où je me plonge,

c'est dans l'amour qui m'exalte et dans la pauvreté que j'épouse

résolument, qu'il me faut chercher le calme et la force de mon âme. Je

songe à tous ces vaillants artistes du passé qui traversèrent des maux

si grands, des revers si tragiques ou des souffrances si amères, sans

jamais trouver l'heure bienfaisante où ils eussent savouré la fortune et

la gloire. Ils ont produit quand même; ils ont été féconds et inspirés

dans la tourmente. Eh bien, marchons dans ce chemin de torrents et de

précipices, puisqu'il a été frayé par tant d'autres qui étaient plus et

qui valaient sans doute mieux que moi!

Du 1er au 15 mai.

Il s'est passé encore bien des choses depuis mes dernières écritures.

Comme j'aime mieux en faire davantage à la fois, ceci devient récit

plutôt que journal.

Le lendemain du jour où je terminais ce qui précède, Brumières me fit

demander par la Vincenza à me parler en particulier, et, bien que

Felipone ait défendu, c'est-à-dire demandé à sa femme de ne pas lui

révéler l'existence du souterrain, elle l'avait amené dans la _Befana_,

où j'allai le recevoir.

-Je vous apporte des nouvelles, me dit-il gaiement; mais d'abord

laissez-moi vous presser _sur mon coeur de jeune homme_, car je

reconnais que vous êtes un honnête et un bon garçon. Vous ne m'avez pas

trompé: Medora... Mais parlons de vous d'abord, ce sera moins égoïste.

Vous êtes libre. Lord B*** m'envoie vous le dire, et ce que je vous

dirai malgré lui, c'est qu'en attendant un semblant d'examen judiciaire

des faits qui vous ont été imputés, ce bon Anglais, qui vous aime, a

déposé, pour vous servir de caution, une somme que je crois fabuleuse,

vu qu'on a de grands besoins dans ce gouvernement, et que le régime du

bon plaisir autorise à beaucoup exiger, mais dont lord B*** refuse de

dire le chiffre, affectant, au contraire, avec sa générosité de grand

seigneur, d'avoir arrangé facilement toutes choses. Donc, mon cher ami,

allez le remercier et le consoler de l'état de sa femme, qui devient

inquiétant.

Attendez cependant que je vous parle un peu de mes affaires, à moi!

J'ai découvert aisément, aux environs de Roccadi-Papa, ma céleste

extravagante. J'ai enfourché le noble Otello, qui a bien manqué me

rompre les os dix fois plutôt qu'une, et, grâce à ce passe-port, je suis

entré dans la citadelle avec tous les honneurs de la guerre. La joie de

retrouver la bête a fait rejaillir un peu de sympathie et de bon accueil

sur le cavalier. Je crois aussi qu'après vingt-quatre heures, la

solitude des montagnes pesait déjà un peu à mon héroïne.

D'ailleurs, en apprenant la maladie de sa tante, elle n'a pas hésité à

ajourner ses projets de retraite et d'indépendance pour venir la voir et

la soigner. Si bien qu'elle est à Frascati depuis deux jours, où j'ai eu

la gloire de la ramener, elle sur son noble coursier, moi sur un affreux

mulet galeux, la seule monture que j'ai pu trouver dans cette abominable

bicoque de Rocca. Heureusement, il avait des jambes, et j'ai pu ne pas

rester trop en arrière. Chemin faisant, nous avons parlé de vous, et

même nous n'avons parlé que de vous et j'ai vu que la fantaisie de ma

princesse pour vous était à l'état de souvenir antédiluvien. C'est un

plaisir d'avoir affaire à ces heureuses cervelles de souveraines, qui

changent subitement toutes leurs batteries et font, de leur existence

accidentée, une féerie avec changements à vue. Elle se moque de vous

et de votre amour pour la Daniella avec une aisance qui réjouit l'âme.

C'est à tel point que je me vois forcé maintenant de vous défendre,

d'autant plus que je souhaiterais bien lui prouver que vous agissez le

plus raisonnablement du monde, et que le comble de la sagesse est de

se marier selon son coeur, quelle que soit l'infériorité sociale ou

pécuniaire de l'objet aimé. Vous m'avez donc servi à l'entretenir de

théories qui me font franchir beaucoup de chemin, et qui me permettront,

au premier jour, d'appeler son attention sur un charmant garçon pauvre,

de votre connaissance.

Sur ce, mon cher, je compte plus que jamais sur vous pour m'aider à

plaire, résultat que vous favoriserez en déplaisant vous-même le plus

possible.

-Ah ça! lui dis-je, cette plaisanterie dure donc encore, et vous voulez

absolument vous persuader que je risquerais de plaire trop, si je ne

faisais de grands efforts pour me rendre moins délicieux?

-Ah! tenez, mon brave Valreg, vous parlez comme vous le devez, et je me

plais à reconnaître que, malgré mes persécutions, je n'ai pas pu vous

arracher le plus petit sourire de vanité. Je n'aurais peut-être pas été

si austère et si religieux, si j'avais été à votre place. Mais le fait

est que je sais tout. Ne dites rien, c'est inutile, je sais tout! Medora

m'a tout raconté elle-même, avec une insolence de franchise qui m'a mis

d'abord en fureur contre elle, et qui a fini par me faire beaucoup de

plaisir, car cet abandon de confiance me prouve un désir de mettre mon

dévouement à l'épreuve et me donne le droit de me dire le confident et

l'ami de ma princesse. Je sais donc qu'elle vous a aimé par dépit et

qu'elle vous l'a laissé voir. Je sais qu'un baiser a été échangé dans

les grottes de Tivoli... Sapristi! si je ne vous voyais faire, à

présent, des folies pour la Daniella, je croirais que vous êtes un

nouveau saint Antoine. Il faut que cette Daniella soit délirante pour

vous inspirer une telle vertu!

-Ne parlons pas d'elle, je vous prie, répondis-je brusquement, je vais

lui dire que je sors; je vais m'habiller, et je vous rejoins chez lord

B*** dans un quart d'heure. Où demeure-t-il?

-A Piccolomini; je cours vous annoncer.

Daniella reçut avec transport la nouvelle de ma liberté. Elle voyait

finir mes dangers et arriver l'heure de notre union religieuse, qu'elle

avait toujours affecté de ne pas juger nécessaire à notre bonheur, mais

que ses scrupules religieux appelaient en secret comme une absolution de

son péché.

--Nous allons sortir ensemble, me dit-elle en préparant ma toilette de

visite, je veux aussi remercier lord B***, ton ami et ton sauveur!

Quoique je sentisse l'inconvenance de cette démarche, je fus vite décidé

à en accepter toutes les conséquences. Mais la pauvre enfant lut dans

mes yeux la rapide expression de ma première surprise. Elle attacha son

regard profond sur le mien, et s'assit en silence, tenant mon habit noir

sur ses genoux.

-Eh bien, lui dis-je, tu ne t'habilles pas?

-Non, répondit-elle d'un air abattu; je n'irai pas, je ne dois pas y

aller? Je ne peux pas entrer chez eux comme ta femme, et on me ferait

sentir que ma place est dans l'antichambre.

-Il faudra pourtant bien, si l'on tient à me voir, que l'on s'habitue à

te recevoir comme mon égale.

-Quand nous serons mariés... peut-être. Mais non, va, jamais! lady

Harriet est trop grande dame anglaise pour se résigner à faire asseoir

devant elle la pauvre fille qui lui a tant de fois lacé ses bottines.

Non, non! jamais! J'étais folle de l'oublier!

-Eh bien, c'est possible. Qu'importe? Je vais remercier ces personnes

généreuses et leur faire en même temps mes adieux.

-Tu ne peux pas quitter Frascati tant que la somme déposée pour ta

caution...

-Je le sais, je ne quitterai pas Frascati; mais je ne reverrai pas lady

B***, car je vais lui annoncer notre mariage, et elle sera probablement

charmée de ma résolution de ne plus me présenter chez elle.

-Ainsi, je serai cause que tes amis les plus utiles, ceux à qui tu dois

le plus, te chasseront de chez eux?... Ah! c'est affreux de réfléchir,

et voilà que je réfléchis! Eh bien, écoute, ne leur dis rien de moi,

c'est inutile, et va vite. Ce soir, je te dirai comment je veux me

conduire à leur égard; j'y penserai. Passe ton habit et va-t-en. Tarder

serait mal: on t'accuserait d'ingratitude. Va!

Elle me conduisit jusqu'à la porte de la cour et me poussa presque dans

le _stradone_, comme si elle eût craint de se raviser et de me retenir.

En me rendant seul à la liberté, il semblait qu'elle eût la soudaine

révélation d'un état de choses douloureux pour elle et malheureux pour

nous deux. Elle était absorbée, et, quand, après l'avoir embrassée,

j'eus fait quelques pas, je me retournais et la vis debout au seuil

du manoir, immobile, pâle, avec un regard sombre qui me suivait

attentivement.

En ce moment, je me rappelai que Medora était à la villa Piccolomini,

et que j'allais probablement la revoir. La pensée d'un nouvel accès de

jalousie, lorsque Daniella viendrait à savoir cette rencontre, me donna

froid par tout le corps. Je retournai vers elle avec la résolution

de lui dire la vérité; mais, en même temps, je compris que si elle

m'empêchait d'aller remercier lord B*** et m'informer moi-même de la

santé de sa femme, je commettais une lâcheté impardonnable.

On eût dit que Daniella devinait mes secrètes perplexités. Son bel oeil

terrible interrogeait ma physionomie et tous mes mouvements. J'avais

commencé à marcher vers elle, je ne pouvais plus m'en dédire.

-As-tu oublié quelque chose? me dit-elle sans faire un pas dehors.

-Non! je veux t'embrasser encore!

Je l'embrassai en frémissant; je sentais que je la trompais et

qu'elle me le reprocherait ensuite, comme si mon silence couvrait une

infidélité. Et pourtant, si la scène de la _maledetta_ recommençait en

ce moment, si elle se prolongeait jusqu'au soir, jusqu'au lendemain,

j'étais avili et, pour ainsi dire, déshonoré aux yeux des amis les plus

respectables et les plus sérieux.

Je me confiai à la Providence, à la loyauté de mon coeur, et je partis

en courant, me disant bien que cet empressement, qui n'était de ma part

que le désir d'être bien vite revenu, serait peut être traduit plus tard

comme une impatience de revoir Medora.

Les réflexions pénibles qui m'assiégeaient m'empêchèrent de goûter le

plaisir instinctif de la liberté. Nous avions fait, Daniella et moi, de

si doux rêves et de si beaux projets de promenade pour le jour où il

nous serait peut-être permis de sortir au grand soleil, appuyés sur le

bras l'un de l'autre! Nous devions être mariés le même jour; nous ne

comptions pas que je serais délivré si vite et si inopinément. Et voilà

qu'elle restait seule et tristement prisonnière, tandis que je courais,

sans les voir, à travers ces délicieux jardins où nous nous étions

promis de cueillir ensemble sa couronne de mariée!

Comme je franchissais cette porte de la villa Falconieri par le cintre

à jour de laquelle un vieux chêne passe au dehors une branche énorme,

semblable à un bras qui appelle et repousse les passants, la Mariuccia,

qui venait à ma rencontre, se jeta à mon cou et m'embrassa avec effusion

en demandant sa nièce et mêlant des doutes et des reproches à ses

amitiés.

-Attendez quelques jours, lui dis-je, et vous serez sûre de moi, car

Daniella sera ma femme. Allez la trouver à Mondragone, distrayez-la

d'une heure de mon absence, et surtout ne lui dites pas...

La parole fut suspendue sur mes lèvres par un accès de mauvaise honte.

Je venais d'apercevoir, à dix pas devant moi, Medora, qui venait aussi

à ma rencontre, appuyée sur le bras de Brumières, dans le _stradone_ de

Piccolomini.

-J'entends! dit la Mariuccia, qui vit la contrariété sur ma figure. Il

ne faut pas dire que la Medora est chez nous? Ce sera difficile; c'est

la première question qu'elle va me faire.

-Attendez que je sois de retour pour lui répondre. Je ne tarderai pas.

Comme la Mariuccia s'éloignait sur le chemin que je venais de faire, je

fus salué par un éclat de rire moqueur de Medora, et je l'entendis dire,

exprès, tout haut à Brumières:

-C'est une jolie tante à embrasser que la Mariuccia! Il fera bien de se

peigner en rentrant chez lui!

-Je vois, à votre gaieté, lui dis-je en la saluant, que lady Harriet est

moins malade que je ne le craignais?

-Pardonnez-moi, répondit-elle, en prenant tout à coup l'air d'une

tristesse de commande; ma pauvre tante va mal, et nous la perdrons

peut-être!

Le son de sa voix était si sec, que j'en fus révolté.

-Daniella, pensais-je, que ne peux-tu lire en moi l'antipathie

croissante que cette belle poupée m'inspire.

Je saluai de nouveau et passai outre, sans même excuser mon impatience.

J'entendis encore ces mots: «Il est déjà devenu grossier!» dits à

Brumières avec l'intention évidente que je les entendisse. Je levai mon

chapeau sans me détourner, comme pour remercier de cette douceur à mon

adresse, et je descendis l'allée en courant.

Lord B*** m'attendait sur le perron. Il était affreusement changé.

-Eh bien! vous voilà enfin? me dit-il en me prenant les mains. J'avais

bien besoin de vous! Elle est mal! On ne me dit pas toute la vérité,

mais je la sens là, dans mon coeur qui s'en va avec sa vie! Je l'aimais,

Valreg! Vous ne croiriez pas cela? C'est pourtant la vérité, je l'aime

toujours. Mon ami, je vous prie de rester avec moi cette nuit. Si

l'accès de fièvre recommence, ce sera le dernier. Je ne sais pas comment

je supporterais cela. Vous ne pouvez pas, vous ne devez pas me quitter.

La Daniella, Vol. II. · 第 23 / 39 题