Felipone vint nous y trouver. Il m'annonça que je devais, par
considération pour lui, ne recevoir personne, pas même lord B***, qui
était venu lui demander de mes nouvelles, et la Mariuccia qui était fort
inquiète de sa nièce. Il ne voulait pas révéler le secret du passage,
inutilement, à trop de personnes, et il s'était contenté de dire à nos
amis que nous étions dans la campagne, en lieu sûr.
--Ma femme, ajouta-t-il, s'occupera de vous apporter des vivres. Moi, il
faut que je me tienne chez nous, car il y a bien des curieux sur pied à
la suite de ces aventures que chacun explique et raconte à sa manière,
et, parmi eux, des mouchards qui voudraient bien me confesser. Il est
bon que je montre à ces gens-là ma figure simple et mes yeux étonnés,
car mon rôle est de paraître hébété de surprise quand on me parle de
gens cachés ici, qui se seraient envolés par les grands tuyaux du
_terrazzone_. On voudra rôder aujourd'hui, et demain encore, autour
du château, et, malgré les portes des jardins fermées, il se glissera
toujours quelques enfants entre mes jambes. Faites attention à ne point
vous laisser voir en replantant votre tente dans le casino. Olivia
n'amènera personne dans les cours. Je lui ai donné avis de votre
présence. Elle dira que la police défend de visiter Mondragone jusqu'à
nouvel ordre. Vous trouverez tous vos effets de campement dans la
_Befana_ où je viens de les rapporter. Et sur ce, mes beaux enfants,
l'amour et l'espoir soient avec vous!
Je ne le laissai pas partir sans lui demander ce qu'il savait de la
santé de lady B***. Elle allait mieux. Son mari espérait pouvoir aller à
Rome le lendemain pour tâcher de mettre fin aux soupçons absurdes dont
j'étais l'objet, et qui devaient, selon lui, tomber d'eux-mêmes après le
départ des personnages auxquels on m'avait supposé appartenir.
Nous passâmes donc la journée à remeubler le casino. Comme on n'y avait
rien trouvé, on n'avait rien dévasté. Je refis mon établissement de
travail dans la chapelle où je retrouvai avec plaisir mon tableau et mon
album d'écritures, dans le trou où je les avais cachés. Il fait tout à
fait chaud, et le soin d'entretenir le feu ne complique plus l'embarras
de notre existence. Je ne regrette pas les savantes ressources
culinaires de Tartaglia, ni la société de Fra Cipriano. La chèvre nous
a été ramenée par Olivia, et nos lapins courent de plus belle dans les
grandes herbes de la cour. Je n'ai pas pu décider Daniella à me laisser
perdre l'habitude du café; mais je lui ai persuadé que je l'aimais mieux
fait à froid, et que je détestais les ragoûts. Nous vivons donc de
quelques viandes froides, de salade, d'oeufs et de laitage. Elle
s'occupe de moi, à côté de moi, toute la journée, et voilà trois jours
que je vous griffonne mon récit à la veillée, lisant, à mesure, à ma
chère compagne, tout ce qui peut l'intéresser dans cette relation de
notre humble épopée.
Je suis bien plus heureux, depuis ces trois jours, que je ne l'ai encore
été. Daniella ne me quitte plus! On la croit partie avec moi, et s'il me
devient possible de prolonger ostensiblement mon séjour en ce pays-ci,
je voudrais ne sortir de ma cachette que pour conduire ma fiancée à
l'autel. Je voudrais avoir l'agrément de mon oncle, et des papiers qui
me missent à même de contracter, en présence des représentants de la
légalité française, un engagement inviolable. J'ai donc écrit à l'abbé
Valreg, et j'ai envoyé ma lettre à lord B*** pour qu'il la fit partir.
Je m'attends bien à des questions, à des représentations, à des lenteurs
de la part de mon digne oncle; mais ma résolution est inébranlable.
Daniella a assez souffert pour moi, et, bien que mon serment devant Dieu
seul lui suffise, je ne veux pas qu'autour d'elle on puisse douter de
l'éternel dévouement dont je la juge et dont je la sais digne.
Je vous ai envoyé aussi une lettre plus abrégée que ce volume, mais
résumant les mêmes faits. La connaissance que vous en prendrez vous
mettra à même d'agir auprès de mon oncle. Je sais qu'une démarche de
votre part pour approuver et appuyer ma demande filiale aura du poids
dans son opinion.
Et maintenant, je vas me remettre à la peinture. Je m'aperçois avec
plaisir que ces agitations, ces joies, ces dangers et ces fatigues, loin
de m'énerver, me font sentir plus vivement le besoin, le désir, et, qui
sait? peut-être la faculté du travail. Par le temps de civilisation qui
court, les artistes sont légitimement avides d'un certain bien-être, à
un moment donné. Et moi aussi, je m'arrangerais bien d'une situation
faite et de conditions d'existence assez stables et assez douces pour me
permettre de faire, de mon talent, le résumé de ma valeur intellectuelle
et morale. Mais, d'une part, je n'ai pas encore le droit d'aspirer à
ces tranquilles satisfactions et à ces saines habitudes de la maturité.
D'autre part, je ne suis peut-être pas destiné à y arriver jamais, et
les jours de foi, de santé, d'émotion que je traverse, ne me sont pas
envoyés pour que j'en attende le résultat, incertain par rapport à mon
progrès futur. C'est à présent, c'est dans le mystère où je me plonge,
c'est dans l'amour qui m'exalte et dans la pauvreté que j'épouse
résolument, qu'il me faut chercher le calme et la force de mon âme. Je
songe à tous ces vaillants artistes du passé qui traversèrent des maux
si grands, des revers si tragiques ou des souffrances si amères, sans
jamais trouver l'heure bienfaisante où ils eussent savouré la fortune et
la gloire. Ils ont produit quand même; ils ont été féconds et inspirés
dans la tourmente. Eh bien, marchons dans ce chemin de torrents et de
précipices, puisqu'il a été frayé par tant d'autres qui étaient plus et
qui valaient sans doute mieux que moi!
Du 1er au 15 mai.
Il s'est passé encore bien des choses depuis mes dernières écritures.
Comme j'aime mieux en faire davantage à la fois, ceci devient récit
plutôt que journal.
Le lendemain du jour où je terminais ce qui précède, Brumières me fit
demander par la Vincenza à me parler en particulier, et, bien que
Felipone ait défendu, c'est-à-dire demandé à sa femme de ne pas lui
révéler l'existence du souterrain, elle l'avait amené dans la _Befana_,
où j'allai le recevoir.
-Je vous apporte des nouvelles, me dit-il gaiement; mais d'abord
laissez-moi vous presser _sur mon coeur de jeune homme_, car je
reconnais que vous êtes un honnête et un bon garçon. Vous ne m'avez pas
trompé: Medora... Mais parlons de vous d'abord, ce sera moins égoïste.
Vous êtes libre. Lord B*** m'envoie vous le dire, et ce que je vous
dirai malgré lui, c'est qu'en attendant un semblant d'examen judiciaire
des faits qui vous ont été imputés, ce bon Anglais, qui vous aime, a
déposé, pour vous servir de caution, une somme que je crois fabuleuse,
vu qu'on a de grands besoins dans ce gouvernement, et que le régime du
bon plaisir autorise à beaucoup exiger, mais dont lord B*** refuse de
dire le chiffre, affectant, au contraire, avec sa générosité de grand
seigneur, d'avoir arrangé facilement toutes choses. Donc, mon cher ami,
allez le remercier et le consoler de l'état de sa femme, qui devient
inquiétant.
Attendez cependant que je vous parle un peu de mes affaires, à moi!
J'ai découvert aisément, aux environs de Roccadi-Papa, ma céleste
extravagante. J'ai enfourché le noble Otello, qui a bien manqué me
rompre les os dix fois plutôt qu'une, et, grâce à ce passe-port, je suis
entré dans la citadelle avec tous les honneurs de la guerre. La joie de
retrouver la bête a fait rejaillir un peu de sympathie et de bon accueil
sur le cavalier. Je crois aussi qu'après vingt-quatre heures, la
solitude des montagnes pesait déjà un peu à mon héroïne.
D'ailleurs, en apprenant la maladie de sa tante, elle n'a pas hésité à
ajourner ses projets de retraite et d'indépendance pour venir la voir et
la soigner. Si bien qu'elle est à Frascati depuis deux jours, où j'ai eu
la gloire de la ramener, elle sur son noble coursier, moi sur un affreux
mulet galeux, la seule monture que j'ai pu trouver dans cette abominable
bicoque de Rocca. Heureusement, il avait des jambes, et j'ai pu ne pas
rester trop en arrière. Chemin faisant, nous avons parlé de vous, et
même nous n'avons parlé que de vous et j'ai vu que la fantaisie de ma
princesse pour vous était à l'état de souvenir antédiluvien. C'est un
plaisir d'avoir affaire à ces heureuses cervelles de souveraines, qui
changent subitement toutes leurs batteries et font, de leur existence
accidentée, une féerie avec changements à vue. Elle se moque de vous
et de votre amour pour la Daniella avec une aisance qui réjouit l'âme.
C'est à tel point que je me vois forcé maintenant de vous défendre,
d'autant plus que je souhaiterais bien lui prouver que vous agissez le
plus raisonnablement du monde, et que le comble de la sagesse est de
se marier selon son coeur, quelle que soit l'infériorité sociale ou
pécuniaire de l'objet aimé. Vous m'avez donc servi à l'entretenir de
théories qui me font franchir beaucoup de chemin, et qui me permettront,
au premier jour, d'appeler son attention sur un charmant garçon pauvre,
de votre connaissance.
Sur ce, mon cher, je compte plus que jamais sur vous pour m'aider à
plaire, résultat que vous favoriserez en déplaisant vous-même le plus
possible.
-Ah ça! lui dis-je, cette plaisanterie dure donc encore, et vous voulez
absolument vous persuader que je risquerais de plaire trop, si je ne
faisais de grands efforts pour me rendre moins délicieux?
-Ah! tenez, mon brave Valreg, vous parlez comme vous le devez, et je me
plais à reconnaître que, malgré mes persécutions, je n'ai pas pu vous
arracher le plus petit sourire de vanité. Je n'aurais peut-être pas été
si austère et si religieux, si j'avais été à votre place. Mais le fait
est que je sais tout. Ne dites rien, c'est inutile, je sais tout! Medora
m'a tout raconté elle-même, avec une insolence de franchise qui m'a mis
d'abord en fureur contre elle, et qui a fini par me faire beaucoup de
plaisir, car cet abandon de confiance me prouve un désir de mettre mon
dévouement à l'épreuve et me donne le droit de me dire le confident et
l'ami de ma princesse. Je sais donc qu'elle vous a aimé par dépit et
qu'elle vous l'a laissé voir. Je sais qu'un baiser a été échangé dans
les grottes de Tivoli... Sapristi! si je ne vous voyais faire, à
présent, des folies pour la Daniella, je croirais que vous êtes un
nouveau saint Antoine. Il faut que cette Daniella soit délirante pour
vous inspirer une telle vertu!
-Ne parlons pas d'elle, je vous prie, répondis-je brusquement, je vais
lui dire que je sors; je vais m'habiller, et je vous rejoins chez lord
B*** dans un quart d'heure. Où demeure-t-il?
-A Piccolomini; je cours vous annoncer.
Daniella reçut avec transport la nouvelle de ma liberté. Elle voyait
finir mes dangers et arriver l'heure de notre union religieuse, qu'elle
avait toujours affecté de ne pas juger nécessaire à notre bonheur, mais
que ses scrupules religieux appelaient en secret comme une absolution de
son péché.
--Nous allons sortir ensemble, me dit-elle en préparant ma toilette de
visite, je veux aussi remercier lord B***, ton ami et ton sauveur!
Quoique je sentisse l'inconvenance de cette démarche, je fus vite décidé
à en accepter toutes les conséquences. Mais la pauvre enfant lut dans
mes yeux la rapide expression de ma première surprise. Elle attacha son
regard profond sur le mien, et s'assit en silence, tenant mon habit noir
sur ses genoux.
-Eh bien, lui dis-je, tu ne t'habilles pas?
-Non, répondit-elle d'un air abattu; je n'irai pas, je ne dois pas y
aller? Je ne peux pas entrer chez eux comme ta femme, et on me ferait
sentir que ma place est dans l'antichambre.
-Il faudra pourtant bien, si l'on tient à me voir, que l'on s'habitue à
te recevoir comme mon égale.
-Quand nous serons mariés... peut-être. Mais non, va, jamais! lady
Harriet est trop grande dame anglaise pour se résigner à faire asseoir
devant elle la pauvre fille qui lui a tant de fois lacé ses bottines.
Non, non! jamais! J'étais folle de l'oublier!
-Eh bien, c'est possible. Qu'importe? Je vais remercier ces personnes
généreuses et leur faire en même temps mes adieux.
-Tu ne peux pas quitter Frascati tant que la somme déposée pour ta
caution...
-Je le sais, je ne quitterai pas Frascati; mais je ne reverrai pas lady
B***, car je vais lui annoncer notre mariage, et elle sera probablement
charmée de ma résolution de ne plus me présenter chez elle.
-Ainsi, je serai cause que tes amis les plus utiles, ceux à qui tu dois
le plus, te chasseront de chez eux?... Ah! c'est affreux de réfléchir,
et voilà que je réfléchis! Eh bien, écoute, ne leur dis rien de moi,
c'est inutile, et va vite. Ce soir, je te dirai comment je veux me
conduire à leur égard; j'y penserai. Passe ton habit et va-t-en. Tarder
serait mal: on t'accuserait d'ingratitude. Va!
Elle me conduisit jusqu'à la porte de la cour et me poussa presque dans
le _stradone_, comme si elle eût craint de se raviser et de me retenir.
En me rendant seul à la liberté, il semblait qu'elle eût la soudaine
révélation d'un état de choses douloureux pour elle et malheureux pour
nous deux. Elle était absorbée, et, quand, après l'avoir embrassée,
j'eus fait quelques pas, je me retournais et la vis debout au seuil
du manoir, immobile, pâle, avec un regard sombre qui me suivait
attentivement.
En ce moment, je me rappelai que Medora était à la villa Piccolomini,
et que j'allais probablement la revoir. La pensée d'un nouvel accès de
jalousie, lorsque Daniella viendrait à savoir cette rencontre, me donna
froid par tout le corps. Je retournai vers elle avec la résolution
de lui dire la vérité; mais, en même temps, je compris que si elle
m'empêchait d'aller remercier lord B*** et m'informer moi-même de la
santé de sa femme, je commettais une lâcheté impardonnable.
On eût dit que Daniella devinait mes secrètes perplexités. Son bel oeil
terrible interrogeait ma physionomie et tous mes mouvements. J'avais
commencé à marcher vers elle, je ne pouvais plus m'en dédire.
-As-tu oublié quelque chose? me dit-elle sans faire un pas dehors.
-Non! je veux t'embrasser encore!
Je l'embrassai en frémissant; je sentais que je la trompais et
qu'elle me le reprocherait ensuite, comme si mon silence couvrait une
infidélité. Et pourtant, si la scène de la _maledetta_ recommençait en
ce moment, si elle se prolongeait jusqu'au soir, jusqu'au lendemain,
j'étais avili et, pour ainsi dire, déshonoré aux yeux des amis les plus
respectables et les plus sérieux.
Je me confiai à la Providence, à la loyauté de mon coeur, et je partis
en courant, me disant bien que cet empressement, qui n'était de ma part
que le désir d'être bien vite revenu, serait peut être traduit plus tard
comme une impatience de revoir Medora.
Les réflexions pénibles qui m'assiégeaient m'empêchèrent de goûter le
plaisir instinctif de la liberté. Nous avions fait, Daniella et moi, de
si doux rêves et de si beaux projets de promenade pour le jour où il
nous serait peut-être permis de sortir au grand soleil, appuyés sur le
bras l'un de l'autre! Nous devions être mariés le même jour; nous ne
comptions pas que je serais délivré si vite et si inopinément. Et voilà
qu'elle restait seule et tristement prisonnière, tandis que je courais,
sans les voir, à travers ces délicieux jardins où nous nous étions
promis de cueillir ensemble sa couronne de mariée!
Comme je franchissais cette porte de la villa Falconieri par le cintre
à jour de laquelle un vieux chêne passe au dehors une branche énorme,
semblable à un bras qui appelle et repousse les passants, la Mariuccia,
qui venait à ma rencontre, se jeta à mon cou et m'embrassa avec effusion
en demandant sa nièce et mêlant des doutes et des reproches à ses
amitiés.
-Attendez quelques jours, lui dis-je, et vous serez sûre de moi, car
Daniella sera ma femme. Allez la trouver à Mondragone, distrayez-la
d'une heure de mon absence, et surtout ne lui dites pas...
La parole fut suspendue sur mes lèvres par un accès de mauvaise honte.
Je venais d'apercevoir, à dix pas devant moi, Medora, qui venait aussi
à ma rencontre, appuyée sur le bras de Brumières, dans le _stradone_ de
Piccolomini.
-J'entends! dit la Mariuccia, qui vit la contrariété sur ma figure. Il
ne faut pas dire que la Medora est chez nous? Ce sera difficile; c'est
la première question qu'elle va me faire.
-Attendez que je sois de retour pour lui répondre. Je ne tarderai pas.
Comme la Mariuccia s'éloignait sur le chemin que je venais de faire, je
fus salué par un éclat de rire moqueur de Medora, et je l'entendis dire,
exprès, tout haut à Brumières:
-C'est une jolie tante à embrasser que la Mariuccia! Il fera bien de se
peigner en rentrant chez lui!
-Je vois, à votre gaieté, lui dis-je en la saluant, que lady Harriet est
moins malade que je ne le craignais?
-Pardonnez-moi, répondit-elle, en prenant tout à coup l'air d'une
tristesse de commande; ma pauvre tante va mal, et nous la perdrons
peut-être!
Le son de sa voix était si sec, que j'en fus révolté.
-Daniella, pensais-je, que ne peux-tu lire en moi l'antipathie
croissante que cette belle poupée m'inspire.
Je saluai de nouveau et passai outre, sans même excuser mon impatience.
J'entendis encore ces mots: «Il est déjà devenu grossier!» dits à
Brumières avec l'intention évidente que je les entendisse. Je levai mon
chapeau sans me détourner, comme pour remercier de cette douceur à mon
adresse, et je descendis l'allée en courant.
Lord B*** m'attendait sur le perron. Il était affreusement changé.
-Eh bien! vous voilà enfin? me dit-il en me prenant les mains. J'avais
bien besoin de vous! Elle est mal! On ne me dit pas toute la vérité,
mais je la sens là, dans mon coeur qui s'en va avec sa vie! Je l'aimais,
Valreg! Vous ne croiriez pas cela? C'est pourtant la vérité, je l'aime
toujours. Mon ami, je vous prie de rester avec moi cette nuit. Si
l'accès de fièvre recommence, ce sera le dernier. Je ne sais pas comment
je supporterais cela. Vous ne pouvez pas, vous ne devez pas me quitter.