À M. MURRAY.

Pise, 9 novembre 1821.

«Je n'ai point lu du tout les _Mémoires_, depuis que je les ai écrits,

et je ne les lirai jamais: c'est assez d'avoir eu la peine de les

écrire; vous pouvez m'en épargner la lecture. M. Moore est investi (ou

peut s'investir) d'un pouvoir discrétionnaire pour omettre toutes les

répétitions ou les expressions qui ne lui semblent pas bonnes, vu qu'il

est un meilleur juge que vous ou moi.

»Je vous envoie ci-joint un drame lyrique (intitulé _Mystère_, d'après

son sujet) qui pourra peut-être arriver à tems pour le volume. Vous le

trouverez assez pieux, j'espère;--du moins quelques-uns des choeurs

auraient pu être écrits par Sternhold et Hopkins eux-mêmes. Comme il est

plus long, plus lyrique et plus grec que je n'avais d'abord l'intention

de le faire, je ne l'ai pas divisé en actes, mais j'ai appelé ce que je

vous envoie, _première partie_, vu qu'il y a une suspension de l'action,

qui peut, ou se terminer là sans inconvénient, ou se continuer d'une

manière que j'ai en vue. Je désire que la première partie soit publiée

avant la seconde, parce qu'en cas d'insuccès, il vaut mieux s'arrêter

que de continuer un essai inutile.

»Je désire que vous m'accusiez l'arrivée de ce paquet par le retour du

courrier, si vous le pouvez sans inconvénient, en m'envoyant une

épreuve.

»Votre très-obéissant, etc.

»_P. S._ Mon désir est que ce poème soit publié en même tems et, s'il

est possible, dans le même volume que les autres, parce qu'au moins,

quels que soient les mérites ou démérites de ces pièces, on avouera

peut-être que chacune est d'un genre différent et dans un différent

style.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 322 / 366 题