28 septembre 1821.

«J'ajoute une autre enveloppe pour vous prier de demander à Moore qu'il

retire, si c'est possible, d'entre les mains de lady Cowper mes lettres

à feue lady Melbourne. Elles sont très-nombreuses, et m'auraient dû être

rendues depuis long-tems, vu que je suis prêt à donner celles de lady

Melbourne en échange. Celles-ci sont confiées à la garde de M. Hobhouse

avec mes autres papiers, et elles seront fidèlement rendues en cas de

besoin. Je n'ai pas voulu m'adresser auparavant à lady Cowper, parce que

je m'abstins de l'importuner à l'instant même de la mort de sa mère.

Quelques années se sont écoulées, et il est nécessaire que j'aie mes

épîtres. Elle sont essentielles comme confirmant cette partie des

_Mémoires_ qui a trait aux deux époques (1812 et 1814) où mon mariage

avec la nièce de lady Melbourne fut projeté, et elles montreront quelles

furent mes idées, quels furent mes sentimens réels sur ce point.

»Vous n'avez pas besoin de vous alarmer; les quatorze ans[155] ne

peuvent guère s'écouler sans que la mortalité frappe sur l'un de nous:

c'est une longue portion de vie comme objet de spéculation..........

[Note 155: Allusion à un passage d'une lettre de Murray, qui

remarquait que si les _Mémoires_ n'étaient pas publiés du vivant de sa

seigneurie, la somme actuellement payée (2,100 liv.) pour prix d'achat,

monterait, d'après un calcul très-probable des chances de vie, à près de

8,000 livres sterling. (_Note de Moore_.) ]

»Je veux aussi vous donner une ou deux idées à votre avantage, vu que

vous avez eu réellement une très-belle conduite envers Moore dans cette

affaire, et que vous êtes un brave homme dans votre genre. Si par vos

manoeuvres vous pouvez reprendre quelques-unes de mes lettres à lady

***, vous pourrez en faire usage dans votre recueil (en supprimant,

bien entendu, les noms et tous les détails qui pourraient blesser des

personnes encore vivantes, ou celles qui survivent aux personnes

compromises). J'y ai traité parfois des sujets autres que l'amour.....

......................................................................

»Je vous dirai encore quelles personnes peuvent avoir de mes lettres en

leurs mains: lord Powerscourt, quelques-unes à feu son frère; M. Long

de--(j'ai oublié le nom du pays), mais père d'Édouard Long, qui se noya

en allant à Lisbonne en 1809; miss Élisabeth Pigot de Southwell (elle

est peut-être devenue _mistress_[156] par le tems qui court, car elle

n'avait qu'un an ou deux de plus que moi): ce ne sont pas des lettres

d'amour, ainsi vous pouvez les obtenir sans difficulté. Il y en a

peut-être quelques-unes à feu révérend J. C. Tattersall, dans les mains

de son frère (à moitié frère) M. Wheatley, qui demeure, je crois, près

de Cantorbéry. Il y en a aussi à Charles Gordon, aujourd'hui de Dulwich,

et quelques-unes, en très-petit nombre, à Mrs. Chaworth; mais ces

dernières sont probablement détruites ou imprenables.

........................................................................

[Note 156: Madame.]

»Je mentionne ces personnes et ces détails comme de simples

possibilités. La plupart des lettres ont été probablement détruites; et,

dans le fait, elles sont de peu d'importance, ayant été pour la plupart

écrites dans ma première jeunesse, à l'école et au collége.

»Peel (le frère cadet du secrétaire-d'état) entretint avec moi une

correspondance, ainsi que Porter, fils de l'évêque de Clogher; lord

Clare en eut une très-volumineuse; William Harness, ami de Milman;

Charles Drummond, fils du banquier; William Bankes, le voyageur, votre

ami; R. G. Dallas, Esq.; Hodgson, Henri Drury en eurent aussi, et

Hobhouse, comme vous en êtes déjà instruit.

»J'ai mis dans cette longue liste:

Les amis froids, infidèles et morts.

parce que je sais que, comme les curieux gourmets, vous êtes amateur des

choses de ce genre.

»En outre, il y a par-ci par-là des lettres à des littérateurs et

autres, lettres de compliment, etc., qui ne valent pas mieux que le

reste. Il y a aussi une centaine de notes italiennes, griffonnées avec

un noble mépris de la grammaire et du dictionnaire, en étrusque

anglicanisé; car je parle l'italien couramment, mais je l'écris avec une

négligence et une incorrection extrêmes.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 301 / 366 题