À M. MOORE.

Ravenne, 24 août 1821.

»Votre lettre du 5 ne m'est parvenue qu'hier, tandis que j'ai reçu des

lettres datées de Londres du 8. La poste farfouille-t-elle dans nos

lettres? Quelque arrangement que vous fassiez avec Murray,--si vous en

êtes satisfait, je le serai aussi. Point de scrupule;--il est bien vrai

que maintes fois j'ai dit par plaisanterie (car j'aime la pointe tout

autant que le barbare lui-même,--c'est-à-dire Shakspeare.)--oui, j'ai

dit que «comme un Spartiate, je vendrais ma _vie_ aussi _cher_ que

possible.»--Mais ce ne fut jamais mon intention d'en tirer un profit

pécuniaire pour mon propre compte, mais de transmettre ce legs à mon

ami,--à vous--en cas de survivance. J'ai devancé l'époque, parce que

nous nous sommes trouvés ensemble, et que je vous ai pressé de tirer de

cette affaire tout le parti possible aujourd'hui même, pour raisons qui

sont évidentes. Je ne me suis privé de rien par là, et je ne mérite pas

les remercîmens que vous m'adressez.................................

....................................................................

»À propos, quand vous écrirez à lady Morgan, remerciez-la pour les

belles phrases qu'elle a faites dans son livre sur le compte des miens.

Je ne sais pas son adresse. Son ouvrage sur l'Italie est courageux et

excellent.--Je vous prie de lui faire part de cette opinion d'un homme

qui connaît le pays. Je regrette qu'elle ne m'ait pas vu, j'aurais pu

lui dire un ou deux faits qui auraient confirmé ses assertions.

»Je suis charmé que vous soyez content de Murray, qui semble apprécier

les lords morts à une plus haute valeur que les lords vivans..........

.............. .......................................................

»Tout à vous pour jamais, etc.

»_P. S._ Vous me dites quelques mots d'un procureur en route pour se

rendre auprès de moi, pour traiter d'affaires. Je n'ai reçu aucun avis

d'une telle apparition. Que peut vouloir l'individu? J'ai des procès et

des affaires en train, mais je n'ai pas entendu dire qu'il fallût

ajouter à toutes les dépenses faites en Angleterre les frais de voyage

d'un homme de loi.

»Pauvre reine! mais peut-être est-ce pour le mieux, si l'on doit croire

l'anecdote d'Hérodote..................................................

»Rappelez-moi au souvenir de tous nos amis communs. À quoi vous

occupez-vous? Ici, je n'ai été occupé que des tyrans et de leurs

victimes. Il n'y eut jamais pareille oppression, même en Irlande.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 281 / 366 题