À M. MURRAY.

Ravenne, 10 août 1821.

»Votre conduite envers M. Moore est certainement belle, et je ne dirais

pas cela si je pouvais m'en empêcher, car vous n'êtes point à présent

dans mes bonnes grâces.

»À l'égard des additions, etc., il y a un journal que j'ai tenu en 1814,

et que vous pouvez demander à M. Moore, plus un journal de mon voyage

dans les Alpes, dans lequel se trouvent tous les germes de _Manfred_, et

qu'il faut retirer d'entre les mains de Mrs. Leigh. J'ai encore tenu ici

pendant quelques mois de l'hiver passé un petit _Mémorandum_ quotidien,

que je vous enverrai. Vous trouverez un facile accès dans tous mes

papiers et toutes mes lettres, et ne négligez pas (en cas d'accident) de

visiter cette masse, si confuse qu'elle soit, car dans ce chaos de

papiers, vous trouverez quelques morceaux curieux, soit de moi soit

d'autrui, à moins qu'ils n'aient été perdus ou détruits. Si les

circonstances me faisaient jamais consentir (chose presque impossible) à

la publication des _Mémoires_ de mon vivant, vous feriez, je suppose,

quelques avances à Moore, en proportion du plus ou moins de probabilité

de succès. Mais vous êtes tous deux certains de me survivre.

»Il faudra aussi que vous ayez de Moore la correspondance entre moi et

lady Byron, à qui j'ai offert le droit de voir tout ce qui la concerne

dans ces papiers. Ceci est important. Moore a la lettre de milady et une

copie de ma réponse. J'aimerais mieux avoir Moore pour éditeur que tout

autre.

»Je vous ai envoyé la lettre de Valpy pour vous laisser décider par

vous-même, et celle de Stockdale pour vous amuser. Je suis toujours

loyal à votre égard, comme je le fus dans l'affaire de Galignani, et

comme vous-même l'êtes avec moi,--par-ci par-là.

»Je vous rends la lettre de Moore, lettre fort honorable pour lui, pour

vous et pour moi.

»Tout à vous pour jamais.

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 275 / 366 题