À M. MURRAY.

Ravenne, 6 juillet 1821.

«Pour condescendre à un désir exprimé par M. Hobhouse, je suis déterminé

à omettre la stance sur le cheval de Sémiramis, dans le cinquième chant

de _Don Juan_. Je vous dis cela, au cas que vous soyez ou ayez

l'intention d'être l'éditeur des derniers chants.

»À la requête particulière de la comtesse Guiccioli, j'ai promis de ne

pas continuer _Don Juan_. Vous regarderez donc ces trois chants comme

les derniers du poème. Depuis qu'elle avait lu les deux premiers dans la

traduction française, elle ne cessait de me supplier de n'en plus écrire

de nouveaux. La raison de ces prières ne frappe pas d'abord un

observateur superficiel des moeurs étrangères; mais elle dérive du désir

qu'ont toutes les femmes d'exalter le sentiment des passions, et de

maintenir l'illusion qui leur donne l'empire. Or, _Don Juan_ déchire

cette illusion, et en rit comme de bien d'autres choses. Je n'ai jamais

connu de femme qui ne protégeât Rousseau, ou qui ne traitât avec dégoût

les _Mémoires de Grammont_, _Gilblas_, et tous les tableaux comiques des

passions, quand ils sont naturellement présentés.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 261 / 366 题