À M. MURRAY.

Ravenne, 25 mai 1821.

«Depuis quelques semaines, je n'ai pas reçu une ligne de vous. Or, je

serais charmé de savoir d'après quel principe ordinaire ou

extraordinaire vous me laissez sans autres informations que celles que

je puise dans des journaux anglais et d'injurieuses gazettes italiennes

(vu que les Allemands me haïssent comme _charbonnier_), tandis qu'il y a

eu tout ce tumulte pour la pièce? Vous êtes un coquin!!!--Sans deux

lettres de Douglas Kinnaird, j'aurais été aussi ignorant que vous êtes

négligent.

»Eh bien! j'apprends que Bowles a maltraité Hobhouse! Si cela est vrai,

il a rompu la trève, comme le successeur de Murillo, et je le traiterai

comme Cochrane traita Esmeralda.

»Depuis que j'ai écrit le paquet ci-joint, j'ai achevé (mais non copié)

quatre actes d'une nouvelle tragédie. Quand j'aurai fini le cinquième

acte, je copierai le tout. C'est sur le sujet de Sardanapale, dernier

roi des Assyriens. Les mots de _reine_ et de _pavillon_ s'y rencontrent,

mais ce n'est point par allusion à sa majesté britannique, comme vous

pourriez vous l'imaginer en tremblant. Vous verrez un jour (si je finis

la pièce) comme j'ai fait Sardanapale brave (quoique voluptueux, comme

l'histoire le représente), et de plus, aussi aimable que mes pauvres

talens ont pu le rendre;--ainsi, ce ne peut être ni le portrait ni la

satire d'aucun monarque vivant. J'ai, jusqu'à présent, observé

strictement toutes les unités, et continuerai ainsi dans le cinquième

acte, si cela est possible; mais ce n'est pas pour le théâtre. Tout à

vous, en hâte et en haine, infidèle correspondant.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 242 / 366 题