À M. MOORE.

Ravenne, 20 mai 1821.

«Depuis ma lettre de la semaine dernière, j'ai reçu des lettres et des

journaux anglais, qui me font apercevoir que ce que j'ai pris pour une

vérité italienne est, après tout, un mensonge français de la _Gazette de

France_. Celle-ci contient deux assertions ultra-fausses en deux lignes.

En premier lieu, Lord Byron n'a pas fait représenter sa pièce, mais s'y

est opposé; et secondement, elle n'est pas tombée, mais elle a continué

d'être jouée, en dépit de l'éditeur, de l'auteur, du lord

chancelier,--du moins jusqu'au Ier mai, date de mes dernières lettres.

Vous m'obligerez beaucoup en priant madame la _Gazette de France_ de se

rétracter, ce à quoi elle est habituée, je présume. Je ne réponds jamais

à la critique étrangère; mais ceci est un point de fait, et non de goût.

Je suppose que vous me portez assez d'intérêt pour faire cela en ma

faveur;--mais, sans doute, comme ce n'est que la vérité que nous voulons

établir, l'insertion pourra être difficile.

»Comme je vous ai écrit depuis quelque tems de fréquentes et longues

lettres, aujourd'hui je ne vous ennuierai plus que d'une seule phrase:

c'est que vous ayez la bonté de vous conformer à ma demande; et je

présume que l'_esprit du corps_ (est-ce _du_ ou _de_? car ma science ne

va pas jusque-là) vous engagera suffisamment, comme un des nôtres, à

mettre cette affaire sous son véritable aspect. Croyez-moi toujours tout

à vous pour la vie et de coeur,

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 237 / 366 题