«Un journal de Milan annonce que la pièce a été représentée et
universellement condamnée. Comme l'opposition a été vaine, la plainte
serait inutile. Je présume toutefois, dans votre intérêt (sinon dans le
mien), que vous et mes autres amis aurez au moins publié mes différentes
protestations contre la mise en scène de la tragédie, et montré que
Elliston, en dépit de l'auteur, l'a transportée de force sur le théâtre.
Il serait absurde de dire que cela ne m'a pas grandement vexé; mais je
ne suis point abattu, et je ne recourrai pas à l'ordinaire ressource de
blâmer le public, qui était dans son droit,--ou mes amis de n'avoir pas
empêché--ce qu'ils ne pouvaient empêcher, pas plus que moi,--la
représentation donnée malgré nous par un directeur qui croyait faire une
bonne spéculation. C'est un malheur que vous ne leur ayez pas montré
combien la pièce était peu propre au théâtre, avant de la publier, et
que vous n'ayez pas exigé des directeurs la promesse de ne pas la
représenter. En cas de refus de leur part, nous ne l'eussions pas
publiée du tout. Mais c'est trop tard.
»Tout à vous.
»_P. S._ Je vous envoie les lettres de M. Bowles; remerciez-le en mon
nom de sa bonne foi et de sa bonté.--De plus, une lettre pour Hodgson,
que je vous prie de remettre promptement. Le journal de Milan dit que
c'est moi «qui ai poussé à la représentation!!!» c'est encore plus
plaisant. Mais ne vous inquiétez pas: si (comme il est probable) la
folie d'Elliston nuit à la vente, je suis prêt à faire toute déduction
convenable, ou même à annuler entièrement votre traité.
»Vous ne publierez pas, sans doute, ma défense de Gilchrist, parce
qu'après les bons procédés de M. Bowles, elle serait par trop dure.
»Apprenez-moi les détails; car je ne sais encore que le fait pur et
simple.
»Si vous saviez ce que j'ai eu à supporter par la faute de ces gueux de
Napolitains, vous vous en amuseriez; mais tout est apparemment fini. On
semblait disposé à rejeter tout le complot et tous les plans de ce pays
sur moi principalement.»