À M. MOORE.

Ravenne, 22 février 1821.

«Comme je souhaite que l'ame de feu Antoine Galignani repose en paix

(vous aurez sans doute lu sa mort, publiée par lui-même dans son

journal), vous êtes particulièrement invité à informer ses enfans et

héritiers que je n'ai reçu qu'un numéro de leur _Literary Gazette_, à

laquelle je me suis abonné il y a plus de dix mois,--malgré les

fréquentes réclamations que je leur ai écrites. S'ils n'ont aucun égard

pour moi, simple abonné, ils doivent en avoir pour leur parent défunt,

qui indubitablement n'est pas bien traité dans sa présente demeure pour

ce manque total d'attention: sinon, il me faut la restitution de mes

francs. J'ai payé par l'entremise du libraire vénitien Missiaglia. Vous

pouvez aussi faire entendre à ces gens-là que lorsqu'un honnête homme

écrit une lettre, il est d'usage de lui adresser une réponse.

»Nous sommes ici à la guerre, et à deux jours de distance du théâtre des

hostilités, dont nous attendons la nouvelle de moment en moment. Nous

allons voir si nos amis italiens sont bons à autre chose qu'à «faire feu

de derrière une encoignure,» comme le fusil d'un Irlandais. Excusez-moi

si je me hâte de finir,--j'écris tandis qu'on m'attache mes éperons. Mes

chevaux sont à la porte, et un comte italien m'attend pour m'accompagner

dans ma promenade équestre.

»Votre, etc.

»Dites-moi, je vous prie, si, parmi toutes mes lettres, vous en avez

reçu une qui détaille la mort de notre commandant. Il a été tué près de

ma porte, et a expiré dans ma maison.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 201 / 366 题