«Promenade à cheval, etc., comme à l'ordinaire. L'avis secret qui, ce
matin, est arrivé de la frontière aux carbonari, est aussi mauvais que
possible. Le plan a manqué,--les chefs militaires et civils sont
trahis,--et les Napolitains non-seulement n'ont pas bougé, mais ont
déclaré au gouvernement papal et aux barbares qu'ils ne savent rien de
l'affaire!!!
»Ainsi va le monde; ainsi les Italiens sont toujours perdus par défaut
d'union entre eux. On n'a point décidé ce qu'on doit faire ici, entre
deux feux, et coupés que nous sommes de la frontière nord. Mon opinion a
été--qu'il vaut mieux se soulever que d'être pris en détail; mais
comment sera-t-elle prise à présent? c'est ce que je ne puis dire. Des
messagers sont dépêchés aux délégués des autres cités pour apprendre
leurs résolutions.
»J'ai toujours eu idée que ça irait à la diable; mais j'aimais à
espérer, et j'espère encore. Mon argent, mon bien, ma personne, enfin
tout ce que je puis aventurer, je l'aventurerai hardiment pour la
liberté italienne; c'est ce que j'ai dit, il y a une demi-heure, à
quelques-uns des chefs. J'ai chez moi deux mille cinq cents _scudi_
(plus de cinq cents livres sterling) que je leur ai offerts pour
commencer.»