«Écrit un peu avant le dîner. Avant que je sortisse pour ma promenade à
cheval, le comte Pietro Gamba est venu me voir, pour me faire savoir le
résultat de la réunion des carbonari à F*** et à B****[102]. **** est
revenu tard la nuit dernière. Tout avait été combiné dans l'idée que les
barbares passeraient le Pô le 15 courant. Mais, d'après quelques
informations ou autrement, ils ont hâté leur marche, et ont passé il y a
déjà deux jours, en sorte que tout ce que l'on peut faire à présent en
Romagne est de se tenir en alerte et d'attendre l'approche des
Napolitains. Tout était prêt, et les Napolitains avaient envoyé leurs
instructions et intentions, le tout rapporté au 10 et au 11 de ce mois,
jours où un soulèvement général devait avoir lieu, dans la supposition
que les barbares n'avanceraient pas avant le 15.
[Note 102: Probablement à Forli et à Bologne. (_Note du Trad._)]
»Les Autrichiens n'ont que cinquante ou soixante mille hommes, armée qui
pourrait tout aussi bien entreprendre de conquérir le monde que de
pacifier l'Italie dans l'état actuel. L'artillerie marche en arrière, et
seule; et on a l'idée d'entreprendre de la couper. Tout cela dépendra
beaucoup des premiers pas des Napolitains. Ici, l'esprit public est
excellent; il faut seulement le maintenir: on verra par l'événement.
»Il est probable que l'Italie sera délivrée des barbares, pourvu que les
Napolitains tiennent ferme et soient unis entre eux. À Ravenne, on les
juge ainsi.