Ravenne, 9 novembre 1820.
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«La semaine dernière, je vous ai envoyé la correspondance de Galignani
et quelques documens sur votre propriété. Vous avez maintenant, je
crois, une occasion de réprimer, ou du moins de limiter ces
réimpressions françaises. Vous pouvez laisser tous vos auteurs publier
ce qu'il leur plaît contre moi et mes oeuvres. Un éditeur n'est et ne
peut être responsable de tous les ouvrages qui sortent de chez son
imprimeur.
»La _Dame blanche d'Avenel_ n'est pas tout-à-fait aussi bonne qu'une
réelle et authentique (_Donna Bianca_) dame blanche de Colalto, spectre
qu'on a vu plusieurs fois dans la Marche de Trévise. Il y a un homme (un
chasseur) encore vivant qui l'a vue. Hoppner pourrait vous raconter tout
ce qui la concerne, et Rose peut-être aussi. Je n'ai moi-même aucun
doute sur l'histoire et le spectre. Ce fantôme est toujours apparu dans
des circonstances particulières, avant la mort d'un membre de la
famille, etc. J'ai entendu Mme de Benzoni dire qu'elle connaissait un
monsieur qui avait vu la dame blanche traverser sa chambre au château de
Colalto. Hoppner a vu et questionné un chasseur qui la rencontra à la
chasse, et ne chassa plus depuis. C'était une jeune femme de chambre
qu'un jour la comtesse Colalto, qu'elle était en train de coiffer, vit
dans la glace faire un sourire à son mari; la comtesse l'avait fait
sceller dans la muraille du château, comme Constance de Beverley.
Depuis, elle a toujours hanté les Colalto. On la peint comme femme
blonde fort belle. C'est un fait authentique.»