A M. MOORE.

Ravenne, 4 novembre 1820.

«J'ai reçu de M. Galignani les lettres, duplicatas et reçus ci-joints,

qui s'expliqueront d'eux-mêmes[81].

[Note 81: M. Galignani s'était adressé à Lord Byron pour obtenir de

lui un droit légal sur les oeuvres de sa seigneurie, dont il avait été

jusqu'alors le seul éditeur en France, afin d'être à même d'empêcher que

d'autres, à l'avenir, n'usurpassent le même privilége. (_Note de

Moore_.)]

Comme les poèmes sont devenus votre propriété par achat, droit et

justice, toute affaire de publication doit être décidée par vous. Je ne

sais jusqu'à quel point mon acquiescement à la requête de M. Galignani

serait légal; mais je doute qu'il fût honnête. Au cas que vous vous

décidiez à vous arranger avec lui, je vous envoie les pouvoirs

nécessaires, et, en agissant ainsi, je me lave les mains relativement à

cette affaire. Je ne les signe que pour vous mettre à même d'exercer le

droit que vous possédez à juste titre. Je n'ai plus rien à faire, sauf à

dire, dans ma réponse à M. Galignani, que les lettres, etc., vous sont

envoyées, et pourquoi.

»Si vous pouvez réprimer ces pirates étrangers, faites-le; sinon, jetez

au feu les procurations. Je ne puis avoir d'autre but que de vous

garantir votre propriété.

»Votre, etc.

»_P. S._ J'ai lu une partie de la _Quarterly_, qui vient d'arriver; M.

Bowles aura une réponse:--il n'est pas tout-à-fait exact dans son dire

touchant les _Poètes anglais et les Réviseurs écossais_. On défend Pope,

à ce que je vois, dans la _Quarterly_. Que l'on continue toujours ainsi.

C'est un péché, une honte, une damnation que de penser que Pope ait

besoin d'un tel secours;--mais il en est ainsi. Ces misérables

charlatans du jour, ces poètes se déshonorent et renient Dieu, en

courant sus à Pope, le plus irréprochable des poètes, et peut-être même

des hommes.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 121 / 366 题