À M. MURRAY.

Ravenne, 16 octobre 1820.

«_L'abbé_[70] vient d'arriver; mille remercîmens, ainsi que pour _le

Monastère_,--quand vous me l'enverrez!!!

[Note 70: Roman de Walter Scott. (_Note du Trad._)]

»_L'Abbé_ sera pour moi d'un intérêt plus qu'ordinaire, car un de mes

ancêtres maternels, sir J. Gordon de Gight, le plus bel homme de son

siècle, mourut sur l'échafaud à Aberdeen, pour sa fidélité à Marie

Stuart, dont il était le parent, et dont on le prétendait aussi l'amant.

Son histoire a été longuement traitée par les chroniques du tems. Si je

ne me trompe, il fut mêlé à l'évasion de la reine du château Loch-Leven,

ou à sa captivité dans ce même château-fort. Mais vous savez cela mieux

que moi.

»Je me rappelle Loch-Leven comme un souvenir d'hier. Je le vis en allant

en Angleterre en 1798, à l'âge de dix ans. Ma mère, qui était aussi

orgueilleuse que Lucifer d'appartenir à une branche des Stuarts, et de

descendre en ligne directe des vieux Gordons, non des Seyten-Gordons,

comme elle nommait avec dédain la branche ducale, me raconta l'histoire,

en me rappelant toujours combien les Gordons, ses aïeux, étaient

supérieurs aux Byrons du Sud,--nonobstant notre descendance normande et

toujours perpétuée de mâle en mâle, sans tomber jamais en quenouille,

comme a fait la lignée de ces Gordons dans la propre personne de ma

mère.

»Je vous ai depuis peu si souvent écrit, que cette courte lettre sera

sans doute bien venue.»

»Votre, etc.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 110 / 366 题