A M. MURRAY.

Ravenne, 23 septembre 1820.

«Demandez à Hobhouse mes _Imitations d'Horace_, et envoyez m'en une

épreuve (avec le latin en regard). Cet ouvrage a satisfait complètement

au _nonum prematur in annum_[62] pour être mis maintenant au jour: il a

été composé à Athènes en 1811. J'ai idée qu'après le retranchement de

quelques noms et de quelques passages, il pourra être publié; et je

pourrais mettre parmi les notes mes dernières observations pour Pope,

avec la date de 1820. La versification est bonne; et quand je jette en

arrière un regard sur ce que j'écrivais à cette époque, je suis étonné

de voir combien peu j'ai gagné. J'écrivais mieux alors qu'aujourd'hui,

mais c'est que je suis tombé dans l'atroce mauvais goût du siècle. Si je

puis arranger cet ouvrage pour la publication actuelle, en sus des

autres compositions que vous avez de moi, vous aurez un volume ou deux

de variétés; car il y aura toutes sortes de rhythmes, de styles, de

sujets bons ou mauvais. Je suis inquiet de savoir ce que Gifford pense

de la tragédie; écrivez-moi sur ce point. Je ne sais réellement pas ce

que je dois moi-même en penser.

[Note 62: Précepte de l'_Art poétique_. Horace conseille aux poètes

de conserver leurs oeuvres neuf ans dans le portefeuille avant de les

produire. (_Note du Trad._) ]

»Si les Allemands passent le Pô, ils seront servis d'une messe selon le

bréviaire du cardinal de Retz. *** est un sot, et ne pourrait comprendre

cela: Frere le comprendra. C'est un aussi joli jeu de mots que vous

puissiez en entendre un jour d'été.

Personne ici ne croit à un mot d'évidence contre la reine. Les hommes du

peuple poussent eux-mêmes un cri général d'indignation contre leurs

compatriotes, et disent que pour moitié moins d'argent que le procès

n'en a coûté, on ferait venir d'Italie tous les témoignages possibles.

Vous pouvez regarder cela comme un fait: je vous l'avais dit auparavant.

Quant aux rapports des voyageurs, qu'est-ce que c'est que les voyageurs?

Moi, j'ai vécu parmi les Italiens;--je n'ai pas seulement couru

Florence, Rome, les galeries et les conversations pendant quelques mois,

puis regagné mon pays:--mais j'ai été de leurs familles, de leurs

amitiés, de leurs haines, de leurs amours, de leurs conseils et de leur

correspondance, dans la région de l'Italie la moins connue des

étrangers,--et j'ai été parmi les gens de toutes classes, depuis le

_comte_ jusqu'au _contadino_, et vous pouvez être sûr de ce que je vous

dis.»

Œuvres complètes de lord Byron, Tome 12 comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore · 第 100 / 366 题