Ravenne, 31 mars 1820.
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«Ravenne continue le même train que je vous ai déjà décrit.
_Conversazioni_ durant tout le carême, et beaucoup plus agréables qu'à
Venise. Il y a de petits jeux de hasard, c'est-à-dire le _faro_, où l'on
ne peut mettre plus d'un schelling ou deux,--des tables pour d'autres
jeux de cartes, et autant de caquet et de café qu'il vous plaît; tout le
monde fait et dit ce qu'il lui plaît, et je ne me rappelle aucun
événement désagréable, si ce n'est d'avoir été trois fois faussement
accusé de boutade, et une fois volé de six pièces de six _pence_ par un
noble de la ville, un comte----. Je ne soupçonnai pas l'illustre
délinquant; mais la comtesse V---- et le marquis L---- m'en avertirent
directement, et me dirent que c'était une habitude qu'il avait de
gripper l'argent quand il en voyait devant lui: mais je ne l'_actionnai_
pas pour le remboursement, je me contentai de lui dire que s'il
recommençait, je préviendrais moi-même la loi.
»Il doit y avoir un théâtre en avril et une foire, et un opéra,--puis un
autre opéra en juin, outre le beau tems, don de la nature, et les
promenades à cheval dans la forêt de pins. Mes respects les plus plus
profonds à Mrs. Hoppner, et croyez-moi, etc.
»_P. S._ Pourriez-vous me donner une note de ce qui reste de livres à
Venise? Je n'en ai _pas_ besoin, mais je veux savoir si le peu qui ne
sont pas ici sont là-bas, et n'ont pas été perdus en route. J'espère, et
j'aime à croire que vous avez reçu votre vin en bon état, et qu'il est
buvable. Allégra est, je crois, plus jolie, mais aussi obstinée qu'une
mule et aussi goulue qu'un vautour. Sa santé est bonne, à en juger par
son teint,--son caractère tolérable, sauf la vanité et l'entêtement.
Elle se croit belle, et veut tout faire comme il lui plaît.»