PICHENETTE, s. f. Coup, taloche. _Flanquer une pichenette._

PICHOLETTE, s. f. Chopine, petite mesure du pays. _Une picholette de

vin. Boire picholette. Payer picholette._ Terme vaudois et

savoisien.

PICOLON, s. m. Petit point. _Indienne à petits picolons._ Terme

vaudois. _Dîner au picolon de midi_, signifie: Dîner au coup de

midi, à midi sonnant. Nous disons qu'une montre _fend le picolon_,

lorsqu'elle marche avec une parfaite régularité. _Je puis vous

donner l'heure exacte, car ma montre fend le picolon._

PICOT, s. m. Sorte d'épingle longue et à grosse tête. En français,

«Picot» signifie: Petite pointe qui demeure sur le bois quand ce

bois n'a pas été coupé net.

PICÔTE, s. f. Picorée, maraude. _Aller à la picôte des raisins, à la

picôte des noix._ Terme consacré parmi les jeunes garçons.

PIDANCE, s. f. Pitance. _Le pain et la pidance._ Terme français

populaire. Voyez S'APIDANCER.

PIDE, s. f. Semonce, réprimande. _Donner une pide. Recevoir une

pide. Tu as eu ta pide, et cela te venait._ Terme vaudois.

PIDE, s. f. Terme de certains jeux. Mesure, action de mesurer. _Je

veux de la pide_ (je veux mesurer).

PIDER, v. n. Mesurer la distance d'un palet à un autre, la distance

d'une boule à une autre, etc. _Tu t'imagines tenir, mais je pense

le contraire, et j'en veux de la pide, je veux pider._ Terme

vaudois et savoisien. R. lat. _pes, pedis_.

PIDER, v. n. Abuter, c'est-à-dire: Jeter au but, tirer au but pour

savoir qui jouera le premier. _À qui est-ce à pider? Commence,

Daniel, et ne pidons pas._

PIDER, v. a. Terme des collégiens. Voler, dérober, filouter. _Quel

est celui de vous qui m'a pidé mon agate?_

PIED, s. m. Braie, drapeau, pièce de toile dont on enveloppe les

petits enfants, et par-dessus laquelle on met les langes. _Sécher

un pied; changer un pied._ Terme vaudois et savoisien. En

Dauphiné, _Donner les pieds à un enfant_, signifie: Lui donner sa

première robe.

PIED, s. m. _Tenir pied_, est un terme du jeu de boules qui

signifie: Piéter, c'est-à-dire: Tenir le pied à l'endroit qui a

été marqué pour cela.

PIED POTENT, s. m. Jeu d'écolier.

PIEDS, s. m. pl. Nous disons figurément de quelqu'un qui, par des

spéculations ambitieuses ou sottes, a perdu la position aisée où

il se trouvait: _Il s'est mis aux pieds ce qu'il avait aux mains_.

PIEDS, s. m. pl. _Ne pas mettre deux pieds dans un soulier_, est une

expression figurée qui signifie: Agir promptement, mettre à

l'exécution d'un message toute la diligence possible. _Va nous

louer un cabriolet, et surtout ne mets pas deux pieds dans un

soulier._

PIEDS AU CHAUD. _Tenir à quelqu'un les pieds au chaud._ Se dit d'une

personne qui en soigne une autre dans des vues intéressées. On

dira, par exemple, d'un neveu qui a de grands égards pour un oncle

célibataire: _Voyez comme il le cajole et le prévient; voyez comme

il lui tient les pieds au chaud_.

PIEDS BLANCS, s. m. pl. _Il a les quatre pieds blancs._ Se dit de

quelqu'un qui a ses entrées libres et ses coudées franches dans

une maison.

PIERRE À BERNARD ou PIERRE À BERNADE. Se dit d'une distribution

d'argent ou de bonbons que les riches paysans, le jour de leurs

noces, font aux enfants de la commune. L'ancien _Glossaire_ fait

erreur quand il dit que cet usage a cessé dans notre canton. [P.

G.]

PIERRE À FEU, s. f. Pierre à fusil, pierre à briquet. _Les capsules

auront bientôt remplacé partout les pierres à feu._ Terme suisse

et savoisien.

PIERRES, s. f. pl. Nous disons figurément d'une personne qui est au

comble du malheur: _Elle est malheureuse comme les pierres_.

Expression proverbiale connue en Picardie, et sans doute ailleurs.

Les dictionnaires français disent: «Être malheureux comme un chien

qui se noie.»

PIF-POUF, s. m. Homme gros, ventru et de petite taille. En français,

«Piffre» signifie: Gros, replet.

PIGEONNIÈRE, s. f. Pigeonnier, colombier.

PIGNOCHER, v. n. Peindre à petits coups, peindre sans hardiesse.

Dans les dictionnaires, «Pignocher» signifie: Manger négligemment,

manger sans appétit et du bout des dents.

PIGNOCHEUR, s. m. Tatillon, _patet_.

PIGNOLET, s. m. Nom que les campagnards donnent à la plante appelée

en français: «Thym.» _Brouter le pignolet._ Terme vaudois.

PILE, s. f. Volée de coups, étrillée. _Donner une pile à quelqu'un_,

le rosser. Terme connu dans le Berry, en Savoie et ailleurs.

PILON, s. m. Mortier. _Pilon de fonte, pilon de marbre. L'escamoteur

mit la montre dans le pilon et la brisa._ Terme suisse et

savoisien. En français, «le Pilon» est l'instrument avec lequel on

pile dans le mortier.

PILVINETTE, s. f. Épine-vinette, sorte d'arbrisseau. _Tablettes à la

pilvinette._ Dans le français populaire on dit: _Pinevinette_.

† PIMPILVINETTE, s. f. Épine-vinette.

† PIMPINIÈRE, s. f. Pépinière. PIMPINIÉRISTE, s. m. Pépiniériste.

PINCE, s. f. Terme de couturière. Troussis, pli fait à une robe, à

une jupe pour la raccourcir.

PINÇOTTER, v. n. Terme de nos anciennes fabriques d'indienne.

Travailler au pinceau.

PINÇOTTEUSE, s. f. Ouvrière qui, dans nos anciennes fabriques

d'indienne, mettait les couleurs.

PINIOUF ou PIGNOUF, s. m. Dénomination dérisoire. Soldat du centre

dans la réserve.

PINTE, s. f. Cabaret, taverne, gargote, bouchon. _Hanter les pintes.

S'attabler dans une pinte._ Terme suisse-roman. En français,

«Pinte» est le nom d'une mesure pour le vin, et «Pinter» signifie:

Faire débauche de vin.» [ACAD.]

PIOCHAT, s. m. Sittelle torche-pot, oiseau.

PIOGRE ou PIOGUE. _Envoyer quelqu'un à Piogre_, c'est: L'envoyer

promener bien loin, l'envoyer se faire pendre, l'envoyer au di....

_Si tu répliques encore, petit drôle, je t'envoie à Piogre, je

t'envoie à Piogre ferrer les chats._ Ce mot de _Piogre_ est

peut-être une altération du mot _piautre_; car dans le français

populaire, _Envoyer au piautre_, c'est: Envoyer au di....

Peut-être aussi _Piogre_ est-il le nom d'une ville imaginaire,

censée fort éloignée de nous. En Languedoc on dit dans ce dernier

sens: Envoyer quelqu'un à _Pampeligoust_: c'est le nom

languedocien de la ville de Pampelune.

PION, PIONNE, adj. _Être pion_, être ivre.

PIONS, s. m. pl. Nom d'un jeu que les petits garçons jouent assis à

terre avec neuf petits cailloux, qu'ils font sauter

alternativement en l'air pour les recevoir dans la main. On ne

peut se faire une idée exacte de ce jeu qu'en le voyant jouer aux

enfants. [P. G.]

PIORNE, s. f. Voyez PIOURNE.

PIÔTE, s. f. Patte. _La piôte d'un oiseau, la piôte d'un chien, d'un

chat_, etc. _Une écriture en piôtes de mouche._ Terme vaudois et

savoisien. Les chasseurs donnent les noms de _piôtes rouges_ et

_piôtes noires_ à certains oiseaux qui vivent sur les bords du

lac.

† PIOTON, s. m. Piéton. _Trottoir pour les piotons._

PIOTONNER, v. n. Piétiner, remuer les pieds avec vivacité. Se dit

des enfants qui s'essaient à marcher. Dans le français populaire

on dit: _Piétonner_.

PIÔTU, UE, adj. et subst. Boiteux, clopinel.

PIOULER ou PIULER, v. n. Piauler, crier comme les poulets. Se dit

aussi des jeunes enfants qui pleurent et se lamentent. _Piuler_

appartient au vieux français.

PIOU-PIOU, s. m. Dénomination badine par laquelle on désigne un

soldat du centre dans le contingent. On appelle _piou_, dans le

dialecte du Berry, le plus petit poulet d'une couvée.

[_Vocabulaire du Berry_, p. 85.]

PIOURNE ou PIORNE, s. f. Femme ennuyeuse, qui se plaint et qui

gronde habituellement. _Oh! la sotte piourne! Tais-toi, piourne!_

Terme vaudois.

PIOURNER et PIORNER, v. n. Se plaindre continuellement. Terme

vaudois.

PIPER, v. n. et act. S'emploie surtout avec la négation: _Ne pas

piper, ne pas piper mot_, et signifie: Ne pas souffler mot, ne pas

répondre. _On l'a fortement réprimandé et il n'a pas pipé mot._

Terme français populaire.

PIPETTE, s. f. Pipe de tabac, petite et mauvaise pipe. Terme

languedocien. A Genève, _pipette_ ne s'emploie que dans cette

locution: _Cela ne vaut pas pipette_, c'est-à-dire: Cela ne vaut

rien, cela ne vaut absolument rien. En français on dit: Cela ne

vaut pas une pipe de tabac.

PIPI, s. f. Pépie, petite peau blanche qui vient sur la langue des

oiseaux et qui les empêche de boire. _Avoir la pipi: ôter la

pipi._

PIQUÉE, s. fém. Douleur vive et de courte durée. _Une piquée de mal

de ventre._

PIQUE-PRUNES, s. m. Garçon tailleur. Dénomination badine ou

dérisoire.

PIQUER, v. a. Picoter. _Piquer des raisins. Cueillez des grappes,

mes amis, je vous le permets; mais ne piquez pas._ Terme

savoisien, gascon, etc.

PIQUER, v. a. Se dit des oiseaux, et signifie: Manger. _Nos deux

chardonnerets commencent à piquer seuls._ Expression

languedocienne, etc.

PIQUER UNE FAUX. Terme des campagnards. Rebattre une faux,

l'aiguiser. _Piquer_, dans le sens d'affiler, est une expression

méridionale.

PIQUE-RAVES, s. m. Tarier, oiseau.

PIQUERNE, s. f. Chassie, humeur gluante des yeux. Terme suisse et

dauphinois, formé par corruption du vieux mot français _bigane_,

qui a le même sens, et qui n'est point inconnu dans la

Franche-Comté.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 25 / 54 题