P'ENCORE, loc. adv. Pas encore. [P. G.]

PENDEAU, s. m. Trochet, bouquet, glane, botte. _Un pendeau de

cerises_ s'appelle en français: Un trochet de cerises. _Un pendeau

de poires_ s'appelle: Une glane de poires. Ce terme de _pendeau_

est connu à Moudon (canton de Vaud), à Neuchâtel et sans doute

ailleurs.

PENDILLON, s. m. Morceau d'étoffe, ruban qui pendille et annonce le

désordre ou le manque de goût.

PENIN, s. m. Salaire, argent qui est le produit d'un travail.

PENNE, s. f. Panne, graisse du ventre d'un porc. _Une penne de

lard._ Terme suisse et savoisien.

PENOT, OTTE, adj. (_o_ bref.) Penaud, penaude. _A cette rencontre

imprévue, elle demeura penotte et interdite._

PENSER DE. Projeter, avoir l'intention de, avoir dans l'idée de.

_Penses-tu de sortir dimanche, s'il fait beau?--Sans doute, je

pense de t'accompagner à la Bellotte._ Dites: Je pense à

t'accompagner. [ACAD.]

PENSER (SE). Penser, croire, s'imaginer. _Quand on a frappé à la

porte, nous nous sommes bien pensé que c'était toi. En voyant les

hirondelles voler si bas, je m'étais bien pensé qu'il pleuvrait._

Cette locution, fort répandue en Suisse, en Savoie, en

Franche-Comté, en Dauphiné et dans tout le Midi, appartient au

vieux français. Ce n'est donc point une locution qui soit

particulière à notre _patois_, comme le dit M. SAINTE-BEUVE, dans

la _Biographie de Töpffer_.

PENSION, s. f. L'expression: _Prendre pension_, si connue, si usitée

chez nous, ne se trouve dans aucun dictionnaire, ni dans aucun

Glossaire. _Vous voilà donc, Monsieur, pour quelque temps à

Genève: où prendrez-vous pension?_ c'est-à-dire: Où prendrez-vous

vos repas?

PENTE, s. f. (fig.) _Se donner une pente de quelque chose_,

signifie: En prendre autant que l'on peut, en user largement et à

cœur joie. _Se donner une pente de travail; se_ _donner une

pente de petit blanc; se donner une pente de bals masqués, une

pente de concerts_, etc. Expression qui appartient au style le

plus familier.

PENTECÔTE, s. f. Nous disons comme les Gascons: _La fête de

Pentecôte; le jour de Pentecôte_, etc.; et je trouve dans SENEBIER

la phrase suivante: «Les décisions du Synode de Lausanne sur les

fêtes de Noël, de l'Ascension et _de Pentecôte_.» [_Histoire

littéraire de Genève_, t. Ier, p. 186.] Il faut dire, en ajoutant

l'article: La fête de LA Pentecôte, le jour de LA Pentecôte; les

sermons de LA Pentecôte.

PÉPINÉRISTE, s. m. _Un pépinériste achalandé._ Terme français

populaire. On doit écrire et prononcer Pépiniériste.

PERCE-NEIGE (UN). Sorte de plante qui fleurit en plein hiver. Ce mot

est féminin. «Une perce-neige.»

PERCER, v. a. Nous disons d'un petit enfant à qui les premières

dents viennent: _Il a percé ses premières dents_. L'expression

française est: Les premières dents ont percé à cet enfant; les

premières dents sont venues à cet enfant.

PERCET, s. m. Foret, vrille, perçoir, percerette. On dit en Valais:

_Perceret_.

PERCHETTE, s. f. Sorte de menu poisson, petite perche.

PERCLUE, adj. f. _Cette pauvre femme était perclue de froid, perclue

de douleurs._ Terme français populaire. L'adjectif «perclus» fait

au féminin «percluse» et non pas _perclue_.

PERDRE, v. n. Quand nous disons d'une jeune fille, d'une jeune dame:

_Elle perd, elle a perdu, elle commence à perdre_, cela signifie

que: Sa beauté, sa fraîcheur, son éclat diminuent, ont diminué,

commencent à diminuer. Ce sens du verbe «Perdre,» si usité chez

nous, n'est pas dans les dictionnaires.

PERDRIGONE, adj. f. _Une prune perdrigone._ Dites: Une prune de

perdrigon, ou: Un perdrigon. Un perdrigon blanc, un perdrigon

violet. Dans le Languedoc, le Limousin et le Dauphiné, on dit:

_Une perdigone_; à Marseille, _une prune pardigone_.

PERD-TEMPS, s. m. Se dit de tout objet qui invite à muser et à

perdre le temps. _Un chien, un oiseau, un chat, une pipe,

deviennent quelquefois un perd-temps, un agréable perd-temps._

PÉRIN ou PÉRAIN, s. m. Canepin, pessonure, rognures de peau blanche

et fine, pour effacer les traits au fusain.

PERNETTE, s. f. Petit scarabée, d'un beau rouge moucheté de noir.

C'est la définition qu'en donne TÖPFFER lui-même dans le

_Presbytère_.

PÉRORER, v. a. _Pérorer une assemblée. Il nous pérora de son mieux,

mais il ne parvint pas à nous convaincre._ «Pérorer» est un verbe

neutre. «Voyez comme il pérore! Écoutez-le pérorer.»

PERRUQUE, s. f. (fig.) Remontrance, mercuriale. _On lui a donné sa

perruque._

PERRUTIER, s. m. Orthographe et prononciation vicieuses du mot

«Perruquier.»

PERSÉCUTER DE, suivi de l'infinitif. _Je le persécute de partir; il

me persécute de le suivre_, etc. Ce régime du verbe «persécuter»

est inconnu aux dictionnaires: ce qui ne veut pas dire qu'il soit

vicieux.

PESATU, s. m. Terme rural. Blé, seigle et vesces (_pesettes_) que

l'on sème pêle-mêle et que l'on récolte à la fois sans faire de

triage. _Farine de pesatu; pain de pesatu._ [P. G.]

PERTANTAINE, s. f. _Courir la pertantaine._ Dites: Courir la

pretantaine.

PÉTALE (UNE). Ce mot est masculin: «Un pétale,» c'est-à-dire:

Chacune des pièces qui composent la corolle d'une fleur.

PETARD, s. m. (fig.) Nous appelons _front de petard_, le front d'un

homme qui ne rougit plus, le front d'un homme éhonté. _Insensible

à ce reproche, il continua de se défendre avec un front de

petard_, c'est-à-dire: Avec une audace et une effronterie

achevées. Expression fort triviale, mais fort répandue.

PETARD, s. m. (fig.) Horion, mornifle. _Donner un petard; flanquer

un petard; appliquer un petard._

PETARD, s. m. Canonnière, tube de sureau dont on ôte la mœlle, et

dont les enfants se servent pour chasser, par le moyen d'un

piston, de petits tampons de papier mâché. Terme méridional.

PÉTAVIN, s. m. Espèce de framboise noire, qui croît dans les lieux

humides et surtout le long des rivières. Selon le _Vocabulaire

dauphinois_ de Mr CHAMPOLLION aîné, _peitavin_ signifie: Osier.

PETÉE, s. f. Foule, quantité. _Une petée de monde; une petée de

curieux. Vite, vite, tire ton cerceau: tu as une petée de

perchettes._

PETER, v. n. _Faire peter son fouet._ Dites: Faire claquer son

fouet.

PETER, v. n. Nous disons d'un vin dur et acide: _C'est un vin à

faire peter les chèvres._ Les dictionnaires disent plus décemment:

«C'est un vin à faire danser les chèvres.»

PETEUX, s. m. Lâche, poltron, pleutre, couard, peteur. _Dans le plus

fort de la dispute, il s'alla cacher comme un peteux._ Terme

français populaire.

PÉTIAFFE, adj. des 2 genres. Sans force, sans vigueur, faible, bon à

rien. _Je suis encore tout pétiaffe, et je puis à peine me

soutenir._ Se dit aussi d'un fruit pourri: _Une pomme pétiaffe_.

PETIOLET, ETTE, adj. Très-petit, très-chétif.

PETIOT, OTE, adj. Petit, très-petit, exigu. _Tu me donnes là un

morceau de pain bien petiot._ Terme vieux français. _Petiot_ est

aussi substantif. _Où sont vos petiots?_ (où sont vos jeunes

enfants?) _Montrez-nous donc vos braves petiots?_ _Petiou_ se dit

quelquefois pour: _Petiot_.

PETIT (LE). Terme du jeu de boules. Le but, le cochonnet. _Lancer le

petit; s'approcher du petit; baucher le petit._ Terme méridional,

etc.

PETIT, s. m. Jeune enfant, jeune fils d'un tel. _Vos petits sont-ils

en bonne santé?--Notre petit a la rougeole._ _Petit_, dans ce

sens, n'est pas français. Le féminin _petite_ pourrait mieux se

dire.

PETIT-BOIS, s. m. Menu bois.

PETIT-LOUIS, s. m. Courlis ou courlieu, oiseau aquatique.

PETIT-PEU (UN). Très-peu, tant soit peu.

PETOLLE, s. f. Crotte, fiente de certains animaux, comme chèvres,

brebis, lapins, souris. En vieux français: _Petelle_; en

provençal, _peto_.

PETON, s. m. Terme enfantin. Le pied d'un petit enfant. _Elle a bobo

à son peton._ Dans le canton de Vaud on dit: _Piéton_ ou _pioton_.

PÈTRÀ ou PEITRÀ, s. m. Manant, rustre, pacant, butor, grossier

personnage. Terme normand, breton, etc.

PÈTRE ou PEITRE, s. m. Gésier, estomac. _Le pètre d'une poule; le

pètre d'une dinde._ Terme suisse et savoisien. On le dit

quelquefois, mais trivialement, en parlant des personnes. _Nos

individus ne quittèrent la table qu'ayant le pètre bien garni._

_Pètre_ se dit aussi d'un gros goître.

PÉTREUX, s. m. Goîtreux.

PÉTRISSOIRE, s. f. Pétrin, huche, coffre à pétrir le pain. Terme

suisse, savoisien, franc-comtois, etc. Quelques dictionnaires

modernes disent au masculin: «Un pétrissoir.»

PÉTRONER (SE), ou SE PÉTROGNER, v. pron. Se dit d'un enfant qui,

dans les bras de sa nourrice ou de sa mère, a l'air de se

dorloter, et témoigne son contentement par un certain bruit du

gosier.

PETTE, s. f. Bagatelle, chose de nulle valeur. _Pour toutes vos

peines, vos courses, vos écritures, vos correspondances, la

famille du défunt vous a envoyé deux couverts d'argent: la belle

pette! Voilà vraiment une belle pette! Ils ont fait là une belle

pette!_ Ce terme, très-familier et même trivial, se retrouve dans

le patois rouchi, où il signifie: Peu de chose, rien. [Voyez le

_Dictionnaire rouchi-français_ de HÉCART, 3me édition.] Voyez

aussi le mot _peto_, dans le _Dictionnaire provençal_ de M. J.-F.

AVRIL.

PEU (UN), s. m. N'est pas français dans le sens de: Un peu de temps.

_Il y a un peu que je n'ai vu ton frère. Il y a un peu que la

diligence est partie._

PEU (UN). _Prête-moi un peu ton couteau. Donne-moi un peu cette

échelle_, etc. Dans cette phrase et les phrases analogues, _un

peu_ est inutile et vicieux.

PEUGET, s. m. Suc ou jus qui se forme dans le tuyau et le fond d'une

pipe par la salive et la vapeur du tabac.

PEUR, s. f. _À moi la peur si....._ Espèce d'affirmation qui revient

à la suivante: Je veux être pendu si..... _Tu veux donc toujours

me désobéir, Janot; mais à moi la peur si je ne t'enferme pas

dimanche prochain. Puisque Du Rosier refuse obstinément de me

payer, à moi la peur si je ne lui envoie pas une assignation._

PEUR, s. f. _Qu'as-tu peur? Qu'avez-vous peur?_ Expressions fort

usitées chez nous et ailleurs. Pour parler grammaticalement il

faut dire: De quoi as-tu peur? De quoi avez-vous peur?

PHIBOSETTE, s. f. Fille ou femme démesurément petite et contrefaite.

Voyez MÉPHIBOSET.

PIÂLER, v. n. Piailler, piauler.

PIAILLARD, ARDE, adj. et s. Piailleur, criard. Français populaire.

PIAILLÉE, s. f. Piaillerie, criaillerie. _Faire des piaillées.

Finissez donc vos piaillées._

PIANOTTER, v. n. Terme dérisoire. Jouer du piano.

PIAPEU, s. m. Renoncule des champs. Terme connu aussi dans le canton

de Vaud. Le dictionnaire de Mr BESCHERELLE dit: «Piapan.»

† PIASTRE (UN). Une piastre. _Aimer le piastre_, aimer l'argent.

_Goûts piastreux_, goûts excessifs de s'enrichir. _Homme

piastreux_, homme riche.

PIAUTE, s. f. Voyez PIÔTE.

PIC, s. m. Terme français, qui signifie: Pivert. Nous disons

proverbialement d'une personne maigre et sèche: _Elle est maigre

comme un pic_. Cette expression est sans doute moins usitée

ailleurs que chez nous, puisqu'elle n'est pas consignée dans les

dictionnaires.

PICAILLONNER, v. n. Liarder, lésiner, faire des économies mesquines,

mettre avaricieusement sou sur sou. _Son plus grand bonheur est de

picaillonner._ Le _picaillon_ était une petite monnaie en usage

dans le Piémont et la Savoie, et qui valait un centime. Nous

disons encore d'une chose de nulle valeur: _Cela ne vaut pas un

picaillon; je n'en donnerais pas un picaillon._

PICAILLONNEUR, s. m. Liardeur, avare.

PICÂTA ou PECÂTA. Terme injurieux dont les paysans savoisiens se

servent pour désigner les habitants de Genève et particulièrement

les protestants. On explique très-diversement l'origine de cette

dénomination. Dans le Berry, _peccata_ signifie: «Baudet.»

PICAIRNE, s. f. Voyez PIQUERNE.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 23 / 54 题