PANTOMINE, s. f. Écrivez et prononcez «Pantomime.»

† PA-ONNE, s. f. Se dit d'une femme qui s'attife ou qui fait la

glorieuse. _A-t-on rien vu de pareil à cette Jenny? Elle se met

comme une guignauche à la maison, et comme une pa-onne dès qu'elle

sort._ Le féminin de «Paon» est bien «Paonne,» mais ce mot doit se

prononcer _panne_.

PAPACOLON, s. m. Joubarbe, plante grasse et toujours verte, dont

l'espèce la plus commune croît ordinairement sur les toits et sur

les murs.

PAPEROCHES, s. f. pl. Paperasses.

PAPET, s. m. Soupe très-épaisse, telle qu'est celle qu'on donne aux

moissonneurs. Terme suisse, savoisien, dauphinois et languedocien.

Figurément, _Il ne peut plus dire papet_, se dit d'un homme qui a

tellement bu, qu'il ne peut plus parler distinctement. Dans

l'évêché de Bâle et en Franche-Comté on dit: _Paipay_; en

Belgique, _pape_, etc.

PAPET CORDET, s. m. Soupe à la courge. Dans le vieux français,

_coorde_ ou _cohorde_ signifiait: Gourde, citrouille. En latin,

_cucurbita_, dont on a fait d'abord _coucourde_. [Voyez ROBERT

ESTIENNE, _Dictionnaire français-latin_, édition de 1605.] Nos

campagnards appellent une courge, _nă courdă_ ou

_kœurdă_.

PAPETTE, s. f. Voyez PAPET, qui a le même sens.

PAPIER CASSÉ, adj. m. Nous appelons _papier cassé_ ce qu'on appelle,

en français: Papier brouillard, papier qu'on emploie à sécher

l'encre d'une écriture fraîche. _Une compresse de papier cassé._

Terme parisien populaire.

PAPIER DE POSTE, s. m. Papier à lettres. _Une rame de papier de

poste._ Terme neuchâtelois, etc.

PAPIERS, s. m. pl. _J'ai lu dans les papiers._ Dites: J'ai lu dans

les Papiers publics, c'est-à-dire: Dans les journaux, dans les

feuilles publiques, dans les gazettes.

PAPILLOTES, s. f. pl. Figurément: _Avoir les yeux en papillotes_,

signifie: Ne pas les avoir bien ouverts en se réveillant.

PAQUET, s. m. Fagot, faisceau de menu bois. _J'aime mieux brûler des

paquets que des fascines. Un cent de paquets coûte de huit à douze

francs._

PAQUET, s. m. Nous disons: _Donner à quelqu'un son paquet_, pour: Le

congédier, le renvoyer. Les dictionnaires ne mentionnent pas cette

expression, mais bien la suivante: «Recevoir son paquet,»

c'est-à-dire: Être congédié.

PAQUETIER, IÈRE, s. et adj. Cancanier, faiseur de paquets,

tripotier, médisant. _N'ayez plus rien de commun avec ce

paquetier._ Terme savoisien.

PAQUIS, s. m. Terme des campagnards. Troisième coupe du foin.

PAR, prépos. _Il vendit brique par brique_ (brique à brique) _tout

son mobilier_. _Vous arracherez ces herbes brin par brin_ (brin à

brin). _Dictez-moi votre nom de famille lettre par lettre_ (lettre

à lettre).

PAR, prépos. _Il y a deux ans jour par jour_ (jour pour jour) _que

Mr N** est mort_. _Vous me copierez ce manuscrit page par page_

(page pour page), etc. Mais on dira fort bien: Écrivez jour par

jour toutes vos dépenses, etc.

PARAFE (UNE). _Une belle parafe._ Ce mot est masculin.

† PARAÎTRE (SE), v. pron. Paraître, être aperçu, s'apercevoir.

_Pour raccommoder les manches et le collet, vous prendrez dans le

pan de l'habit: cela ne veut pas se paraître._

PARAPEL, s. m. Parapet. Français populaire.

PARBOUILLIR, v. a. Faire bien bouillir. _Des épinards parbouillis._

Terme vieux français.

PAR CONTRE, adv. _Si le vin est cher cette année, par contre il est

bon. Le petit Ernest a une figure peu attrayante, mais il a par

contre une belle santé. Le paysan gagne peu, mais par contre il ne

hasarde guère._ Dans ces exemples, et dans les exemples analogues,

dites: En revanche, en récompense.

PAR-CONTRE (LE). L'équivalent. _Recevoir le par-contre._ Terme

suisse-roman et savoisien.

PAR-DESSUS, adv. Nous disons d'un homme adroit, rusé, et qui se tire

toujours d'affaire dans les circonstances les plus critiques: _Il

les sait toutes et une par-dessus._ Expression qui se prend

d'ordinaire en mauvaise part.

PÂRE, s. f. Croûte, pelure du fromage et de la _tomme_. _Ôter la

pâre, manger la pâre; donner la pâre aux poulets._ Terme

suisse-roman et savoisien. Voyez PÂRER.

† PAR ENSEMBLE, adv. En commun, en société. _On achètera ces deux

lards par ensemble._ Terme vieux français.

† PAR ENSUITE, adv. Ensuite. Terme vieux français.

PAREPLUIE, s. m. Parapluie.

PÂRER, v. a. _Pârer son fromage, pârer sa tomme_, en ôter la croûte.

Terme très-connu dans les Alpes qui nous avoisinent. En Languedoc,

_parer le lait_ signifie: «En ôter la crême.» Dans le vieux

français, _parer_ veut dire: Peler.

PARESOL, s. m. Parasol.

PAREVENT, s. m. Paravent.

† PAR HASARD, loc. adv. En revanche, en compensation, du moins.

_Il n'a pas grand'chose, lui; mais sa femme, par hasard, a

beaucoup de terrain. Comment donc, ce drôle de Joigne vous a

répondu si insolemment!--Oui, Monsieur, mais je l'ai remouché par

hasard_, c'est-à-dire: Mais à mon tour je l'ai arrangé. _Que vous

est-il donc arrivé, Monsieur Pattey?--Il m'est arrivé que je me

suis mis quatre vessicatoires, sans l'ordonnance du médecin; mais

j'en ai souffert, par hasard, et l'on ne m'y reprendra pas._

Expression fréquente chez les campagnards.

PARIURE, s. f. Pari, gageure. _J'en ferais bien la pariure._ Terme

français populaire.

PARLENTIN, subst. et adj. Grand parleur, babillard, bavard. _Comment

as-tu la patience d'écouter ce parlentin?_ Le féminin

_parlentine_, d'autres disent _parlenteuse_, est peu usité.

PARLER LE RHUME. Expression consacrée chez nous et qui signifie:

Parler avec un son de voix qui dénote un rhume.

PARLER MAL et MAL PARLER, sont deux expressions différentes. «Parler

mal,» c'est: Manquer aux principes de la grammaire. «Mal parler,»

c'est: Dire des paroles offensantes, médire. [ACAD.] Mais nos

grands écrivains n'ont pas observé scrupuleusement cette

distinction, et les exemples à l'appui ne manqueraient pas.

PARMI, adv. Au milieu, dans le milieu, dans l'intérieur. _Ce foin

paraît sec, mais il est encore mouillé parmi. Cette paille est

mouillée parmi._ Cette expression, qui nous vient du vieux

français, est fréquente dans la bouche des campagnards.

PARMI, prép. S'emploie souvent en sous-entendant son complément.

_Vos moutons sont chétifs; il y en a pourtant d'assez bons parmi._

Expression inconnue aux dictionnaires et blâmée par les

grammairiens.

PAROI, s. f. _Paroi litelée; paroi gyssée; paroi en carrons._ Le mot

_paroi_ est français, mais vieux et inusité dans le sens qui lui

est donné chez nous. Le terme véritable est: «Cloison.»

PAROLI, s. m. Babil facile, élocution abondante. _Ce jeune homme n'a

que du paroli._ En provençal, _parouli_ signifie: Langage flatteur

et séduisant; dans le vieux français: _Paroler_, discourir.

† PAR PEU QUE, locut. conj. Pour peu que. _Par peu que tu

lambines, tu arriveras trop tard. Par peu que tu sois diligent, tu

pourras nous rattraper._ Faute fréquente, mais qui passe

inaperçue, à cause de la ressemblance des sons _par peu_ et _pour

peu_.

PARPILLOLE, s. f. Monnaie genevoise du seizième siècle, valant les

trois quarts d'un sou, soit neuf deniers. Elle s'appelait aussi

_parpayole_.

PARPILLON, s. m. Terme des campagnards. Papillon. _Fais voir à ces

Monsieurs ton beau parpillon._ En Franche-Comté, en Auvergne, en

Languedoc et en Gascogne, on dit: _Parpillot_; en provençal,

_parpaihoun_; en Dauphiné, _parpaillou_.

PARTERET, s. m. Couperet, hachette, sorte de couteau de boucherie

fort large, lequel sert à couper la viande. A Rumilly (Savoie), on

dit: _Partelet_; en Dauphiné, _partou_. R. vieux français,

_parter_, diviser, partager.

PARTICIPER, v. a. Communiquer, faire part de, informer de.

_Participer une nouvelle, participer un événement. Mr N** a

négligé de nous participer le mariage de sa fille._

† PARTICULIARITÉ, s. f. _Que dis-tu de ce bon rencontre,

Christophe? N'est-ce pas une particuliarité?_ Terme vieux

français. Écrivez et prononcez «Particularité.»

PARTIE, s. f. Ne dites pas: _Faire une partie aux boules, faire une

partie aux quilles_, etc. Dites: Faire une partie DE boules,

faire une partie DE quilles, une partie DE billard.

PARTI-MEYTI. Locution moitié patoise, moitié barbare, qui revient à:

«Partageons,» et qui se dit ordinairement après une trouvaille

faite en commun. _Partir_ ou _parter_, en vieux français,

signifie: «Partager,» et _meyti_ ou _meytîa_, en patois, veulent

dire: «Moitié.»

PARTI ROULANT, s. m. Se dit d'un jeune homme qui est mûr pour le

mariage, riche ou en position de le devenir. _Mr N** est un parti

roulant. Il y avait à ce bal trois ou quatre partis roulants._

Cette expression, qui appartient à la conversation familière,

n'est pas inconnue en Savoie et dans le canton de Vaud. Je

demandais à une bonne paysanne du Chablais quel âge à peu près

devait avoir un riche célibataire pour être appelé _parti

roulant_: «_Tant plus vieux, tant meilleur_,» me répondit-elle.

† PAS, adv. interrogatif. N'est-ce pas? _C'est après-demain la

foire à Gaillard, pas? Dis-donc, Moïse, les raisins sont mûrs, on

ira à la picôte, pas?_ Terme des gamins.

PAS MOINS, conj. Cependant, néanmoins. _Elle avait dit et répété:

«Je n'irai plus au bal,» et pas moins elle y retourne._ Terme

français populaire.

PAS PLUS, loc. adv. Non certes, point du tout, aucunement. _Votre

cousin a-t-il réussi dans sa requête?--Pas plus. On dit que vous

pensez à vous marier, Mamzelle Gothon.--Moi, Monsieur, pas plus:

et qui est-ce qui me voudrait?_

PAS RIEN QUE, est une expression incorrecte dans les phrases

suivantes: _Il n'y a pas rien que lui qui souffre. Il n'y aura pas

rien que vous deux de punis_, etc. Dites: Il n'est pas le seul qui

souffre. Il y en aura d'autres que vous deux de punis.

PASSAGER, ÈRE, adj. Passant, passante; fréquenté, fréquentée.

_Chemin passager, rue passagère._ Terme français populaire.

PASSÉE, s. f. Terme de vigneron. Le temps de la floraison des

vignes. _Il faut beaucoup de chaleur pour que la passée se fasse

bien._ [_Glossaire de_ GAUDY.]

PASSÉE, subst. f. Tournée, passage de quelqu'un. _Première passée,

deuxième passée du facteur de la poste aux lettres. As-tu soin,

Octavie, de cueillir mes graines de capucines?--J'ai déjà fait ce

matin deux passées._

PASSE-GENT, s. m. Nos jeunes garçons appellent ainsi un jeu qui

consiste à sauter, de distance en distance, les uns par-dessus les

autres. _Jouer à passe-gent._ Terme languedocien. En français, ce

jeu s'appelle Coupe-tête.

PASSER AU BLEU, v. a. (fig.) Tuer, faire mourir. _Quelle nouvelle

a-t-on de notre lieutenant?--Il a été passé au bleu._ Français

populaire.

PASSE-ROSE (UN). _Un beau passe-rose._ Ce mot est féminin.

PASSET ou PASSEY, s. m. Échalas. La plupart des dialectes populaires

de France, de Suisse et de Savoie ont ce terme, plus ou moins

modifié. Dans le vieux français on disait: _Pesseau_; en grec,

_passalos_, et en latin, _paxillus_.

PASSIONNER, v. a. Ce verbe n'est pas français, dans le sens de:

Aimer avec passion. Ne dites donc pas: _Cette dame passionne les

romans. La jeunesse passionne les voyages. Nous passionnons tous

la paix et la liberté._

PASSIORET, s. m. Petit passage, ouverture pratiquée dans une haie

pour les piétons. Terme savoisien. Dans le dialecte du Berry,

_passière_ veut dire: «Chemin.»

PASSON, s. m. Terme des campagnards. Échelon. En Champagne, _passet_

veut dire: Petit marche-pied.

PATACHE ou PATASSE, adj. et subst. Lambin, lambine.

PATACHER ou PATASSER, v. n. Lambiner.

PATACHERIE et PATASSERIE, s. f. Lenteur extrême, nonchalance.

PATAPOUF, s. m. Homme corpulent et lourd. _Un gros patapouf._ Terme

savoisien, picard, rouchi, etc.

† PATARAFE, s. f. _Mettre sa patarafe._ Terme français populaire.

L'expression véritable est: Mettre son parafe.

† PATARAFER (SE). Faire son parafe.

PATENAILLE, s. f. Pastenade, carotte jaune. _Plucher des

patenailles. Salade aux patenailles._ Terme vaudois, valaisan et

jurassien, usité aussi dans le Chablais et le Faucigny. A Rumilly

(Savoie), on dit: _Parsenaille_; en vieux français, _pastenaille_.

R. lat. _pastinaca_.

PATENOCHAGE, s. m. ou PATENOCHERIE, s. f. Lambinerie.

PATENOCHE, s. f. Lambin, lambine; nonchalant, nonchalante.

PATENOCHER, v. n. Lambiner.

PÂTÈRE (UN). _Un pâtère à vis. Assujettir un pâtère._ Dites: «Une

patère» (_a_ bref). Sorte de crochet qui sert dans l'ameublement à

différents usages. R. lat. _patera_, coupe.

PATET, ÈTE, subst. et adj. Lambin, qui fait tout lentement et

mollement. _Un écolier patet; une servante patète. Il est si patet

qu'il vous ferait grimper les murs._ Terme suisse-roman,

savoisien, lyonnais et méridional. Dans le Midi, _patet_ signifie

plutôt: Vétilleur, chipotier, tatillon, scrupuleux à l'excès,

difficile à contenter. A Genève, _patet_ se dit aussi des choses.

_Un travail patet_ est celui qui exige des soins très-minutieux.

_Une bouilloire patète_ est celle qui met beaucoup de temps à

cuire.

PATETAGE, s. m. Lambinerie, acte d'un lambin.

PATETER, v. n. Lambiner, s'occuper longuement de minuties.

PATÈTERIE, s. f. Lambinerie, barguignage, tatillonnage. _Cesse tes

patèteries, Joseph, et viens nous aider à scier le bois._

PATIENCE, s. f. Sorte de petite pâtisserie ronde, de la grandeur

d'une pièce de cent sous et de la nature des massepains. _Un

cornet de patiences._

PATIN, s. m. Braie, linge dont on enveloppe les petits enfants, et

par-dessus lequel on met le lange. _Faire sécher des patins._

Terme suisse-roman et savoisien.

PATIÔCAGE, s. m. Lambinerie.

PATIÔQUER, v. n. Lambiner. Augmentatif du verbe _pateter_.

PATI-PATA. Onomatopée par laquelle on exprime les redites et le

bavardage étourdissant d'une personne qui babille sans cesse.

PATOCHON, s. m. Lambin.

PATOUFLE, s. m. Lourdaud. _Un gros patoufle._ Terme savoisien. En

rouchi: _Patouf_. Dans le patois du bas Limousin, _patouflé_

signifie: Joufflu; en provençal, _patufeou_ veut dire: Dadais,

benêt.

† PATRACLE, s. f. Patraque.

PATRACLER, v. n. Travailler avec mollesse et lenteur; ne pas avancer

dans son ouvrage. [P. G.]

PATRIGOT, s. m. Patrouillis, margouillis, boue liquide. _Se mettre

dans le patrigot._ Terme suisse-roman et savoisien. _Patrigot_

s'emploie aussi figurément et signifie: Tracas, embarras dont on

ne pourra sortir que difficilement; affaire épineuse et

désagréable. _Le voilà depuis six mois, et par sa faute, dans un

fameux patrigot._ En provençal, _patrigo_ et _patricot_

signifient: 1º Mic-mac, manigance, pratique secrète; 2º

Tracasserie, embarras.

PATRIGOTER, v. n. Patauger, marcher ou s'enfoncer dans la boue

épaisse, dans le _patrigot_.

PATRIMONIAL, s. m. Doyen d'un cercle, doyen d'une confrérie. _Mr

N**, patrimonial du cercle des Anonymes, vient de mourir._ Le mot

_patrimonial_ est français, mais dans une acception différente.

PATTE ou PATE, s. f. Chiffon, morceau de vieux linge, lambeau de

linge usé et qui n'est bon qu'à faire du papier. _Il mit sur sa

coupure des toiles d'araignée en guise de patte. Ici on loue la

Feuille d'Avis et on achète les pattes._ Proverbialement, _Avoir

son béguin de patte_, signifie: Être mort, être _ployé_, être dans

le linceul. Terme suisse, savoisien, franc-comtois et méridional.

En Lorraine, _patte_ signifie: Étoupes de chanvre. A Lausanne, à

Neuchâtel, à Lyon, à Besançon, le _pattier_ est Celui qui ramasse

les chiffons dans les rues. En français on appelle _pattière_, La

femme qui trie les chiffons à papier. Nous appelons _patte aux

aises_ ou _patte des aises_, La lavette, c'est-à-dire: le bout de

torchon qui sert à laver la vaisselle. Nous appelons _patte

soufrée_, Une mèche soufrée; _patte à bleu_ ou _patte au bleu_, Le

sachet pour l'indigo.

PATTE À COU, loc. adv. _Porter quelqu'un à patte à cou_, signifie:

Porter à dos une personne qui se tient à notre cou avec ses bras,

ou ses _pattes_. Cette expression est surtout familière aux

campagnards. A Genève nous disons: _A cocochet_. [P. G.]

PATTE MOUILLÉE, s. f. Se dit d'une personne flasque, molle, lâche au

travail et sans énergie. _Je ne peux rien faire de votre apprenti:

c'est un paresseux, c'est une patte mouillée._ Terme suisse,

savoisien et lyonnais. On dit en français, dans le même sens: «Un

linge mouillé.»

PAUFER, s. m. (Prononcez le _r_.) Levier en fer, avant-pieu. _On

plante les saules au paufer._ Terme suisse. En Savoie: _Paufer_ et

_pafer_; dans le Dauphiné et le Languedoc, _palfer_. En vieux

français, _pau_ signifie: Pieu. Quelquefois, par exagération, nos

dames appellent _paufer_, Une grosse aiguille.

PAUME, s. f. Balle, sorte de pelote ronde servant à divers jeux.

_Lancer une paume. Renvoyer la paume._ Terme méridional. En

français, «Paume» se dit du jeu lui-même et non de la balle.

PAUME DE NEIGE, s. f. Pelote de neige, boule de neige. _Jeter des

paumes de neige. Se battre à coups de paumes de neige._ Terme

suisse. _Paumer les passants_, c'est: Leur lancer des _paumes_ de

neige.

PAUNER ou PÔNER, v. a. Payer sa quote-part, acquitter sa dette;

contribuer. _On saura bien le faire pôner comme les autres._ En

vieux français, _poner_ signifie: Poser, mettre, déposer. R.

_pono_.

PAUVRE, s. m. Nous disons proverbialement: _Rire comme des pauvres_,

pour: Rire de bon cœur, rire à ventre déboutonné. _La soirée fut

divertissante: nous y avons ri comme des pauvres._ En Bretagne,

_Être gai comme des peillotoux_, signifie: Être gai comme des

déguenillés.

PAUVRE (UNE). Une mendiante. _Ne renvoyez pas cette pauvre._ Les

dictionnaires disent: «Une pauvresse,» expression inconnue chez

nous, et probablement ailleurs.

PAVANE, subst. fém. Farce. _Regarde ces déguisés, Joson! quelle

pavane!_ S'emploie aussi adjectivement. _Que cette chanson est

pavane!_ c'est-à-dire: Qu'elle est plaisante; qu'elle est

bouffonne!

† PAVIR, v. a. Paver.

† PAVISSEUR, s. m. Paveur. Terme savoisien.

PAYER, v. a. (fig.) _Il me la payera! Vous me la payerez tous! Il

faut qu'on me la paye!_ Dites, avec le masculin: «Il me LE payera!

Vous me LE payerez! Il faut qu'on me LE paye!» c'est-à-dire:

J'aurai ma revanche.

PAYER UN GAGE. Terme de certains jeux. Dites: Donner un gage. _Ma

lourdise fut grande à tous ces jeux, et l'on me fit payer quatre

gages._ Expression méridionale. Le gage n'est pas un _payement_,

c'est une garantie du payement: on ne paye que quand on retire le

gage.

PEAU DE SOURIS, s. f. _Se mettre en peau de souris pour quelqu'un_,

signifie: Se dévouer à lui corps et biens; embrasser ses intérêts

chaleureusement et quoi qu'il en puisse coûter.

PEBLACHE, adj. des 2 genres. Terme des campagnards. Sec et mou. Se

dit d'un légume de la famille des crucifères, qui n'a plus sa

fraîcheur primitive; qui s'est durci en perdant sa saveur. _Un

ravonet peblache. Des raves peblaches._ On dit aussi: _Bllache_

(_ll_ mouillés).

PÊCHERONGE, s. f. Pavie, sorte de pêche.

Nouveau Glossaire Genevois, tome 2/2 · 第 21 / 54 题