Calliope, la Muse de la poésie héroïque, quoique placée la dernière dans
la suite d'Hésiode, paraît mériter la préséance par sa dignité et son
excellence sur ses compagnes. Homère et Virgile revendiquent pour elle
la première place; c'est elle qu'ils ont invoquée quand ils appellent,
le premier la _Déesse_, le second la _Muse_, qui doit leur dévoiler les
anciens événemens. C'est _Calliope_ qu'Horace fait descendre du ciel
quand il va chanter les Dieux; on la reconnaît ici à son attitude pleine
de noblesse, au volume qu'elle tient de ses deux mains, à l'inspiration
qui règne dans ses traits, au doigt levé qui semble accompagner son
récit. L'inscription (CALLIOPE, LE POÈME) précise l'intention du peintre
sans la rendre plus claire; la Muse est couronnée du lierre et de ses
fruits, couronne ordinaire des poètes. Ses draperies, de la plus grande
élégance, répondent à la dignité de son caractère; une longue tunique
sans manches lui recouvre les pieds, une seconde descend au-dessous du
genou, et son manteau qui retombe sur son bras vient se nouer avec grace
vers le milieu du corps. Le rouleau ou volume se trouve quelquefois
entre les mains de sa sur Clio; mais les anciens artistes ont donné le
plus souvent pour symbole distinctif, à Calliope, les tablettes cirées
ou _pugillaria_, lorsque ses images ne sont accompagnées d'aucune
inscription. M. Visconti a relevé fort ingénieusement le rapport plus
particulier que les tablettes cirées ont avec les ouvrages en vers;
elles donnent la facilité d'effacer l'écrit, de corriger ou d'améliorer
les expressions. Le rouleau de parchemin ou de _papyrus_ est par
conséquent plus propre à Clio, qui écrit l'histoire en prose, qu'à
Calliope, dont le style épique demande le plus grand soin.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.--Largeur, 11 p°. 2 lig.