LES FLORALIES DE GAND

_Nous avons déjà, dans le numéro du 3 mai, consacré quelques gravures à

l'Exposition de Gand. Nous publions aujourd'hui un ensemble de

photographies en couleurs qui donneront une vision des «Floralies» qui

sont le clou de cette exposition, et au sujet desquelles notre

correspondant de Bruxelles, M. Gérard Harry, nous a adressé l'article

suivant:_

Voici près d'un siècle que la très ancienne Société d'horticulture de

Gand organise, de cinq en cinq années, ces concours baptisés «Floralies»

où se marque chaque étape du progrès que le savoir et le goût du

botaniste ont fait franchir à des créations d'essence immuable tels que

l'oillet, l'azalée, l'orchidée, le bégonia, le lilas, la rose même. Ces

Floralies, plus populaires encore en Belgique que les Concours hippiques

et les Expositions de beaux-arts (il faut, tous les cinq ans, des trains

spéciaux pour y amener les foules d'amateurs des neuf provinces) ont été

presque ignorées du grand public de France, d'Angleterre, d'Allemagne,

jusqu'à leur coïncidence actuelle avec une Exposition universelle. Mais,

sur les spécialistes de tous pays, elles exercent depuis longtemps

autant d'attirance que le Derby d'Epsom ou le Grand Prix de Paris sur

les éleveurs de chevaux pur sang. Et chacun s'y prépare de longue date

et y apporte, avec le souci de sa propre gloire, ce qu'il a pu produire

de plus beau ou de plus neuf, en s'aidant des procédés de culture les

plus ingénieux ou des combinaisons chimiques les plus savantes.

Les photographies en couleurs, que nous reproduisons, du récent

«concours de beautés» de Gand donneront une idée synthétique de cette

périodique et poétique solennité. On y verra que la furie multicolore et

odorante des fleurs est elle-même «habillée» d'un joli décor constitué

par des dioramas qui situent illusoirement leur splendeur dans un cadre

adéquat: ici, à l'orée d'un taillis, le feuillage d'un hêtre rouge

tranchant sur les teintes azurées d'un massif d'hortensias; là, les

ondulations d'une simili-chaîne de montagnes élargissant l'horizon de

pyramides d'azalées; là encore, les ruines, en staff patiné, d'un

antique temple grec, dédié à Flore, éternelle divinité de l'éphémère

royaume du printemps. A défaut des délicieuses variétés d'oeillets

anglais, arrivés en retard, par la suite de la grève générale belge, on

a pu fixer les ombelles couleur bleu de ciel d'un groupe d'hortensias

dont les experts ont chanté spécialement les louanges, à raison de leur

nuance idéale et aussi parce que leurs «éleveurs» avaient su les

préserver d'une maladie qui, après quelque temps, les décolore ou les

amaigrit. Une variété d'hortensias d'un blanc immaculé apparaît sur une

autre de nos gravures et aussi un massif de ces azalées à fleur simple

ou double, unicolores ou panachées, qui constituent la spécialité

gantoise par excellence et qui étonnent, aux Floralies, par leur

opulente profusion et la recherche de leur coloris.

_Ici vient s'intercaler une double page hors texte en couleurs: LES

FLORALIES DE GAND, comptée dans la pagination de 591 à 594._

[Illustration: Corbeille de Cinéraires.]

[Illustration: Le Temple de Flore.]

[Illustration: Azalées et Hortensias.]

[Illustration: Bégonias Gloire de Lorraine.]

[Illustration: Renan thera. Odontoglossum et Oncidium. Dendrobium. Autre

variété de Dendrobium. Un coin de la serre des Orchidées.]

[Illustration: Hortensias.]

L'Illustration, No. 3669, 21 Juin 1913 · 第 33 / 51 题