Ce miracle se passa aux yeux de l'univers; et la Providence en a
perpétué la mémoire par des témoignages authentiques que nul des
païens n'a osé démentir. Saint Grégoire de Nazianze et saint Jean
Chrysostôme, contemporains de cet événement, en ont développé toutes
les circonstances. Saint Ambroise qui vivait dans le même temps en
prend avantage, comme d'un fait incontestable, pour détourner le grand
Théodose de rétablir un temple des païens. Mais ce qui doit fermer la
bouche à l'incrédulité, c'est l'autorité des ennemis du christianisme.
Ammien Marcellin, qui était alors à la cour, atteste la vérité de ce
prodige[72]. Julien lui-même avoue qu'il a voulu rebâtir ce temple;
et s'il s'abstient de parler des obstacles que le ciel et la terre
opposèrent à son dessein, son silence est suppléé par un auteur qui
n'est pas d'un moindre poids, parce qu'il n'était pas moins intéressé à
cacher la vérité. Un fameux rabbin qui écrivait dans le siècle suivant,
rapporte le fait; et ce qui doit être d'une grande considération, il
le rapporte d'après les annales de la nation juive[73]. De nos jours
un protestant célèbre[74] a recueilli tous ces témoignages, et il en a
fait sentir la force dans un ouvrage solide et lumineux[75].
[Note 72: _Quum itaque rei idem fortiter instaret Alypius, juvaretque
provinciæ rector metuendi globi flammarum prope fundamenta crebris
assultibus erumpentes, fecere locum exustis aliquoties operantibus
inaccessum: hocque modὸ elemento destinatius repellente, cessavit
inceptum._ Amm. Marc., l. 23, c. 1.--S.-M.]
[Note 73: Voyez à ce sujet l'_Histoire des Juifs_ de Basnage, l. 8, c.
5.--S.-M.]
[Note 74: C'est de Warburton, évêque de Glocester, que Lebeau veut
parler. Cet évêque a composé sur ce sujet un discours intitulé
_Julien_, qui a été plusieurs fois imprimé en Angleterre.--S.-M.]
[Note 75: On peut aussi consulter Gibbon, t. 4, p. 405-421, et la note
de son dernier éditeur, p. 418.--S.-M.]
[Note latérale: XL.
Railleries du peuple d'Antioche.
Jul. Misop. p. 357, 370 et passim. et or. 7, p. 223.
Amm. l. 22, c. 14 et l. 23. c. 2.
[Greg. Naz. or. 3, t. 1, p. 82, et or. 4. p. 133.