LE CHEVAL ET L'ÂNE.

En ce monde il se faut l'un l'autre secourir.

Si ton voisin vient à mourir,

C'est sur toi que le fardeau tombe.

Un âne accompagnait un cheval peu courtois,

Celui-ci ne portant que son simple harnois,

Et le pauvre baudet si chargé qu'il succombe.

Il pria le cheval de l'aider quelque peu;

Autrement il mourrait devant qu'être à la ville.

La prière, dit-il, n'en est pas incivile;

Moitié de ce fardeau ne vous sera que jeu.

Le cheval refusa, fit une pétarade,

Tant qu'il vit sous le faix mourir son camarade

Et reconnut qu'il avait tort;

Du baudet en cette aventure

On lui fit porter la voiture,

Et la peau par-dessus encor.

(_Livre VI, Fable 16._)

Littérature Française (Première Année) · 第 94 / 137 题