NOTES

[1: M. Lemazurier, lorsqu'il fit imprimer ses _Fastes de la

Comédie-Française_ m'avait demandé quelques détails sur mon grand-père.

Un trop prompt départ pour Londres m'empêcha de lui donner ces

renseignements, et j'en ai eu depuis beaucoup de regret. J'eusse évite à

M. Lemazurier les erreurs dans lesquelles il est tombé sans le vouloir.

Le père de mon aïeul n'était point, comme le dit M. Lemazurier, dans les

cent-suisses du roi; il était officier de bouche, et c'était une charge

qui s'achetait. Mon aïeul se trouvait tellement honoré de la sienne,

qu'il déshérita son fils pour avoir dérogé en prenant le parti du

théâtre.]

[2: Le père de madame Saint-Huberty était frère de mademoiselle Clavel.]

[3: C'est cette circonstance [que j'aurais pu payer cher] qui me jeta

dans l'illustre famille des Miromesnils.]

[4: Le prince Max, devenu roi de Bavière, était le souverain le meilleur

et le plus populaire. Lorsqu'en 1831 je fus à Bade, pendant la saison

des eaux, avec ma petite Nadèje, cette enfant excita, comme partout, un

vit intérêt. Le roi de Bavière voulut la voir, et lorsqu'il apprit que

j'étais la nièce de son ancien gouverneur, il m'envoya son chambellan

pour me prier de venir au château avec mon intéressante élève. Il

m'adressa les choses les plus obligeantes sur mon oncle, s'informant

avec bienveillance de tout ce qui lui était arrivé «Je lui dois, dit-il

au prince de Wissembourg qui se trouvait là, ce que je sais de

mathématiques, mais il s'est souvent plaint de moi pour le reste.

C'était un homme de mérite que votre oncle, madame, sévère; mais bon. Je

regrette qu'il n'ait pas vécu assez long-temps pour que j'aie pu lui

prouver que _ce jeune fou de prince Max_ faisait un grand cas de lui.

Mais dans ce malheureux temps nous étions tous dispersés.»]

[5: On veut toujours voir les grands hommes posés sur un piédestal, le

général à la tête d'une armée, l'orateur à la tribune, l'auteur sur le

théâtre. Voyons-les donc quelquefois en robe de chambre; dans leur

intérieur. S'il n'y a pas un grand homme pour son valet de chambre, en

est-il beaucoup pour sa femme?]

[6: Dans un ouvrage qui a paru il y a deux ans, voici comme on s'exprime

sur cette femme intéressante, après avoir parlé long-temps de Talma:

«Une femme spirituelle et riche vint combler le déficit, apportant au

grand acteur quarante mille livres de rente. Cette affaire s'arrangea

chez mademoiselle Contat; je dis _affaire_, car l'aimable prétendue

avait au moins vingt ans de plus que son mari.» Il y a là une grande

erreur de date, qu'il est facile de rectifier, pour l'honneur même de

Talma; car, s'il eut épousé à vingt-huit ans, une femme de cinquante

ans, parce qu'elle avait quarante mille livres de rente, qu'il l'eut

quittée après cinq ans de mariage, lorsqu'il lui en restait à peine six;

ce procédé eût été peu délicat, et je lui rends trop de justice pour le

penser.

Julie est morte en 1808, dix ans après son divorce, à l'âge de

cinquante-trois ans, elle en avait donc trente-sept en 90, lors de son

mariage; et elle était assez bien encore, pour qu'elle put se croire

aimée pour elle-même. Au reste, si mademoiselle Contat a été pour

quelque chose dans cette affaire, il paraît que les dames de la

Comédie-Française prenaient beaucoup de part aux liens contractés par

Talma, car mademoiselle Raucourt, de son côté, avait fait tout son

possible pour empêcher son second mariage avec madame Petit-Vanhove;

elle prévoyait sans doute que Talma ne serait pas plus fidèle que par le

passé.

Mais madame Petit était veuve, mère, maîtresse de ses actions; et les

conseils d'une amie ne purent avoir assez d'influence pour la faire

renoncer à un projet formé de longue date.

Quant à Julie, je trouve qu'il est peu généreux de parler avec cette

légèreté, d'une personne qui a tant souffert, et qui le méritait si Peu!

perdre à la fois son mari, sa fortune et ses enfants!... Le malheur est

si respectable, qu'il est des sujets qu'il devrait interdire.]

[7: Dans les mémoires que l'on a écrits sur cette famille, on dit que le

comte Guillaume avait beaucoup d'esprit. C'est une étrange erreur. Le

comte Jean et Mademoiselle Chon étaient les seuls qui méritaient cette

réputation.]

[8: Il y avait dans la famille des Dubarry, comme dans toutes les

familles nombreuses, des parents éloignés qu'ils ne connaissaient pas,

et dont les filles en se mariant avaient changé de nom; la plupart de

ces collatéraux ne tardèrent pas à se montrer lorsque la puissance de la

favorite fut connue.]

[9: Comme madame Lemoine n'est pas un personnage historique, qu'elle a

toujours évité ce qui pouvait la faire paraître avec trop d'éclat sur la

scène du monde, à cette époque surtout, où sa famille n'était que trop

en vue, on lui a presque toujours donné ce nom de _Lemoine_ jusqu'à son

mariage avec le comte Guillaume].

[10: J'ai vu le comte Jean en 1789. Il était alors très vieux.]

[11: J'ai entendu raconter tous ces détails quand j'étais à Toulouse

avec madame Saint-Huberty].

[12: C'était bien long-temps après la mort de Louis XV].

[13: Il périt en 1793. Moins heureux que son frère, parmi les nombreuses

beautés auxquelles il avait prodigué ses soins et son or, aucune ne se

trouva près de lui à cette époque désastreuse. Il avait 82 ans,

lorsqu'il fut conduit au tribunal révolutionnaire de Toulouse. Il

supporta son sort avec beaucoup de courage].

[14: Femme de Molé du Théâtre-Français.]

[15: Il a été parlé dans divers ouvrages de la fête qui fut donnée à

madame Saint-Huberty à Marseillle. Voici ce qu'on lit dans la

correspondance de Grimm. «Les dames les plus distinguées de la ville

formaient son cortège et montèrent avec elle sur une gondole portant le

pavillon de Marseille, qui était entourée de deux cents chaloupes

chargées de personnes de toutes les classes. Le peuple, accouru en

foule, dansait sur le port; il y eut des joutes où elle couronna le

vainqueur, qui lui fit hommage de sa couronne; à sa sortie de la

gondole, elle fut saluée par une salve d'artillerie, enfin ce fut

véritablement la fête de la Reine des Arts.»]

[16: Il fallait qu'elle eût dans ses manières quelque chose de bien

imposant, car je n'ai jamais pu me décider à dire: «_Ma tante_», en lui

parlant, tant je la trouvais d'une nature supérieure à la mienne.]

[17: Grimm.]

[18: Voici ce qu'on lit à ce sujet dans la correspondance de Grimm:

«La fille du célèbre Quinault (l'auteur des poëmes de nos premiers

opéras) était une femme célèbre, chez laquelle se réunissaient toutes

les sommités de la noblesse de son temps; elle portait le cordon de

Saint-Michel, à raison d'un superbe motet qu'elle avait composé pour la

chapelle de Marie Lesczinska. C'était la première femme à qui on eut

donné le cordon noir, dont on a gratifié depuis madame Saint-Huberty.

«La duchesse de Bouillon, la princesse de Soubise, le grand prieur

d'Auvergne, le vidame de Vassé, le comte d'Estaing, le duc de Penthièvre

(Petit-fils de Louis XIV), se rencontraient chez mademoiselle Quinault.

Elle avait été chanteuse à l'Opéra; son grand-père avait été ennobli par

le feu roi. Lors de sa mort, les premiers princes du sang envoyèrent

leurs équipages et leurs premiers officiers à son enterrement.»]

[19: Après la mort de ce domestique, on a trouvé les enveloppes qu'il

avait cachées dans sa malle.]

[20: On ne prévoyait pas alors que M. de Cazalès dût jouer un si grand

rôle à l'Assemblée Constituante; et je ne me doutais guère, lorsque

j'écrivais ceci, que cet homme, si indolent, si distrait, et dont je me

moquais, deviendrait, peu d'années après, un homme aussi célèbre.]

[21: On n'était point accoutumé alors à ce luxe de spectacle, de

costume, de changements à vue. Un palais, une chambre de Molière, une

forêt, un hameau, quelquefois une prison, formaient tout le matériel des

décorations. Dans la tragédie, un costume de satin blanc à bandes rouges

pour les Romains, une cuirasse, un dessous de buffle et un casque pour

les chevaliers, un habit espagnol, un ridicule costume turc, c'était là

tout ce qui composait la garde-robe des acteurs de province et même de

Paris.

Lorsque je suis arrivée à Paris, en 1789, l'Amour, de _Psyché_, avait

encore des bas et une culotte de taffetas couleur de chair, avec des

boucles de jarretières en pierreries, et des souliers noirs brodés de

paillettes. Bans le _Jugement de Midas_, opéra de Grétry, Apollon

tombait des nues poudré à frimats.]

[22: C'est sans doute ce combat d'arlequin avec le dindon qui a donné

l'idée de celui des _Petites-Danaïdes_ où Potier était si plaisant].

[23: Il ne partit qu'en 1792.]

[24: M. de Cazalès était l'homme le plus distrait qu'il fût possible de

rencontrer.]

[25: Beau-Frère de Casimir-Perrier.]

[26: Parent du comte Jean Dubarry.]

[27: M. de Catelan, depuis pair de France, avocat-général au Parlement

de Toulouse, fut un des premiers qui protesta contre l'impôt. Lorsqu'il

fut envoyé au château de Lourdes, le peuple détela sa voiture pour

l'empêcher de partir. Il fut obligé de haranguer la foule afin qu'on lui

permît de ne pas se révolter contre les ordres du gouvernement. Quelques

années après il fut brûlé en effigie par ce même peuple qui l'avait

porté en triomphe. M. Millin disait à une dame de ses amies: «Où est le

temps où il ne brûlait que pour vous!» Lorsque les parlements

protestèrent contre l'impôt territorial, il parut des caricatures fort

amusantes. Tous les parlements y étaient enrégimentés; ceux de Bordeaux,

de Toulouse de Dijon, de Grenoble, plus renommés pour leur courage,

poussaient les autres, la baguette dans les reins, afin de les empêcher

de reculer.]

[28: Il est à remarquer que ce sont souvent leurs plus faibles ouvrages

auxquels les auteurs donnent la préférence, comme les mères montrent le

plus de tendresse au plus laid de leurs enfants.]

[29: Madame Raimond].

[30: Soeur de Marie-Antoinette].

[31: Fistum était maître de chapelle de la cour, il avait l'entreprise

des concerts des trois principales villes de la Belgique. Bruxelles,

Anvers et Gand. C'était un homme de beaucoup de talent].

[32: Célèbre général du temps de la révolution de la Belgique].

[33: Frère du marquis de Sillery.]

[34: Officier distingué et homme de lettres.]

[35: Dans une comédie du temps (_l'École des Pères_, de M. Peyre). un

père reproche à son fils de se présenter avec cet indécent gilet et

cette bigarrure.]

[36: Coiffeur de la reine dans le genre gracieux.]

[37: J'ai vu avec étonnement que madame la duchesse d'Abrantès, qui cite

M. Millin comme un homme de sa société intime, ne lui fasse jamais dire

que des choses insignifiantes.]

[38: La femme de l'auteur de _Tamas Kouli-Kan_, et de plusieurs

traductions d'opéras italiens.]

[39: Le comte de Tilly s'est brûlé la cervelle à Bruxelles sous la

Restauration.]

[40: Nous ne connaissions point alors cette expression de dialogue ou de

situation rendue par un instrument qui peint tout un sujet, et dont M

Berlioz nous a développé les moyens avec un rare talent; il est poète,

il est dramatique dans ses compositions, et vous fait éprouver une

émotion qui vous identifie avec le sujet.]

[41: Je revis M. de Rouhaut à Tournay, lorsque l'émigration n'était pas

encore hostile, et cela me rappelle un trait assez plaisant. On jouait

_Richard-Coeur-de-Lion_. Cette pièce était toujours celle que préférait

la ferveur des royalistes. Quand l'acteur chanta

Ô Richard, ô mon roi,

L'univers t'abandonne;

l'enthousiasme monta à un tel point d'exaspération, que ces messieurs

franchirent le théâtre, M. de Rouhaut à leur tête, en criant: «Oui, nous

le délivrerons!» Et ils emportèrent en triomphe l'acteur qui jouait le

rôle de Richard. Il put dire comme arlequin dans _La vie est un songe_:

Et sous cet habit mince,

Jouissons un moment du plaisir d'être prince.

]

[42: Il a péri en 1795. On jouait une de ses pièces le jour même où il

fut conduit à l'échafaud.]

[43: Madame Lemoine ne pouvait souffrir Mirabeau, mais elle aimait

beaucoup son frère.]

[44: On venait de publier les _lettres à Sophie_.]

[45: C'est dans cette maison qu'il est mort. Je m'étonne qu'un grand

souvenir ne se soit pas attaché à cette habitation. La maison où meurt

un homme célèbre vaut bien une de ces ruines que l'on va chercher si

loin.]

[46: On sait qu'à cette époque les princes et beaucoup du personnes de

la cour étaient sortis de France].

[47: C'est le premier nom du théâtre de la rue de Richelieu.]

[48: Valois était du nombre des acteurs de province que l'on avait fait

venir à l'ouverture du théâtre, avant que la séparation des acteurs du

faubourg Saint-Germain y eût appelé Talma. Valois avait du talent: aussi

ne voulut-il pas rester en double et retourna-t-il en province.]

[49: On y joua plusieurs ouvrages du même autour, _l'Orpheline, la

Joueuse, Charles et Caroline_, où Michot était parfait, ainsi que M. et

madame Saint-Clair.]

[50: J'étais alors fort jeune et la plupart d'entre eux étaient déjà

d'un âge mûr.]

[51: M. Samson, du Théâtre Français.]

[52: À cette époque, il y avait encore un parterre sans claqueurs; si

l'on formait une cabale, le bon goût en faisait bientôt justice.]

[53: Henri Monnier a marché sur ses traces avec beaucoup de bonheur.]

[54: Il est des réponses qui se répètent et passent en tradition, parce

qu'elles ont été dites à leur époque par des gens ignorants, ou

malveillants. J'entends tous les jours redire à l'occasion de Larive,

par des artistes qui en sont eux-mêmes persuadés parce qu'ils l'ont

entendu raconter par d'autres, qu'il se regardait avec beaucoup de

complaisance, lorsqu'il disait dans _Oedipe_ de Voltaire:

J'étais jeune et superbe.

Larive était un homme instruit qui ne pouvait confondre la signification

des mots, et qui savait fort bien que là, _superbe_, n'est pas la beauté

des formes Celui qui le premier a voulu lui donner ce ridicule, était un

homme jaloux de ses succès et qui savait bien qu'on a toujours la

mémoire heureuse pour ce qui est au désavantage des autres. Larive a

fait un ouvrage sur l'art dramatique qui prouve qu'il en connaissait

toutes les expressions.]

[55: L'acteur qui jouait ce rôle à la première représentation, pour

donner plus de force à son jeu, frappa sur l'épaule d'Aldobrandin, ce

qui excita la gaîté du public et passa depuis en tradition.]

[56: Petite fille de l'auteur de _Gil Blas_ et de _Turcaret_.]

[57: C'est le lieu où les Anglais vont se marier sans le consentement de

leurs parents.]

[58: 21 avril 1794.]

[59: M. Touchard-Lafosse, dont les souvenirs sont exacts sur beaucoup de

points, répète ce qui fut dit alors, et se trompe comme beaucoup

d'autres.]

[60: Lors de la rentrée de louis XVIII, je lus dans les journaux que le

comte de Vergnette avait remis à sa majesté l'oriflamme de

Charles-Martel, qu'il avait eu le bonheur de sauver au péril de sa vie.

En vérité j'y étais bien pour quelque chose. Ce que je viens de raconter

était un épisode qui devait faire partie de la relation que je publiai

peu de temps après sous le titre d'_Incendie de Moscou_. Je le

retranchai dans la crainte qu'on ne crût que je voulais en tirer vanité.

Tous mes amis m'en ont blâmée, mais j'aurais craint dans ce moment de

distraire l'intérêt que devait inspirer un vieillard, un brave militaire

qui avait dû courir bien d'autres dangers dans l'émigration, et qui

n'aurait pu parvenir (même aux dépens de sa vie), à sauver seul

l'oriflamme, puisqu'en frappant le colonel il eût été repris.]

[61: Pendant près de vingt ans que j'ai rencontré M. Coupigny à

différentes époques, jusqu'à celle de sa mort, il n'avait changé ni de

figure ni de tournure; il semblait ne s'être pas décoiffé ni déshabillé

depuis la première fois que je l'avais vu.]

[62: Celui auquel s'intéressait cette jeune dame, amie de madame

Michot.]

[63: Bien des années après, me promenant aux Tuileries, je me trouvai en

face de M. D... Je fus tellement saisie, que je me trouvai mal et qu'on

fut obligé de m'emporter dans un café. En revenant à moi, la première

personne que mes yeux rencontrèrent, c'était lui. Nous revînmes nous

asseoir dans l'allée, et il me conta avec détail ce qui avait pu donner

lieu à croire qu'il avait péri dans les journées de septembre.]

[64: Juif portugais.]

[65: Ce discours se trouve textuellement dans le journal de Marat, mais

il n'y a ni la réponse de Talma ni celle de Dumouriez. Ces deux réponses

manquent également dans l'_Histoire de la Révolution_, par M. Thiers.]

Souvenirs d'une actrice (1/3) · 第 29 / 30 题