_Entrée des troupes françaises à Strasbourg_
Le maréchal Pétain, qu'accompagnait le général de Castelnau, a fait
aujourd'hui son entrée solennelle dans Strasbourg, à la tête des
troupes de l'armée Gouraud.
C'est aux acclamations d'une population débordante d'enthousiasme et
d'émotion que les régiments français ont défilé dans la grande cité
alsacienne magnifiquement parée aux couleurs nationales.
Dans un long cri de "Vive la France!" inlassablement répété, tout un
peuple a exprimé sa joie de retrouver la patrie perdue et affirmé au
monde l'inébranlable attachement de l'Alsace à la France.
_Communiqué officiel français du 25 novembre._
Le maréchal Foch, accompagné du général de Castelnau, s'est rendu
aujourd'hui à Strasbourg. Il y a passé en revue les troupes
d'occupation, puis a traversé la ville à leur tête.
Une foule considérable et enthousiaste se pressait sur son passage et a
fait une magnifique ovation au maréchal commandant en chef les armées
alliées.
_Communiqué officiel français du 27 novembre._
[Illustration]
1er Décembre 1918.
_Les Armées alliées occupent l'Allemagne_
Aujourd'hui les troupes avancées de la 2e armée britannique commandées
par le général sir H. Plumer ont traversé la frontière entre Beho et
Fupen et se sont dirigées vers le Rhin.
_Communiqué officiel britannique du 1er décembre._
La 3e armée américaine a franchi la frontière allemande.
_Communiqué officiel américain du 1er décembre._
L'autorité militaire alliée prend le commandement du pays. Elle exige
de tous la plus stricte obéissance.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
La présente proclamation consacre l'occupation du pays par les armées
alliées: elle marque à chacun son devoir qui est d'aider à la reprise
de la vie locale dans le travail, le calme et la discipline: que tous
s'y emploient activement.
_Le Maréchal de France
Commandant en chef les armées alliées_,
FOCH.
_Proclamation du maréchal Foch affichée dans les territoires allemands
occupés par les armées alliées._
..... La Tâche de demain! Quel sujet offert à nos méditations et,
je puis dire, à nos anxiétés! Nous n'osons guère nous demander à
nous-mêmes ce que sera le lendemain de cette guerre qui aura fait tant
de ruines et remué si profondément toutes les couches de notre société.
Comment réparerons-nous ces ruines, comment reprendrons-nous le cours
de notre vie régulière, quel changement se sera fait dans les esprits,
dans les cœurs de ceux qui reviendront des tranchées et aussi de ceux
qui, ayant vécu loin des combats, en auront ressenti les contre-coups?
Quel sera l'état moral de la France au lendemain de la paix? Avec
quelles résolutions intérieures abordera-t-elle les redoutables
problèmes qui se poseront au sujet de la reconstitution de nos forces
matérielles et de la direction de nos énergies spirituelles?
_Discours prononcé, le 12 décembre 1915, à la Séance publique
annuelle de l'Académie des Sciences morales et politiques, par
M. Ribot, ministre des Finances._
[Illustration]
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