_L'Emprunt de la Victoire_
..... Il ne suffit pas de faire son devoir les armes à la main et
d'être prêt à verser son sang sur un champ de bataille ou dans les
tranchées. Cela est beau, cela est héroïque. Mais tout le devoir n'est
pas rempli: il faut, en outre, apporter les réserves dont on dispose au
lieu de les garder jalousement, comme un avare.
Ce qu'il faut dire au pays, c'est qu'à cette heure l'égoïsme n'est pas
seulement une lâcheté, une sorte de trahison, mais qu'il est la pire
des imprévoyances. Que deviendraient ces réserves si la France devait
être vaincue?
Elles seraient la rançon de la défaite au lieu d'être le prix de la
victoire.
_Discours prononcé à la Chambre des Députés par M. Ribot, ministre
des Finances, le 12 novembre 1915._
..... Il y a, à cette heure, plus de 700 millions de rente et nous
croyons (tout n'est pas vérifié et je ne veux apporter que des chiffres
certains) que le chiffre définitif de rentes souscrites dépassera
720 millions et atteindra peut-être 725 millions. Cela, en capital,
représente 14 milliards dont nous sommes certains à l'heure présente et
probablement 14 milliards et demi.
_Discours prononcé à la Chambre des Députés, le 24 décembre 1915,
par M. Ribot, ministre des Finances._
[Illustration]