Vous savez avec quelle joie les combattants ont appris que le
Gouvernement leur faisait accorder une permission de quatre jours.
Mais cette joie a été douchée tout de suite quand ils ont su qu'il
leur faudrait voyager à leurs frais.
A leurs frais! Mais sur quelle solde, sur quelles économies tel vieux
père de la territoriale logé présentement, par exemple, près de
l'Yser et impatient jusqu'aux larmes d'aller embrasser sa femme et
ses gosses au loin, bien loin de là, en Limousin, en Auvergne ou en
Provence, prélèvera-t-il le prix de son quart de place?.....
_Lettre de MM. Mayéras, Pierre Laval et Navarre à M. Sembat, ministre
des Travaux publics, pour demander la gratuité du voyage pour les
permissionnaires._
[Illustration]