Je viens, pour obéir au ministre de la Guerre, vous donner de nos
nouvelles.
A l'heure même où vous partiez, toutes nos discordes se sont apaisées:
nous ne sommes plus qu'une grande famille de qui la jeunesse est partie
pour aller défendre à la frontière le patrimoine sacré légué par nos
ancêtres.
Des adversaires d'hier, qui souvent échangeaient de mortelles injures,
s'efforcent ensemble d'assurer les moyens de vivre aux familles de ceux
qui offrent leur sang à la patrie.
Vous avez peut-être peine à croire que des royalistes, des
bonapartistes, des républicains modérés, des radicaux, des socialistes,
des révolutionnaires, et Mgr l'archevêque de Paris, et le grand rabbin
et des protestants, et des libres-penseurs s'accordent fraternellement.
Cela est, cependant, et je le vois tous les jours.
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_Article de M. Ernest Lavisse, publié par le_ Bulletin des Armées de
la République.
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