— Calcitrapa L. — Roch. All.

*— microcarpa Coss. et DR. — All.

Kentrophyllum lanatum DC. — All.

Picnomon Acarna Cass. — All.

Hyoseris scabra L. — All.

— radiata L. — Roch.

Hypochæris arachnoidea Poir. — All.

Sonchus divaricatus Desf. — All.

— spinosus DC. — All.

Andryala tenuifolia DC. — All.

*Campanula Atlantica Coss. et DR. — Roch.

Olea Europæa L. — Roch. All.

Nerium Oleander L. — Roch. All.

Dœmia cordata R. Br. — All.

Apteranthes Gussoniana Mik. — Roch. sup.

Erythræa spicata Pers. — All.

— pulchella Fries. — All.

Echium maritimum Willd. — All.

Cynoglossum cheirifolium L. — All.

Lycium mediterraneum Dun. — All.

Hyoscyamus albus L. — All.

Lavandula multifida L. — All.

Mentha Pulegium L. — All.

Thymus ciliatus Benth. _var._ — Roch.

Rosmarinus officinalis L. — Roch.

Salvia Ægyptiaca L. — All.

Ziziphora Hispanica L. — All.

*Stachys Guyoniana de Noé. — Roch. Murs humides.

Ballota hirsuta Benth. — Roch. All.

Teucrium Polium L. — All.

Statice Thouini Viv. — All.

Plantago albicans L. — All.

Blitum virgatum L. _var._ minus Vahl. — All.

Caroxylon articulatum Moq.-Tand. — All.

Salsola vermiculata L. — All.

Rumex vesicarius L. — All.

Euphorbia verrucosa L. — Roch.

Mercurialis annua L. — All.

Celtis australis L. — All.

Urtica pilulifera L. — All.

Parietaria diffusa Mert. et Koch. — Roch.

Forskalea tenacissima L. — All.

Juniperus Phœnicea L. — Roch.

Pennisetum Orientale Rich. — Roch. All.

Imperata cylindrica P. B. — All.

Stipa tenacissima Desf. — All.

— parviflora Desf. — All.

Aristida Adscensionis L. — All.

Melica ciliata L. — Roch.

Dactylis glomerata L. — All.

Ægilops ovata L. _var._ triaristata. — All.

— ventricosa Tausch. — Roch. sup.

TRAJET DE LA RÉGION SAHARIENNE A BATNA ;

RÉGION MONTAGNEUSE DE L’AURÈS.

Après avoir quitté Beni-Souik en jetant un dernier regard sur

les oasis qui s’étendent à nos pieds, nous descendons la pente

rapide qui nous amène au fond de la vallée. Le lit de la rivière

dans lequel nous marchons est bordé de Lauriers-Rose et de _Celtis

australis_ formant d’épais massifs. Des troncs de Dattiers creusés

en canal, et appuyés sur les berges élevées, portent dans l’oasis

les eaux des _saguia_ qui sillonnent les flancs de la montagne. Des

Ronces, des Clématites en fleurs, s’élèvent entre les Grenadiers

et les Abricotiers qui couvrent les berges, et la Vigne s’enlace

entre les troncs des Dattiers, dont les cimes forment au-dessus de nos

têtes de magnifiques ombrages. La fraîcheur, le murmure des eaux, la

pureté du ciel, tout semble concourir à embellir ce site enchanteur.

Les rochers de la pente abrupte qui surmonte la rive gauche de

l’Oued Abdi nous offrent le _Capparis rupestris_, le _Genista

cinerea_, le _Ballota hirsuta_ et le _Poterium ancistroides_, qui

croissent dans leurs anfractuosités. L’_Atractylis microcephala_

couvre encore toutes les parties pierreuses. Le _Rhus dioica_ et le

_Lycium mediterraneum_ forment çà et là d’épais buissons, et

l’on voit apparaître le _Pistacia Atlantica_. Les plus beaux arbres

sont des Oliviers sauvages, et le tronc de l’un d’eux mesure

plus de 4 mètres de circonférence. — Après avoir traversé un

ravin qui descend du Djebel Bous, nous gravissons une pente qui nous

amène aux plateaux élevés précédant la vallée de Ménah. Sur

ces plateaux, des champs d’Orge encore sur pied (3 juin) et d’une

belle végétation occupent d’assez vastes espaces, quoique la

disposition du sol ne permette pas de les arroser ; ces moissons

nous offrent un certain nombre d’espèces que nous avons déjà

observées ailleurs dans la région des hauts-plateaux : _Cerastium

dichotomum_, _Anthyllis Numidica_, _Crucianella angustifolia_,

_Androsace maxima_, _Rochelia stellulata_, _Ziziphora Hispanica_,

_Sideritis montana_. — Des Genévriers, le _Rosmarinus officinalis_

et l’_Anthyllis Numidica_, des touffes de _Zizyphus Lotus_, de

_Cistus Clusii_, y forment de nombreuses broussailles ; l’_Artemisia

Herba-alba_, l’_Anabasis articulata_ et l’_Herniaria fruticosa_

couvrent de larges surfaces ; les _Stipa tenacissima_ (alfa)

et _barbata_, le _Lygeum Spartum_ et le _Cynara Cardunculus_,

sont assez abondants. — Une pente argileuse et ravinée descend

de ce plateau dans la vallée de Ménah. Dans l’un des ravins,

nous trouvons quelques pieds rabougris du _Linaria scariosa_, que

M. Hénon avait recueilli dans les atterrissements de l’Oued Biskra.

La ville de Ménah, située à environ 900 mètres d’altitude,

est construite sur une colline, dans une vallée assez large, vers

le confluent de l’Oued Bouzina et de l’Oued Abdi, dont les eaux

en arrosent les cultures et les jardins. Ce centre de population est

le plus important de ceux que nous ayons visités dans notre voyage

de l’Aurès. On y retrouve encore quelques ruines romaines. Une

mosquée est construite dans la partie inférieure du village, près

de la maison du caïd. Une vaste salle, qui avait servi de refuge au

bey de Constantine après la prise de cette ville par les Français,

nous est assignée pour notre campement ; mais des légions de puces

nous forcent bientôt à déloger, et à installer notre tente sur

la terrasse même de la maison.

L’étendue de la vallée, l’abondance des eaux, ont permis à

l’industrie des habitants de créer d’importantes cultures et

des jardins où le Dattier, qui ne mûrit plus qu’imparfaitement

ses fruits, n’apparaît que çà et là comme une réminiscence des

oasis que nous venons de quitter. Les jardins et les vergers, groupés

sous forme d’oasis, s’étendent jusqu’à l’entrée du ravin

creusé par les eaux abondantes et douces de l’Oued Bouzina. De

même qu’à Branis et à Djemora, des _saguia_ sont creusées à

une grande hauteur sur les parois abruptes des rochers qui encaissent

le ravin. La partie de la vallée, qui n’est pas occupée par les

jardins et les vergers, présente des champs entourés de murs en

pierres sèches, où sont semés le Blé et l’Orge. A l’époque

de notre passage (4 juin), les indigènes étaient tous occupés

de la moisson qui commençait. Le Blé était récolté avec la

paille entière, au lieu d’être coupé seulement au-dessous de

l’épi comme dans la plaine saharienne d’El-Outaïa. Dans le

même champ se trouvaient souvent réunies les variétés barbues du

Blé dur et du Blé tendre, avec quelques-unes des variétés de nos

Blés d’Europe qui y étaient beaucoup moins abondantes. Dans les

vergers se retrouvent l’Abricotier, le Figuier, le Grenadier et

la Vigne ; le Noyer y est plus rare. Parmi les cultures des jardins

nous devons noter les Fèves, la Garance qui y est cultivée avec

assez d’intelligence, et la Tomate qui n’y est plantée que plus

rarement. La présence du _Cynara Cardunculus_ dénote partout la

profondeur du sol. Le Laurier-Rose et une forme à larges feuilles

du _Salix pedicellata_ croissent en abondance aux bords des eaux.

_Liste des plantes observées aux environs de Ménah_[29].

Ceratocephalus falcatus Pers. — Plat.

Ranunculus repens L. — M.

Rœmeria hybrida DC. — Plat.

Glaucium corniculatum Curt. — Plat.

Hypecoum pendulum L. — Plat.

Fumaria parviflora Lmk. — M.

— micrantha Lagasc. — M.

*Alyssum scutigerum DR. — Plat.

Sisymbrium Irio L. — M.

— runcinatum Lagasc. — M.

— torulosum Desf. — Plat.

Brassica Gravinæ Ten. — M. Rav.

Sinapis pubescens L. — Cot.

— arvensis L. — M.

Diplotaxis erucoides DC. — M.

— pendula DC. — Rav.

Eruca sativa Lmk. — Plat.

Rapistrum Linnæanum Boiss. et Reut. — Plat.

Cistus Clusii Dun. — Plat. Cot.

Helianthemum glutinosum Pers. — Plat.

Reseda alba L. — M.

*Gypsophila compressa Desf. — Cot.

Saponaria Vaccaria L. — Plat.

Cerastium dichotomum L. — Plat. M.

Geranium rotundifolium L. — M.

Ruta angustifolia Pers. — Cot.

Zizyphus Lotus L. — Plat.

Rhamnus Alaternus L. — Plat.

— lycioides L. — Rav.

*Genista microcephala Coss. et DR. — Cot.

Ononis brachycarpa DC. — Cot.

— reclinata L. — Plat.

*Anthyllis Numidica Coss. et DR. — Plat.

Medicago orbicularis Willd. — Plat.

— minima Lmk. — M.

— Gerardi W. et Kit. — Cot.

Trifolium fragiferum L. — M.

Lotus corniculatus L. — Rav.

Psoralea bituminosa L. — Rav.

*Astragalus tenuifolius Desf. — Cot.

Hippocrepis unisiliquosa L. — M.

*Ebenus pinnata Desf. — Plat. Cot.

Vicia sativa L. — M.

Rubus fruticosus L. _var._ discolor. — M.

Potentilla reptans L. — M.

Poterium Magnolii Spach. — M.

Herniaria annua Lagasc. — Cot.

Paronychia argentea Lmk. — Plat.

Polycarpon Bivonæ J. Gay. — Cot.

Minuartia montana Lœfl. — Cot.

Umbilicus horizontalis DC. — Cot.

Aizoon Hispanicum L. — M.

Helosciadium nodiflorum Koch. — M.

*Deverra scoparia Coss. et DR. — Cot.

Caucalis leptophylla L. — Plat.

Turgenia latifolia Hoffm. — Plat.

Bifora testiculata L. — M.

Asperula hirsuta Desf. — Cot.

Crucianella angustifolia L. — Cot.

— patula L. — Plat.

Rubia tinctorum Lmk. — _subsp._

Galium erectum Huds. — Cot.

— tricorne With. — Plat.

— setaceum Lmk. — M.

Callipeltis Cucullaria Stev. — Rav.

Scabiosa maritima L. — M.

Micropus bombycinus Lagasc. — Plat.

Pulicaria Arabica Cass. — Plat.

Pallenis spinosa Cass. — M.

Anthemis tuberculata Boiss. — Cot. Rav.

Anacyclus tomentosus DC. — M.

Artemisia campestris L. — M.

— Herba-alba Asso. — Plat. M.

Gnaphalium luteo-album L. — M.

Filago Jussiæi Coss. et Germ. — M.

Xeranthemum inapertum Willd. — Plat. M.

*Carlina involucrata Desf. — Cot.

Atractylis cancellata L. — Cot.

Centaurea alba L. — Cot.

*— acaulis L. — M.

— Nicæensis All. — M.

Onopordon macracanthum Schousb. — M.

Cynara Cardunculus L. — Plat. Cot.

Carduus pycnocephalus L. — M.

Picnomon Acarna Cass. — Cot.

Scolymus Hispanicus L. — M.

Seriola Ætnensis L. — M.

Urospermum Dalechampii Desf. — M.

Sonchus maritimus L. — M.

Androsace maxima L. — Plat.

Samolus Valerandi L. — M.

Nerium Oleander L. — M.

Convolvulus lineatus L. — Plat.

*Echium humile Desf. — Cot.

Nonnea micrantha Boiss. et Reut. — Cot.

Lithospermum arvense L. — Plat.

Cynoglossum pictum Ait. — M.

Rochelia stellulata Rchb. — Plat.

*Celsia betonicæfolia Desf. — M.

*Linaria scariosa Desf. — Ravins argileux au-dessus de Ménah.

*Anarrhinum fruticosum Desf. — Cot.

Scrophularia auriculata L. — M.

— canina L. — Cot.

Verbena officinalis L. — M.

Mentha rotundifolia L. — M.

— sylvestris L. — Rav.

— Pulegium L. — M.

Rosmarinus officinalis L. — Plat. Cot.

Salvia Verbenaca L. — M.

Ziziphora Hispanica L. — Plat. Cot. Rav.

Sideritis montana L. — Plat.

Lamium amplexicaule L. — M.

Ballota hirsuta Benth. — Cot.

Teucrium campanulatum L. — M.

Ajuga Chamæpitys Schreb. — M.

Plantago major L. — M.

— albicans L. — Plat.

— Psyllium L. — M.

Chenopodium Vulvaria L. — M.

Anabasis articulata Moq.-Tand. — Plat.

Euphorbia helioscopia L. — M.

*— luteola Coss. et DR. — Abondant aux bords des chemins.

Parietaria diffusa Mert. et Koch. — M.

Salix pedicellata Desf. — M.

Juniperus Phœnicea L. — Plat.

Asparagus horridus L. — Plat.

Juncus lamprocarpus Ehrh. — M.

Scirpus Holoschœnus L. — M.

Carex divisa Huds. — M.

— echinata Desf. — Rav.

Lygeum spartum Lœfl. — Plat.

Stipa tenacissima Desf. — Plat. Cot.

— barbata Desf. — Plat. Cot.

— parviflora Desf. — Cot.

Echinaria capitata Desf. — Plat.

Avena sterilis L. — M.

Melica ciliata L. — M.

Dactylis glomerata L. — M.

Festuca arundinacea Schreb. — M.

Bromus tectorum L. — Cot.

— rubens L. — Plat.

Elymus crinitus Schreb. — Plat. M.

Ægilops ventricosa Tausch. — Plat.

Equisetum ramosissimum Desf. — Rav.

Adianthum Capillus-Veneris L. — M.

La route de Ménah à Chir passe au pied d’une montagne élevée

couverte de bois, dont l’essence principale nous a paru être

le _Pinus Halepensis_, mais qu’il ne nous a pas été permis

de visiter, car ce lieu était encore pour les habitants un sujet

d’effroi. Sur un des contre-forts les plus abrupts de la montagne,

on voit les ruines de Narah, véritable nid d’aigle, dont les

belliqueux habitants descendaient pour dévaster les cultures de leurs

voisins, avant que la domination française fût venue apporter à

ces contrées la paix et la sécurité. — A quelques kilomètres

de Ménah, les eaux de l’Oued Abdi sont presque épuisées par de

nombreux canaux d’irrigation. — Aux environs de Chir, le Noyer

commence à devenir l’arbre dominant de tous les vergers.

Chir (environ 1320 mètres d’altitude) est construit, comme les

autres villages de la vallée, sur la pente des montagnes qui bordent

le cours de l’Oued Abdi. Son importance est beaucoup moindre que

celle de Ménah, et nous ne nous y arrêtons que quelques instants.

Entre Chir et Haïdous, les pentes des montagnes présentent

de nombreux villages, situés généralement sur la rive gauche

de l’Oued Abdi, dont les eaux fertilisent les vergers et les

moissons. — La plante la plus remarquable que nous trouvions sur

les bords de la route de Chir jusqu’à Haïdous est le _Salvia

Balansæ_, qui n’avait encore été observé qu’à Mostaganem,

et dont nous ne rencontrons ici que quelques pieds isolés.

_Liste des plantes observées aux environs de Chir et entre Chir

et Haïdous_[30].

*Gypsophila compressa Desf. — Cot.

Silene nocturna L. — Cot.

Rhodalsine procumbens J. Gay. — Cot.

Cerastium dichotomum L. — Vall.

Malope stipulacea Cav. — Vall.

Erodium guttatum Willd. — Cot.

Pistacia Atlantica Desf. — Vall.

*Genista microcephala Coss. et DR. — Vall.

Ononis Natrix L. — Cot.

*Anthyllis Numidica Coss. et DR. — Vall.

Herniaria fruticosa L. — Cot.

Paronychia nivea DC. — Cot.

Callipeltis Cucullaria Stev. — Cot.

Artemisia campestris L. — Vall.

— Herba-alba Asso. — Vall.

*Othonna cheirifolia L. — Vall.

*Carlina involucrata Desf. — Vall.

*Atractylis cæspitosa Desf. — Vall.

Centaurea Parlatoris Heldr. — Cot.

Onopordon macracanthum Schousb. — Vall.

*Leontodon helminthioides Coss. et DR. — Cot.

Sonchus maritimus L. — Vall.

— spinosus DC. — Cot. Vall.

*Fraxinus dimorpha Coss. et DR.

Echium Italicum L. — Vall.

Scrophularia canina L. — Vall.

Thymus ciliatus Benth. _var._ — Vall.

*Salvia Balansæ de Noé. — Vall.

Ziziphora Hispanica L. — Vall.

Teucrium Polium L. — Vall.

Blitum virgatum L. _var._ minus Vahl. — Vall.

*Euphorbia luteola Coss. et DR. — Vall.

Ulmus campestris L. — Vall.

Celtis australis L. — Vall.

Salix pedicellata Desf. — Vall.

Quercus Ilex L. — Vall.

— — _var._ Ballota. — Vall.

Phalaris truncata Guss. — Vall.

Stipa parviflora Desf. — Cot.

Kœleria Valesiaca Gaud. — Vall.

Au-dessous d’Haïdous s’étendent de nombreux vergers où domine

le Noyer, qui y acquiert des proportions que nous lui avons rarement

vu prendre en Europe, et où se rencontrent également la Vigne et

le Pommier. Les _Quercus Ilex_ et sa variété _Ballota_, _Ulmus

campestris_, _Fraxinus dimorpha_ qui là devient un grand arbre,

et le _Pistacia Atlantica_, forment généralement avec le _Celtis

australis_ et le _Salix pedicellata_ une ceinture autour de ces

vergers ; et il ne nous a pas toujours été possible de savoir

si ces arbres croissaient spontanément, ou si leur introduction

était due à l’industrie des habitants. — Haïdous (environ

1350 mètres d’altitude) est construit sur la pente septentrionale

et au-dessous du sommet des montagnes qui longent la rive gauche de

l’Oued Abdi. Les Noyers sont plantés jusqu’au pied du village,

et c’est à l’abri d’un de ces beaux arbres que nous trouvons

préparé notre campement. Au-dessus du village, la montagne est

couverte de nombreux buissons de _Fraxinus dimorpha_ au tronc rabougri

et aux feuilles toutes conformes et suborbiculaires. Les terrains

remués qui longent l’un des sentiers qui conduisent au village

nous offrent réunies les deux espèces du genre _Hohenackeria_,

et c’est le point le plus élevé de l’Algérie où nous ayons

observé ces deux plantes.

_Liste des plantes observées sur les alluvions de l’Oued Abdi,

aux environs d’Haïdous_.

Alyssum campestre L.

*— scutigerum DR.

Sisymbrium runcinatum Lagasc.

Eruca sativa Lmk.

Reseda alba L.

Arenaria serpyllifolia L.

Cerastium dichotomum L.

Geranium rotundifolium L.

Pistacia Atlantica Desf.

*Medicago secundiflora DR.

— minima Lmk.

— Gerardi W. et Kit.

Astragalus sesameus L.

*— geniculatus Desf.

Arthrolobium scorpioides DC.

Hippocrepis unisiliquosa L.

Turgenia latifolia Hoffm.

Torilis nodosa Gærtn.

Scandix Pecten-Veneris L.

Galium tricorne With.

Callipeltis Cucullaria Stev.

Micropus bombycinus Lagasc.

*Othonna cheirifolia L.

Picnomon Acarna Cass.

*Fraxinus dimorpha Coss. et DR.

Rochelia stellulata Rchb.

Mentha sylvestris L.

Blitum virgatum L. _var._ minus Vahl.

*Euphorbia luteola Coss. et DR.

Ulmus campestris L.

Salix pedicellata Desf.

Bromus squarrosus L.

En quittant Haïdous, nous traversons des bois peu élevés et

des broussailles composés de _Fraxinus dimorpha_ et de _Juniperus

Phœnicea_, et nous gagnons la rive opposée où se retrouvent des

pieds espacés des mêmes arbres. Nous y remarquons, en outre, le

_Juniperus Oxycedrus_, qui là atteint le plus grand développement

que nous lui ayons vu prendre. Des champs calcaires, à peu de

distance du village de Télet, présentent de riches moissons, où

nous rencontrons en abondance les _Phalaris truncata_, _Cerastium

dichotomum_, _Leontodon helminthioides_, et une espèce nouvelle de

_Ranunculus_ (_R. rectirostris_).

Télet (environ 1520 mètres d’altitude), petit village construit

sur un plateau étroit à la base du Djebel Groumbt-el-Dib, nous

sert de halte pour nous préparer à l’ascension des Djebel

Groumbt-el-Dib et Mahmel. Sur la pente pierreuse au-dessus du

village se voient de nombreuses touffes de _Berberis vulgaris_

var. _australis_, _Genista cinerea_, _Cratægus monogyna_,

etc. Quelques champs d’Orge, à épis à peine développés (6

juin), occupent la partie inférieure d’un plateau qui s’étend

au pied du Djebel Groumbt-el-Dib, et du pic élevé qui termine à

l’est le Djebel Mahmel. La partie la plus élevée du plateau où

sont dressées nos tentes (environ 2,020 mètres d’altitude),

à la base méridionale du pic du Djebel Mahmel, n’offre que

quelques pâturages broutés par les troupeaux du douar qui nous

donne l’hospitalité. — A sept heures du soir (7 juin), le

baromètre marquait 597 millimètres, le thermomètre 12 degrés ;

le ciel commençait à se couvrir de nuages de poussière soulevés

par le siroco. Quelques heures après, une pluie abondante amenait un

tel refroidissement de l’atmosphère, que le thermomètre descendait

pendant la nuit à + 4°. Cette pluie continua pendant toute la nuit

pour ne cesser que le lendemain matin vers neuf heures. Le baromètre,

qui, à huit heures du matin, marquait seulement 594 millimètres,

était remonté à 597, chiffre que nous avions observe la veille,

et une température de 14°,5 vint enfin nous faire oublier la

sensation désagréable que nous avaient fait éprouver la pluie

et le froid, alors que nous étions déjà parfaitement habitués

à la température saharienne, qui, cinq jours auparavant, sous

l’influence énergique du vent du sud, s’était élevée à

Biskra jusqu’à 48 degrés. La crainte du retour de la pluie nous

détermine à remplacer l’abri imparfait que nous avait prêté

la tente du douar par celui plus sûr que nous offrait l’une des

nombreuses grottes naturelles, creusées dans les massifs de rochers

qui bordent la pente sud du plateau où nous étions établis, et

qui servent d’abri aux troupeaux pendant la nuit ; nous devons

donc faire déloger les moutons pour y installer notre domicile

et notre bagage botanique. — Une grande partie du plateau est

occupé par des touffes de _Sarothamnus purgans_ et de _Buplevrum

spinosum_, entre lesquelles croissent les : _Carex hordeistichos_,

_Erodium cicutarium_, _Medicago Cupaniana_, _Scleranthus annuus_

var., _Carduus macrocephalus_, _Paronychia Aurasiaca_, _Asphodeline

lutea_, _Othonna cheirifolia_ ; de larges espaces sont couverts de

_Plantago Coronopus_ et d’_Evax Heldreichii_, dont les rosettes

sont appliquées sur le sol.

La pente sud par laquelle nous faisons l’ascension du pic du

Mahmel, entièrement déboisée et composée de rochers et de

pierres éboulées, ne présente que quelques touffes espacées

de _Sarothamnus purgans_ et de _Buplevrum spinosum_ ; le _Draba

Hispanica_ commence aussi à y paraître à peu de distance du

plateau. Sur cette pente croissent la plupart des plantes des

pâturages de la région, et dans sa partie supérieure nous

retrouvons presque la même végétation que nous avait déjà

offerte le Djebel Tougour. — Un plateau rocailleux, étroit,

étendu de l’est à l’ouest, constitue le sommet du pic (2,306

mètres d’altitude) qui, au nord-est, termine la chaîne du Djebel

Mahmel et celle du Djebel Groumbt-el-Dib. Les plantes de cette

sommité sont encore en grande partie celles de la pente sud. La

pente nord, également pierreuse, est coupée de nombreux massifs

de rochers. A environ 50 mètres au-dessous du sommet, de larges

cavités, creusées dans les rochers ou circonscrites par eux,

sont remplies d’une épaisse couche de neige, malgré la saison

déjà avancée (7 juin) ; ces trous à neige, qui se rencontrent

sur une assez grande étendue de l’est à l’ouest, ne nous

ont pas paru descendre très bas sur la pente. Dans les points que

la neige a abandonnés, et où les plantes sont encore étiolées

par leur long séjour sous l’épaisse couche de neige qui vient

seulement de disparaître, et quelquefois sur la neige elle-même,

nous voyons fuir devant nous des essaims de sauterelles tellement

nombreux, que de larges espaces en sont entièrement couverts. La

voracité de ces insectes est telle qu’un bien petit nombre de

plantes ont été respectées (_Evax Heldreichii_, _Gagea polymorpha_,

_Muscari racemosum_, _Arabis ciliata_). Les pâturages de ce versant

ne consistent guère que dans quelques espèces dont il ne reste que

des vestiges, et dans l’intervalle desquelles le sol est couvert de

_Plantago Coronopus_ et d’un gazon d’un blanc éclatant d’_Evax

Heldreichii_. — La pente nord est entièrement déboisée ; quelques

arbres n’apparaissent qu’à sa partie inférieure, dans les ravins

qui descendent vers la vallée de Bouzina, et qu’il ne nous a pas

été donné de pouvoir explorer.

Un col assez profond (Teniat-Mahmel) sépare le pic, extrémité

du Djebel Mahmel de la chaîne du Djebel Groumbt-el-Dib. Le point

le plus élevé de cette dernière montagne, dans le voisinage du

col, égale au moins en altitude le sommet du pic du Djebel Mahmel,

et présente une crête de rochers qui sépare la pente nord de la

pente sud. Dans les anfractuosités et les fentes de ces rochers

croissent de nombreuses touffes de l’_Erodium trichomanæfolium_,

dont les gazons tapissent de larges espaces presque à l’exclusion

de toute autre végétation, et ce point est jusqu’ici l’unique

station de la plante en Algérie. Sur la pente nord, immédiatement

au-dessous de la crête de rochers, dans un terrain calcaire, meuble

et pierreux, nous rencontrons le _Papaver Rhœas_ mêlé à un grand

nombre d’espèces parisiennes, que nous avions déjà observées

sur la sommité du Djebel Mahmel. — La pente sud de la montagne,

tout à fait analogue au versant correspondant par lequel nous avons

fait l’ascension du Djebel Mahmel, ne nous offre guère que les

mêmes espèces.

En quittant le plateau élevé situé à la base du pic du Djebel

Mahmel, nous traversons des bois qui s’étendent depuis la

grotte où nous avons campé (environ 1,850 mètres d’altitude)

jusqu’à la vallée de l’Oued Abdi ; ces bois sont composés

presque exclusivement de _Quercus Ilex_ et de _Juniperus Oxycedrus_ ;

nous y retrouvons également le _Fraxinus dimorpha_.

La partie supérieure de la vallée de l’Oued Abdi (Fedj-Geurza),

dans le voisinage des sources de la rivière, est occupée par

quelques douars et de belles moissons de Blé et d’Orge qui ne sont

pas encore (8 juin) parvenues à maturité. — Les pâturages du

fond de la vallée, où dominent les Graminées, sont beaucoup plus

riches que ceux des plateaux que nous venons de quitter, et nous

y recueillons plusieurs espèces intéressantes, entre autres les

_Triticum hordeaceum_, _Avena macrostachya_, _Catananche montana_,

espèces nouvelles pour la science.

_Liste des plantes observées sur les Djebel Mahmel et Groumbt-el-Dib

et dans la vallée de Fedj-Geurza_[31].

=Renonculacées.=

CERATOCEPHALUS falcatus Pers. — Fedj. (Eur.).

*RANUNCULUS rectirostris Coss. et DR. — Ch. inf.

demissus DC. ? — M. s. (Hisp. Or.).

arvensis L. — Ch. inf. et sup. Fedj. (Eur. Or.).

*macrophyllus Desf. — Fedj.

=Berbéridées.=

Rapport sur un voyage botanique en Algérie, de Philippeville à Biskra et dans les Monts Aurès, entrepris en 1853 sous le patronage du Ministère de la guerre · 第 10 / 16 段