condensata Moris. (Med. occ.).

=Labiées.=

MENTHA sylvestris L. — Lieux humides. (Eur. Or. B. sp.).

*THYMUS ciliatus Benth. *_var._ Algeriensis (T. Algeriensis

Boiss. et Reut.).

CALAMINTHA graveolens Benth. (Hisp. It. Or.).

ROSMARINUS officinalis L. _var._ Tournefortii de Noé. —

Coteaux (Med.).

SALVIA Verbenaca L. (Eur. centr. austr. Or.).

ZIZYPHORA Hispanica L. (Hisp.).

SIDERITIS montana L. (Med. Or.).

incana L. (Hisp.).

MARRUBIUM vulgare L. (Eur. Or.).

Alyssum L. (Med. austr.).

LAMIUM amplexicaule L. (Eur. As.).

PHLOMIS Herba-venti L. (Eur. austr. Or.).

TEUCRIUM campanulatum L. (Hisp. Sic. It.).

Pseudochamæpitys L. (Med. occ.).

Polium L. (Med. Or.).

=Globulariées.=

GLOBULARIA Alypum L. (Eur. austr. Or.).

=Plumbaginées.=

GONIOLIMON Tataricum Boiss. — Terrains salés (Balansa). (Dalm.

Ross. austr. Sib.).

=Plantaginées.=

PLANTAGO major L. (Eur. As.).

albicans L. (Med.).

Lagopus L. (Med. Or.).

Coronopus L. (Eur. Can.).

=Salsolacées.=

BETA vulgaris L. (Eur. occ. austr. Or.).

CHENOPODIUM Vulvaria L. (Eur.).

opulifolium Schrad. (Eur. centr. austr. Sib.).

=Amarantacées.=

AMARANTUS sylvestris Desf. (Eur. centr. austr.).

=Polygonées.=

POLYGONUM aviculare L. (Eur. Or.).

RUMEX conglomeratus Murr. — Lieux frais. (Eur.).

thyrsoides Desf. (Hisp. Cors. Sard. Sic.).

crispus L. — Lieux frais. (Eur. Am. bor.).

Bucephalophorus L. (Med. Can.).

=Daphnoïdées.=

DAPHNE Gnidium L. (Med. Can.).

PASSERINA hirsuta L. (Med. Or.).

=Euphorbiacées.=

EUPHORBIA helioscopia L. (Eur.).

Nicæensis All. (Med. Tauri.).

*luteola Coss. et DR.

sulcata De Lens (Gall.).

falcata L. (Eur. centr. austr.).

=Urticées.=

URTICA pilulifera L. — Voisinage des habitations.

(Eur. occ. austr.).

THELYGONUM Cynocrambe L. (Med.).

=Cupulifères.=

QUERCUS coccifera L. (Med.).

Ilex L. — Coteaux. (Gall. occ. Med.).

=Conifères.=

JUNIPERUS Oxycedrus L. — Coteaux. (Med. Or.).

Phœnicea L. — Coteaux. (Med. Or.).

PINUS Halepensis Mill. — Coteaux. (Med. Or.).

=Aroïdées.=

BIARUM Bovei Blume (Hisp. Or.).

=Potamées.=

POTAMOGETON densus L. — Ruisseaux. (Eur. Sib. Am. bor.).

ZANNICHELLIA macrostemon J. Gay (Eur.).

=Orchidées.=

ORCHIS latifolia L. — Pâturages humides. (Eur. centr. austr.).

LIMODORUM abortivum L. — Coteaux boisés. (Eur. Tauri.).

=Iridées.=

GLADIOLUS Ludoviciæ Jan (Med. Or.).

=Smilacinées.=

SMILAX Mauritanica Poir. (Med.).

=Liliacées.=

ORNITHOGALUM umbellatum L. (Eur.).

ALLIUM Ampeloprasum L. (Eur.).

Cupani Rafin. (It. Sic.).

roseum L. (Eur. austr. Or.).

MUSCARI comosum Mill. (Eur. centr. austr. Or.).

ASPHODELUS ramosus L. (Med.).

=Mélanthacées.=

COLCHICUM bulbocodioides M. Bieb. (C. hololophum Coss. et

DR. olim) (Hisp. Tauri. Æg.).

Bertolonii Kunth. — Batna (du Colombier).

(Cors. Sard. Sic. Græc.).

=Joncées.=

JUNCUS glaucus Ehrh. — Lieux humides. (Eur. Med. Am. bor.).

obtusiflorus Ehrh. — _Id._ (Eur. Sib.).

striatus Schousb. — _Id._ (Med. austr. Syr.).

valvatus Link *_var._ caricinus. — _Id._ Lambèse.

=Cypéracées.=

CYPERUS badius Desf. — Lieux humides. (Eur. austr. Am.).

HELEOCHARIS palustris R. Br. — _Id._ (Eur. Or. Am.).

SCIRPUS Holoschœnus L. — _Id._ (Eur. occ. austr. Sib.).

CAREX divisa Huds. — _Id._ (Eur. Cauc.).

Halleriana Asso (C. gynobasis Vill.) (Eur. centr. austr.).

glauca L. _var._ serrulata. — Lieux humides. (Eur. austr.).

echinata Desf. — _Id._ (Med.).

distans L. — _Id._ (Eur. Am. bor.).

hirta L. — _Id._ Lambèse (Eur. Cauc.).

=Graminées=

ALOPECURUS pratensis L. _var._ ventricosus. — Lieux

humides. (Hisp. Cauc. Ross. austr. Sib. Pers. Eur. bor.).

PHALARIS truncata Guss. — _Id._ (It. Sic.).

minor Retz. (Eur. occ. austr. Or. B. sp.).

STIPA barbata Desf. (Hisp. Cauc. Arab.).

gigantea Lagasc. (Med. occ.).

tortilis Desf. (Med. Or. Can. B. sp.).

AGROSTIS alba L. _var._ coarctata. (Eur. centr. Med.).

verticillata Vill. — Lieux humides. (Med. Or. Can.).

POLYPOGON Monspeliensis Desf. — _Id._ (Eur. occ. austr. Can.

Am. austr.).

PHRAGMITES communis Trin. _var._ Isiacus. — Ruisseaux.

(Eur. austr. Or.).

ECHINARIA capitata Desf. (Eur. austr. Or.).

CYNODON Dactylon L. (orbe fere toto).

TRISETUM flavescens P. B. (Eur. centr. austr.).

AVENA sterilis L (Med.).

barbata Brot. (Eur. austr. Cauc.).

pratensis L. (Eur. Sib.).

POA bulbosa L. (Eur. centr. austr. Or.).

trivialis L. (Eur. centr. austr. Sib. Am. bor.).

ATROPIS distans Griseb. _var._ festucæformis (Eur.).

— _var._ vulgaris _subvar._ permixta (Eur. austr.).

MELICA ciliata L. (Eur. Cauc. Or.).

KŒLERIA Valesiaca Gaud. (Hisp. Gall. Helv.).

phleoides Pers. (Med.).

WANGENHEIMIA Lima Trin. (Hisp.).

DACTYLIS glomerata L. (Eur. As. Am. bor.).

CYNOSURUS elegans Desf. (Eur. austr. Can.).

*FESTUCA Lolium Balansa. — Prairies à Batna.

arundinacea Schreb. (Eur. Sib.).

BROMUS Madritensis L. (Eur. occ. austr.).

mollis L. (Eur.).

macrostachyus Desf. (Med.).

rubens L. (Med.).

BRACHYPODIUM distachyum Rœm. et Schultz (Med.).

ELYMUS crinitus Schreb. (Med.).

HORDEUM murinum L. (Eur. As. Am. B. sp.).

secalinum Schreb. (Eur. As. Am.).

LOLIUM perenne L. (Eur. Am. bor.).

TRITICUM repens L. (Eur. As. Am. bor. Can.).

ÆGILOPS ovata L. _var._ triaristata (Med.).

ventricosa Tausch (Hisp.).

Nous ne pouvions quitter Batna sans consacrer quelques jours à

l’exploration du Djebel Tougour, l’une des montagnes les plus

élevées de l’Algérie, et qui nous promettait la constatation

de faits du plus haut intérêt, car la végétation de la région

montagneuse supérieure n’était encore connue que par quelques

herborisations faites par divers botanistes sur les points du petit

Atlas les plus rapprochés d’Alger. — Le Djebel Tougour fait

partie de la chaîne de montagnes des Ouled-Sultan qui s’élève

à l’ouest de la vallée de Batna, et il en forme le point

culminant. Cette montagne se détache du reste du massif comme

une énorme pyramide, dont les versants les plus étendus sont

ceux du nord et du sud. La pente méridionale vient mourir dans la

large vallée de Batna, qui la sépare des derniers contre-forts de

l’Aurès (Djebel Itche-Ali) limitant la vallée du côté opposé ;

cette pente, en raison de son étendue, eût été très importante

à explorer au point de vue de la distribution des espèces ;

mais l’ascension de la montagne par ce côté présentait de trop

grandes difficultés pour qu’il nous fût possible de la tenter,

et d’en espérer des résultats satisfaisants dans le peu de temps

que nous aurions pu y consacrer. Le versant nord, moins accidenté,

est limité par la vallée étroite et profonde qui le sépare du

Djebel Bordjem. A l’est la montagne présente une pente étroite

moins inclinée et divisée en plusieurs mamelons, et est séparée du

Djebel Bou-Merzoug par la vallée désignée par les gardes forestiers

sous le nom de Ravin-du-colonel ; ce ravin, dans sa partie supérieure

contournant la base de la montagne, se continue avec l’autre vallée

que nous avons déjà indiquée comme limitant la montagne au nord ;

le point culminant entre ces deux vallées établit le partage des

eaux du Tell et du Sahara : les eaux du Ravin-du-colonel viennent

se perdre dans la plaine de Batna, tandis que celles de la vallée

opposée, limite occidentale du Djebel Tougour, vont se jeter dans

l’Oued Ksour, affluent principal de l’Oued El-Kantara.

La portion de la plaine de Batna, que nous traversons pour gagner

les premières collines qui constituent la base du Djebel Tougour

à l’est, nous présente les caractères généraux des autres

parties de la région des hauts-plateaux ; mais l’influence de

l’altitude sur la végétation s’y révèle déjà par un retard

notable dans le développement des céréales, et par la présence

de plusieurs espèces que nous n’avions pas encore rencontrées,

entre autres le _Serratula pinnatifida_, et une nouvelle espèce

du genre _Leontodon_ (_L. helminthioides_). Nous ne tardons pas

à arriver à un étroit sentier côtoyant le ravin profond qui,

en hiver, déverse les eaux du Djebel Tougour dans la vallée de

Batna. Les pentes argileuses du ravin sont couvertes d’épaisses

broussailles, et les collines qui l’encaissent présentent des bois

où dominent les Genévriers (_Juniperus Phœnicea_ et _Oxycedrus_)

et le Chêne-vert (_Quercus Ilex_) mêlé au _Pinus Halepensis_ ;

là se rencontrent également le _Colutea arborescens_, et les

_Anthyllis erinacea_ et _Numidica_, le _Rosmarinus officinalis_

var. _Tournefortii_, qui forment des buissons bas ; on y voit quelques

touffes de l’_Ephedra Græca_, espèce des montagnes de Sicile et

de Grèce. Entre les buissons formés par ces plantes ligneuses, se

trouvent les _Linum suffruticosum_, _Buplevrum paniculatum_, _Jurinæa

humilis_ var. _Bocconi_, et le _Serratula pinnatifida_. Là s’offre

également à nous, pour la première fois, un magnifique _Hedysarum_

(_H. Perraudieranum_), que nous dédions à M. H. de la Perraudière,

auteur de sa découverte. Le ravin nous conduit bientôt aux maisons

des gardes préposés à la conservation des forêts. Ces maisons

(environ à 1200 mètres d’altitude), qui doivent être le point

de départ de notre course dans la montagne, sont entourées de

jardins qui ne présentent encore que des cultures potagères et des

plantations toutes récentes d’arbres fruitiers. Des pâturages

assez riches occupent le fond de la vallée, et des Arabes y font

paître leurs troupeaux. — Presque immédiatement au-dessus de la

prairie, la partie inférieure de la montagne nous offre un terrain

argileux parsemé de broussailles espacées composées de Genévriers

(_Juniperus Phœnicea_ et _Oxycedrus_), de _Calycotome spinosa_,

de Chênes-verts et de quelques rares Oliviers rabougris. En

continuant l’ascension de la montagne par la pente orientale,

dans un ravin au-dessous du premier mamelon, nous retrouvons en

abondance l’Amandier, dont la spontanéité, dans ce site sauvage,

ne saurait être mise en doute. — A quelques centaines de mètres

au-dessus de la maison des gardes, nous rencontrons plusieurs

buissons d’une espèce arborescente nouvelle pour la science

(_Fraxinus dimorpha_). Plus haut, un autre mamelon est couvert de

touffes d’_Asphodeline lutea_. Un plateau incliné s’étend

de ce dernier mamelon jusqu’à la base du pic ; à la partie

inférieure de ce plateau se trouvent déjà quelques espèces de

la région montagneuse supérieure, entre autres le _Seseli varium_

et l’_Iberis Pruitii_ ; le _Calycotome spinosa_, que nous avons

vu former le fond de la broussaille à la base de la montagne, a

complétement disparu ; mais négligeons un moment les plantes qui

sont à nos pieds pour élever nos regards vers le roi de la forêt,

le Cèdre, qui vient remplacer tous les autres arbres, et qui forme

jusque vers le sommet du pic un magnifique massif. La plupart de ces

Cèdres séculaires ont une circonférence de plus de 3 mètres,

et le tronc de quelques-uns d’entre eux mesure jusqu’à 4 ou

5 mètres. Ce n’est pas sans plaisir et sans surprise que, dans

cette majestueuse forêt qui rappelle si peu nos bois de l’Europe

centrale, nous trouvons mêlées aux plantes de la région montagneuse

plusieurs espèces de la flore des environs de Paris, les : _Cerastium

brachypetalum_, _Geranium lucidum_, _Sedum acre_, _Veronica arvensis_,

_Valerianella olitoria_, etc. Vers l’extrémité de ce plateau

s’étend de l’est à l’ouest une bande de rochers presque à

pic (environ 1800 mètres d’altitude) qui nous offre le _Linaria

reflexa_ var. _lanigera_, et plusieurs espèces caractéristiques de

cette nouvelle zone de végétation, entre autres les _Cotoneaster

Fontanesii_ et _Nummularia_ qui forment quelques buissons espacés,

et le _Draba Hispanica_ qui tapisse de ses larges touffes les

anfractuosités des rochers ; près de là se rencontrent quelques

pieds du _Cratægus monogyna_ var. _hirsuta_. Après avoir contourné

l’extrémité de ces rochers, et franchi le dernier ravin qui nous

sépare de la base du pic, nous arrivons à la limite de la forêt

de Cèdres, à environ 2030 mètres d’altitude, et environ à 50

mètres encore au-dessous du sommet du pic. Sur les pentes des crêtes

qui séparent les principaux versants, les Cèdres, mieux abrités

contre la violence des vents, peuvent parvenir à une altitude

encore plus rapprochée du sommet du pic ; il est probable que le

sommet et les arêtes abruptes ne sont déboisés qu’en raison de

la nature rocheuse du sol, de l’absence de terre végétale et de

la violence des vents. Sur le Djebel Tougour, comme sur les autres

montagnes couvertes de forêts de Cèdres, l’arbre, même vers le

sommet de la montagne, garde presque les mêmes proportions qu’à

sa limite inférieure d’altitude ; il n’en est pas ainsi dans

les Alpes, où les espèces arborescentes diminuent successivement

de grandeur, et ne sont plus à leur extrême limite représentées

que par des buissons rabougris. — Un pâturage ras et peu étendu

à la base du pic nous offre des touffes compactes et argentées

du _Catananche cæspitosa_, du _Scorzonera pygmæa_ et d’une

nouvelle espèce du genre _Senecio_ (_S. Gallerandianus_), qui,

par le port, rappelle le _Senecio incanus_ des Alpes. Dans les lieux

pierreux, le _Carduncellus atractyloides_, l’_Asperula aristata_,

le _Salvia Aucheri_, le _Catananche montana_, le _Vicia glauca_, le

_Draba Hispanica_ et le _Calamintha alpina_, etc., croissent en assez

grande abondance. Les rochers du pic ne nous présentent d’autres

végétaux ligneux que des touffes basses du _Rhamnus alpinus_, du

_Berberis vulgaris_ var. _australis_ et du _Prunus prostrata_, qui

applique ses tiges tortueuses sur les parois des rochers[15]. Un pied

unique d’_Acer Monspessulanum_ fait toutefois exception, et par ses

dimensions se trouve être sur cette montagne le dernier représentant

de la végétation arborescente. Le point culminant (2086 mètres

d’altitude) nous montre les plantes de la région montagneuse

supérieure associées à des espèces du centre de l’Europe et

à quelques-unes de celles de la plaine de Batna et de la région

montagneuse inférieure ; nous y retrouvons l’_Ephedra Græca_

déjà observé à environ 1100 mètres d’altitude, près de la

maison des gardes. — Un plateau peu étendu, à l’ouest du pic,

a offert à M. Balansa les : _Valerianella olitoria_ et _carinata_,

_Scabiosa crenata_, _Santolina canescens_, _Bromus tectorum_. Il a

recueilli, vers la partie supérieure des pentes méridionale et

occidentale, les : _Draba Hispanica_, _Polygala rosea_, _Silene

Atlantica_, _Sedum glanduliferum_, _Pimpinella Tragium_, _Evax

Heldreichii_, _Scorzonera pygmæa_, _Hieracium saxatile_, _Campanula

Atlantica_, _Erinus alpinus_, _Linaria flexuosa_, _Anarrhinum

fruticosum_ et _Stipa pennata_. — Le versant septentrional,

par lequel nous descendons dans la vallée qui sépare le Djebel

Tougour du Djebel Bordjem, est creusé d’un profond ravin,

et couvert de Cèdres depuis la base du pic jusqu’au niveau

de la vallée. Vers le milieu de la hauteur de la pente, on voit

çà et là parmi les Cèdres de la forêt quelques pieds isolés

de l’_Acer Monspessulanum_, et quelques buissons du _Cratægus

monogyna_ var. _hirsuta_, ainsi que les _Cotoneaster_ que nous avons

déjà mentionnés sur la pente orientale. Un groupe de rochers,

qui continue sur la pente nord l’espèce de muraille dont nous

avons déjà parlé, forme une grotte, près de laquelle on rencontre

un seul pied du _Lonicera arborea_, arbre des montagnes élevées du

royaume de Grenade. A l’ombre de ces rochers, M. Balansa a recueilli

le _Geum heterocarpum_, découvert d’abord par M. Boissier dans

les montagnes du midi de l’Espagne, puis retrouvé en Orient,

sur le mont Cadmus en Carie, par le même botaniste, dans la

chaîne du Taurus par M. Balansa, et dans les Alpes françaises,

aux environs de Gap, par M. Blanc. — Les zones de végétation

sur cette pente, généralement couverte d’un humus abondant,

sont encore moins tranchées que sur la pente orientale ; en effet,

des touffes de _Buplevrum spinosum_ s’y montrent presque depuis la

partie supérieure de la montagne jusque dans le fond de la vallée,

et une espèce nouvelle d’_Erodium_ (_E. montanum_) y occupe

une assez large étendue. Sur ce versant, on trouve les : _Milium

vernale_, _Triticum hordeaceum_, _Avena macrostachya_, _Cynosurus

Balansæ_, _Linaria heterophylla_, _Selinopsis montana_, _Vicia

glauca_, etc. — La limite inférieure des Cèdres est déterminée,

comme nous l’avons déjà dit, par le niveau même de la vallée

(environ 1620 mètres d’altitude), où nous dressons notre tente

en face du col qui partage le premier contre-fort de la montagne

voisine et qui est désigné sous le nom de Teniat-Bordjem. Sur

aucun point de la pente nord, nous n’avons retrouvé ni les arbres,

ni les broussailles qui constituent la végétation ligneuse de la

partie inférieure de la pente orientale ; ce n’est qu’à la

limite de la vallée, à la base du versant nord, que se rencontrent

quelques Genévriers, ainsi que des pieds espacés de Chêne-vert et

de _Fraxinus dimorpha_ qui là est arborescent, et que sur la pente

orientale, à une altitude plus élevée, nous n’avions rencontré

qu’à l’état de buisson. — Les environs de notre campement

nous présentent des pâturages s’étendant jusqu’aux ravins

qui les séparent de la base du Djebel Bordjem. Nous recueillons

dans ces pâturages entre autres espèces les : _Ononis Cenisia_,

_Buplevrum spinosum_, _Vicia glauca_ et _onobrychioides_, etc. —

Le sol argileux et schisteux de l’un des ravins nous présente

un grand nombre de plantes intéressantes, parmi lesquelles nous

nous bornerons à citer les : _Jurinæa humilis_ var. _Bocconi_,

une espèce nouvelle d’_Helichrysum_ (_H. lacteum_), _Ononis

Cenisia_, _Evax Heldreichii_, _Scabiosa crenata_, _Scleranthus

polycarpus_, etc. En poursuivant l’exploration de la pente qui

nous conduit au col du Djebel Bordjem, nous voyons des touffes

du _Juniperus Oxycedrus_ indiquer le commencement de la région

boisée ; là nous rencontrons en grande abondance de vastes touffes

d’_Ampelodesmos tenax_, les _Asphodeline lutea_, _Buplevrum

spinosum_, _Othonna cheirifolia_. Plus haut, les bois prennent

un plus grand développement ; le Chêne-vert (_Quercus Ilex_ et

var. _Ballota_) est l’essence qui domine, et la plupart des arbres

présentent près d’un mètre de circonférence. Le Cèdre ne se

montre qu’à la base des rochers qui couronnent les sommités, ou

dans la partie supérieure des ravins de ces premiers contre-forts de

la chaîne du Djebel Bordjem. Les rochers du col (environ 1830 mètres

d’altitude) nous offrent le _Rhamnus Alaternus_ var. _prostratus_ ;

dans les fissures ombragées se rencontrent des touffes des _Fumaria

Numidica_ et _sarcocapnoides_. — Lorsque nous sommes arrivés à

l’échancrure du col, nous voyons se perdre à l’horizon les

immenses forêts de Cèdres couvrant toutes les pentes des nombreuses

montagnes qui nous apparaissent dans la direction de Sétif.

La présence ou l’abondance du Cèdre sur les divers versants,

ainsi que les formes qu’il peut présenter, nous ont paru résulter

d’un concours de circonstances et être soumises à des lois

dont l’exposé trouvera mieux sa place dans les considérations

générales sur la région montagneuse. Nous nous bornerons ici

à faire remarquer que la superficie occupée par le Cèdre est

beaucoup plus étendue sur les versants dirigés vers le nord que

sur les pentes opposées, où il ne se présente généralement

qu’au-dessous des sommités les plus élevées et dans la partie

supérieure des ravins les plus profonds.

_Liste des plantes observées au Djebel Tougour_[16].

=Renonculacées.=

CLEMATIS Flammula L. — E. inf. (Med. Or.).

THALICTRUM saxatile Schleich. — E. moy. (Eur. centr.).

CERATOCEPHALUS falcatus Pers. — E. inf. Pât. moy. (Eur.).

RANUNCULUS chærophyllos L. — E. inf. (Eur. centr. Med. Or.).

*spicatus Desf. — E. inf.

gramineus L. _var._ luzulæfolius Boiss. — E. inf. moy. (Hisp.).

demissus DC. ? — N. Pât. moy. (Hisp. ? Or.).

DELPHINIUM pentagynum Lmk. — E. inf. (Hisp. Lus. Sic.).

=Berbéridées.=

BERBERIS vulgaris L. _var._ australis Boiss. (B. Ætnensis

Presl.). — Somm. Bordj. (Hisp. Cors. Sard. Sic. Or.).

=Papavéraceés.=

PAPAVER Rhœas L. — Bordj. (Eur. As. Can.).

=Fumariacées.=

FUMARIA parviflora Lmk. — Pât. inf. (Eur. Or. Can.).

*Numidica Coss. et DR. — Bordj.

*sarcocapnoides Coss. et DR. — Bordj.

=Crucifères.=

ARABIS verna R. Br. — E. inf. (Eur. austr.).

alpina L. _var._ — (Balansa). (Eur. Or.).

auriculata Lmk. — E. inf. et moy. Pât. moy. Somm. (Eur. centr.

austr. Tauri.).

*pubescens Poir. — E. moy.

parvula L. Duf. — E. inf. (Hisp.).

CARDAMINE hirsuta L. _var._ sylvatica. — E. inf. (Eur. Or.).

ALYSSUM Atlanticum Desf. — N. Pât. moy. Somm. Bordj. (Hisp. Cret.).

serpyllifolium Desf. — E. moy. (Hisp.)

campestre L. — Pât. inf. (Gall. occ. Eur. austr.).

Granatense Boiss. et Reut. — N. Pât. moy. (Hisp.).

CLYPEOLA Jonthlaspi L. — Bordj. (Eur. austr. Or.).

*cyclodontea Delile. — Pât. moy.

DRABA Hispanica Boiss. (Draba Atlantica Coss. et DR. olim). —

Roch. Somm. Bordj. (Hisp. austr.).

THLASPI perfoliatum L. — E. inf. Somm. (Eur. Tauri. Æg. Pers.).

CAPSELLA Bursa-pastoris DC. — Pât. moy. (Eur. As.).

HUTCHINSIA petræa R. Br. — Roch. Somm. (Eur. centr. austr.).

IBERIS Pruitii Tineo. — E. moy. et sup. (Sic. Hisp. austr.).

pectinata Boiss. — Pât. inf. (Hisp.).

SISYMBRIUM runcinatum Lagasc. — Pât. inf. (Hisp.).

crassifolium Cav. — Pât. inf. Bordj. (Hisp.).

ERYSIMUM australe J. Gay _var._ (E. longifolium Guss.). —

Pât. moy. Bordj. (Gall. austr. It.).

NESLIA paniculata Desv. — Pât. inf. (Eur.).

ÆTHIONEMA saxatile R. Br. — E. moy. (Eur. centr. austr. Or.).

BRASSICA Gravinæ Ten. — E. inf. et moy. (It. Sic.).

SINAPIS geniculata Desf. — Pât. inf. (Syr.).

pubescens L. — E. inf. et moy. N. Pât. moy. Bordj. (Hisp. Sic.).

=Cistinées.=

CISTUS villosus L. — E. inf. (Med. occ.).

HELIANTHEMUM Niloticum Pers. — Pât. inf. (Med. Cauc. Can.).

papillare Boiss. — E. inf. (Hisp.).

salicifolium Pers. — E. inf. (Eur. Or.).

Fumana Mill. _var._ viscosum. — (Eur.).

glutinosum Pers. — E. inf. (Eur. austr.).

rubellum Presl. — E. inf. Pât. moy. Somm. (Hisp. Sic.).

glaucum Pers. — E. moy. (Hisp. Sard. It. Sic.). _var._

croceum. — E. moy. (_Id._).

pilosum Pers. — E. inf. Pât. moy. (Med.).

=Violariées.=

VIOLA odorata L. — E. moy. N. (Eur. Sib. Can.).

gracilis Sibth. et Sm. — N. (It. Sic. Or.).

=Résédacées.=

RESEDA alba L. — Pât. inf. (Med.).

*Duriæana J. Gay. — E. inf. (Tun.).

=Polygalées.=

POLYGALA saxatilis Desf. — Bordj. (Med. occ.).

rosea Desf. — Somm. (Gall. austr. It.).

=Caryophyllées.=

DIANTHUS Liburnicus Bartl. (D. Vulturius Guss.), — E. sup. (Gall.

austr. It.).

sylvestris Wulf. _var._ — Somm. — (Hisp. Gall. austr. Helv.

Græc.).

SAPONARIA glutinosa M. Bieb. — E. moy. (Hisp. Tauri. Cauc. Cret.).

SILENE inflata Sm. — Pât. inf. Bordj. (Eur.).

nocturna L. — E. inf. (Med.).

muscipula L. — Pât. inf. (Med. occ.).

Italica DC. _var._ — E. moy. (Med.).

*Atlantica Coss. et DR. — Somm.

LYCHNIS macrocarpa Boiss. et Reut. — Pât. inf. (Hisp. Tun. Or.).

ARENARIA grandiflora L. — N. sup. Somm. (Eur. centr. austr.).

ALSINE setacea Mert. et Koch _var._ pubescens Fenzl. — Somm. (Or.).

CERASTIUM dichotomum L. — Pât. inf. (Hisp.).

brachypetalum Desp. — E. moy. Somm. (Gall. Germ.).

Boissieri Gren. — E. inf. N. Somm. (Hisp. It. Sard.).

=Linées.=

LINUM suffruticosum L. — E. inf. (Hisp. Gall. austr.).

=Malvacées.=

MALOPE stipulacea Cav. — E. inf. Pât. moy. Bordj. (Hisp. austr.).

=Hypéricinées.=

HYPERICUM pubescens Boiss. — Pât. inf. (Hisp.).

=Acérinées.=

ACER Monspessulanum L. — N. moy. Somm. (Eur. centr. austr.).

=Géraniacées.=

GERANIUM tuberosum L. — E. inf. (Eur. austr.).

lucidum L. — E. moy. (Eur.).

Robertianum L. — E. moy. (Eur. Can.).

ERODIUM cicutarium L’Hérit. — Pât. moy. (Eur. Or.).

*montanum Coss. et DR. — N. Pât. moy. Bordj (Tun.).

=Rutacées.=

RUTA angustifolia Pers. — E. inf. (Med.).

=Rhamnées.=

RHAMNUS Alaternus L. _var._ prostratus Boiss. — Bordj.

(Eur. austr.).

lycioides L. — E. inf. (Hisp. Lus.).

alpinus L. — Somm. (Eur.).

=Térébinthacées.=

PISTACIA Terebinthus L. — E. inf. (Eur. austr. Or.).

Lentiscus L. — E. inf. (Eur. austr. Can.).

=Légumineuses.=

*GENISTA microcephala Coss. et DR. — E. inf.

Rapport sur un voyage botanique en Algérie, de Philippeville à Biskra et dans les Monts Aurès, entrepris en 1853 sous le patronage du Ministère de la guerre · 第 4 / 16 段