CHLORIS

--Sachez d'abord vous taire.--Or celle

Qui vous parle est coquette et folle. Oui, je le suis.

J'aime les jours légers et les frivoles nuits;

J'aime un ruban qui m'aille, un amant qui me plaise,

Pour les bien détester après tout à mon aise.

Vous, par exemple, vous, Monsieur, que je n'ai pas

Naguère tout à fait traité de haut en bas,

Me dussiez-vous tenir pour la pire pécore,

Eh bien, je ne sais pas si je vous souffre encore!

SYLVANDRE, _souriant._

Dans le doute...

CHLORIS, _coquette, s'enfuyant_.

«Abstiens-toi», dit l'autre. Je m'abstiens.

SYLVANDRE, _presque naïf_.

Ah! c'en est trop, je souffre et je m'en vais pleurer.

CHLORIS, _touchée, mais gaie_.

Viens,

Enfant, mais souviens-toi que je suis infidèle

Souvent, ou bien plutôt, capricieuse. Telle

Il faut me prendre. Et puis, voyez-vous, nous voici

Tous deux bien amoureux,--car je vous aime aussi,--

Là! voilà le gros mot lâché! Mais...

SYLVANDRE

O cruelle

Réticence!

Œuvres complètes - Volume 1 Poèmes Saturniens, Fêtes Galantes, Bonne chanson, Romances sans paroles, Sagesse, Jadis et naguère · 第 238 / 362 题