XXXIV & XXXV.

Ces articles répandent un nouveau jour sur les observations qui viennent

d'être faites; il n'y est pas question de Seigneurs de fief, mais de

_seigneurages_. Pour bien saisir l'énergie de cette derniére

dénomination, on doit se rappeller que l'_hundred_ étoit composé de cent

familles. Chacune de ces familles dressoit un rôle des hommes libres,

des esclaves & des enfans qui avoient plus de 12 ans, & le présentoit au

Gouverneur de l'hundred, qui faisoit avec 12 anciens élus par toutes les

familles, deux fois par an, les Réglemens provisoires & économiques pour

la distribution des travaux nécessaires à l'exploitation des terres,

Réglemens que chaque Chef de famille faisoit exécuter dans son district.

Or ces Chefs de famille étoient ce qu'on appelloit _seigneurage_, ils ne

pouvoient éxiger des Colons, qui leur étoient subordonnés, de plus

grands travaux que ceux que l'_hundred_ avoit déterminés. Ces Colons

appartenoient si peu à ces Chefs, que ceux-ci ne pouvoient les renvoyer,

tant qu'ils étoient en état de travailler; & lorsqu'un de ces Colons

mouroit ou s'enfuyoit, le Chef de la famille étoit obligé de le faire

remplacer, ou à son défaut, le Tribunal supérieur de l'_hundred_

substituoit quelqu'un à l'emploi du défunt ou du fugitif. Certainement

cet ordre n'offre rien d'approchant de celui qui a de tout temps

constitué l'économie féodale. _Les seigneurages_ étoient si peu maîtres

des fonds, qu'ils n'avoient pas même la liberté d'exempter un des

membres de leur familles de concourir à la culture des terres dont

l'exploitation leur avoit été confiée.

Anciennes loix des François conservées dans les coutumes angloises recueillies par Littleton, Vol. II · 第 127 / 290 题