L'une des sentinelles avancées de la frontière du Nord, la ville de
Valenciennes dont la longue et héroïque résistance, en 1793, a sauvé la
France d'une invasion, vient d'être déclassée (loi du 31 mai 1889).
Déjà la pioche et la dynamite ont commencé leur oeuvre de destruction et
abattant sans pitié les restes nombreux et pour la plupart très bien
conservés des fortifications du moyen-âge, de la Renaissance et du
dix-septième siècle.
La section des beaux-arts, d'histoire et de littérature de la Société
d'agriculture, sciences et arts de Valenciennes, a eu la bonne et
patriotique pensée de publier un ouvrage de luxe: les Fortifications de
Valenciennes, rappelant par son texte les glorieux faits d'armes dont
les remparts de la ville ont été le théâtre, et, par ses illustrations,
les pièces principales de la fortification des différents âges, dont on
trouve tout particulièrement à Valencienne des échantillons nombreux et
très intéressants pour l'histoire de l'art.
Nous reproduisons l'une des planches de cette belle publication; la tour
de la Rhonelle, qui date du quatorzième siècle. Cette tour a été
construite sur la rivière, à l'entrée des eaux en ville; elle est très
remarquable au point de vue architectural; elle attire particulièrement
l'attention par le galbe heureux de sa base, la manière dont elle
chevauche le cours d'eau et l'habileté dont son architecte a fait preuve
en raccordant les parties coniques aux parties planes de l'arcade de
devant.
D'autres morceaux des fortifications de Valenciennes ou d'autres villes
du Nord, telles que Douai, Cambrai, Arras, etc., dont le démantèlement
est décidé, pourront intéresser nos lecteurs; nous ne manquerons pas de
les leur signaler en indiquant le titre des publications spéciales et
locales qui seront faites sur la matière et qui pourraient être utiles
aux archéologues.
Jules Delsart.
[Illustration: Une des rues du Vomero.]