TABLE DES MATIÈRES

UNE MAISON DE SANTÉ.

LA PRINCESSE DE BORMES.

LE CONVOI.

UN COUPLE.

UN POÈTE À L'ÉTÂT BRUT.

UN CAPITAINE.

LA ROUTE.

VERNE.

L'ÉVÊQUE.

UN MAJOR.

LA FERME.

LE DIOCÈSE.

SCRUPULES.

REIMS.

L'IMAGE D'ÉPINAL.

HENRIETTE.

PESQUEL-DUPORT.

LE MOT.

MADEMOISELLE THOMAS.

FAUX CALCULS.

LE CŒUR.

LE SECTEUR 131.

LE BOYAU JOCASTE.

LES DUNES.

LA CANTINE.

LES TRANCHÉES DE MER.

L'AMOUREUX.

LES FUSILIERS-MARINS.

LA PERMISSION.

LE THÉÂTRE AUX ARMÉES.

SUCCÈS DE MADAME DE BORMES.

LE SPECTACLE.

LE GÉNÉRAL MADELON.

UNE ANGOISSE.

SUITES DU THÉÂTRE.

MORT DE PAJOT.

LES AVEUX.

LA LETTRE.

ROY.

LES NÈGRES.

MISS ÉLISABETH.

«JE DONNE RAISON À MES ENFANTS».

LE RENDEZ-VOUS DES ANGES.

L'APOTHÉOSE.

LA NOUVELLE.

LE DOCTEUR GENTIL.

UNE MÈRE.

ÉTAT-CIVIL.

La guerre commença dans le plus grand désordre. Ce désordre ne cessa

point, d'un bout à l'autre. Car une guerre courte eût pu s'améliorer

et, pour ainsi dire, tomber de l'arbre, tandis qu'une guerre prolongée

par d'étranges intérêts, attachée de force à la branche, offrait

toujours des améliorations qui furent autant de débuts et d'écoles.

Le gouvernement venait de quitter Paris, ou, suivant la formule naïve

de ses membres: de se rendre à Bordeaux pour organiser la victoire de la

Marne.

Cette victoire, mise sur le compte du miracle, s'explique à merveille.

Il suffit d'avoir été en classe. Les polissons l'emportent toujours sur

les forts-en-thème, pour peu qu'une circonstance empêche ces derniers

de suivre aveuglément le plan qu'ils se sont fait. Toujours est-il que

le désordre vivace, vainqueur de l'ordre massif, n'en était pas moins

du désordre. Il favorisa l'extravagance.

La fille d'un des hauts dignitaires de la République avait, dans Paris

tranquille, transformé la maison de santé du docteur Verne en

Croix-Rouge. C'est-à-dire qu'elle avait transformé le bas de ce vieil

et magnifique hôtel de la rive gauche, et laissé le reste aux malades

civils. Elle avait déployé dans cette œuvre charitable un zèle que rien

ne refroidit, sauf le départ du Gouvernement. Elle s'excusa, expliqua

au docteur l'obligation où elle se trouvait de suivre son père, bien

qu'elle fût d'âge à ne plus obéir.

Elle partit donc, laissant les salles pleines de lits et d'appareils,

aux mains des chirurgiens, des infirmiers bénévoles et des Sœurs.

Le docteur Verne était spirite. Il négligeait la clientèle nombreuse

à cause des spécialistes de premier ordre attachés à l'établissement.

Verne, qu'on soupçonnait de boire, s'enfermait une partie de la journée

dans son cabinet, ancienne loge de concierge donnant sur la cour, et,

là, hypnotisait le personnel.

—-Boitez, ordonnait-il à l'un.--Toussez, ordonnait-il à l'autre. Rien

ne le distrayait plus que ces phénomènes ridicules. Il avait, par ruse,

endormi presque toute la maison, et les patients, dès lors sous son

influence, devenait ses victimes. La clientèle le savait original mais

ignorait sa manie. Elle recevait sa visite quotidienne. Il se

bornait à consulter la fiche de température et à prononcer, de chambre

en chambre, quelques phrases d'hôtelier qui passe de table en table.

L'hôtel de Verne était l'ancien hôtel Joyeuse, rue Jacob. Le bâtiment,

flanqué d'ailes neuves, s'élevait entre la cour ronde et le jardin. Les

pièces du rez-de-chaussée grandes ouvertes, on apercevait ce jardin, une

pelouse et des plates-bandes. Aussi, la façade triste ayant accablé le

malade qu'on y amenait, avait-il, ensuite, la charmante surprise des

arbres.

Thomas l'imposteur Histoire · 第 7 / 71 题