Joson me porta sur mon lit. Je ne prononçai pas une parole dans le
premier moment. Je ne sais pas bien si j'avais lu la lettre ou si la
première ligne seule m'avait étourdi comme un coup de massue; ce dont
je suis sûr, c'est que le contenu de la lettre m'échappait en cet
instant. Ma fièvre d'autrefois était revenue foudroyante. La crise
était plus forte, le rêve plus violent, mais les mêmes symptômes
surgissaient.
Joson envoya un gars du village chercher un médecin à Port-Louis.
Quand le médecin arriva, j'avais le transport.
Je voyais Annette dans un salon qui était beau sans avoir rien de
féerique: le salon qu'elle aurait dû avoir. J'entendais le piano de la
rue Saint-Sabin, le piano qui se taisait depuis quatre ans. Il était
là, mais ses sons voilés semblaient venir de loin, de bien loin. Et il
chantait, comme une voix dont les douceurs étaient infinies, le pauvre
cher refrain:
Ma lon la
Les enfants sont là....
La vache est rentrée à l'étable;
Ma lon la
Ave Maria,
L'Angelus les endormira....
Les enfants! Ils étaient là, en effet, dans la calèche, auprès de leur
mère: la calèche du pont Lorois. Ils avaient le costume mignon et
coquet de ces deux petits Parisiens qui allaient à Carnac. Que mon
Philippe était beau! Que mon Anna était gentille! Et Annette! Cela ne
m'étonnait point de la voir en toilette de grande dame.
Le fort de ma crise ne dura qu'une nuit, cette fois. Pendant seize
heures, j'eus cette étrange fatigue de me sentir partagé entre deux
familles que je voyais distinctement, entre deux bonheurs qui me
sollicitaient, disant chacun: Je suis la vérité. Ma souffrance était
de chercher, avec ce terrible acharnement de la fièvre lequel des deux
était le songe. Etais-je le touriste de la calèche? Etais-je le
pêcheur du Magoër? Pêcheur, moi! le chevalier de Kervigné! C'était ici
le roman et l'impossible. Pourquoi ces habits de malheureux à mes
enfants? Que faisais-je dans ce taudis?
Je peinais à suivre ces invraisemblances et cependant la réalité a une
force qui ne se dément point. Elle frappait sans cesse à la porte de
ma pensée.
Et je riais sur les coussins de ma calèche. Et Annette riait. Et les
petits me montraient, riant aussi, sur le chemin, auprès du pont
Lorois, une pauvre famille: deux enfants avec le père et la mère.
Cette famille, c'était nous. Je m'épuisais.
Le médecin de Port-Louis n'avait pas inventé la chaîne magnétique; il
ne s'occupait même pas de juxtasonnance. C'était un mâle docteur,
barbu et presque goudronné. Peu d'hommes peuvent se vanter de m'avoir
fait respirer une pareille odeur de pipe. Ancien chirurgien-major à
bord de _l'Hécate_, cinq pieds six pouces, couchant sur la dure, à ce
qu'il disait, dans des draps camphrés, portant aux doigts une bague et
six verrues, nez généreusement bourgeonné, pieds carrés, odorants et
bossus, chapeau démocratique, opinions intolérantes, linge de la
semaine passée, tel était le docteur Kermalahault.
Il se moquait des systèmes, celui-là; il n'avait point de système; il
traitait par les amers, à moins qu'on ne préférât les sirupeux. Le
baume d'acier! voilà sa panacée. Sa lancette était grande comme un
sabre. Il me conseilla des bains de mer bouillis, se fit donner cent
sous, et partit content pour aller, de son pied léger voir un malade à
Hennebont. Il n'y a pas loin, nous dit-il, trois pipes, cinq gouttes
et deux chopines. Aucun pêcheur de la côte ne voudrait _avaler sa
gaffe_ sans le docteur Kermalahault. C'est un vrai. Pour cent sous il
vous met au cimetière.
Le surlendemain, j'avais ma raison. Je pus lire la lettre d'Annette,
«Mon René chéri,
»Tu as dit, en regardant les deux jolis enfants de la calèche
au pont Lorois: «Philippe et Anna seraient» comme cela. Il
faut qu'ils soient comme cela. Ta femme ne t'a jamais tant
aimé.
»ANNETTE.»
Une idée terrible me traversa l'esprit. Ma femme était le seul
obstacle entre mes parents et moi, c'est-à-dire entre moi et la
fortune. La pensée de mourir lui était-elle venue?
Elle avait pu se dire: il est riche maintenant; il est seul
héritier....
Mais elle avait l'esprit si droit et le cœur si pieux! Et puis
m'abandonner! abandonner les petits! L'idée passa si vite qu'elle
n'eut pas le temps de me rendre fou.
Le théâtre, cela ne se pouvait. Annette était incapable d'aller contre
ma volonté exprimée.
Que peut faire une femme, cependant?
Il ne me plaît pas de ménager ici une puérile surprise. J'ignore en
quoi consisterait l'art des romanciers habiles, vis-à-vis d'une
situation qui est pour moi un souvenir gracieux et touchant. Je ne
veux point d'art. Si j'ai des lectrices, elles sentiront battre mon
cœur au travers de ces simples mots qui amènent à mes yeux une larme
et un sourire: Annette s'était enfuie de chez moi pour aller chez mon
père.
Le temps n'était plus de se sacrifier, puisque deux fois Dieu l'avait
rendue mère. C'était l'heure de combattre. Annette tentait la
bataille.
Peut-être l'idée de cette suprême épreuve était-elle née en elle avant
l'occasion qui la mûrit tout un coup. Dans le cœur de toute femme, il
y a un petit coin poétique; chez la femme, l'imagination la plus sobre
n'exclut pas l'élément romanesque.
Ici, d'ailleurs, tout n'était pas roman, tant s'en fallait. Annette
savait beaucoup mieux que moi ce qui se passait chez nous à Vannes.
Des événemens graves avaient eu lieu, auxquels étant donné l'état de
mon esprit, je n'aurais pas prêté toute l'attention convenable;
d'autres plus graves encore se préparaient. Il était temps d'agir,
grand temps, sinon de la façon choisie par Annette, du moins d'une
façon quelconque.
Mon père et ma mère n'étaient pas heureux à la maison. Les Bélébon
avaient décidément élu domicile à notre hôtel de la place des Lices.
Personne n'était plus là pour leur tenir tête. Ils régnaient en
maîtres.
Avant tout, mon père avait besoin de compagnie. Il préférait la
tyrannie de ces deux intrus à la solitude. Quant à ma mère, le chagrin
profond qu'elle avait éprouvé à la perte de sa fille et des deux
petits changeait sa paresse d'esprit native en un véritable
engourdissement. Elle ne vivait plus, elle végétait, endormie dans sa
douleur comme la marmotte dans son trou. Elle n'en voulait point
sortir; entre elle et les objets extérieurs il y avait son deuil, et
son état de sommeil désespéré rendait la présence des Bélébon encore
plus indispensable à mon père.
De tous les amis de la famille, un seul était resté: l'abbé Raffroy,
aumônier des Incurables. C'était l'honneur même, mais sa nature timide
et vacillante valait peu en face de la volonté résolue des deux
Bélébon.
J'ignorais tout cela; je puis dire même que je ne voulais point le
savoir. Annette le savait.
Elle avait aisément deviné mes répugnances. Elle respectait mon
bonheur égoïste. Elle n'avait point de confident.
J'ai dit qu'elle avait fait deux voyages à Hennebont. Le premier de
ces voyages avait eu pour but de mettre à la poste, à mon insu, une
lettre pour l'abbé Raffroy, le second, de recevoir sa réponse poste
restante.
Ce fut d'après cette réponse qu'elle partit pour Vannes.
Je raconterai désormais sa campagne comme j'en appris plus tard les
détails, soit par elle, soit par le bon abbé Raffroy, soit par mon
père et ma mère.
L'abbé la reçut sévèrement et accueillit mal le récit de notre mariage
extra-réglementaire. Il blâma le prêtre qui nous avait unis et déclara
à la pauvre Annette que, devant l'Eglise comme devant la loi, nos
enfants étaient des bâtards.
Ce premier pas était cruel. Annette pleura. L'aumônier avait bon cœur
et me gardait cette affection qu'on a toujours pour le fils d'une
maison amie. La beauté angélique d'Annette m'excusa d'autant à ses
yeux. Il fut séduit peut-être par cette exquise douceur, par cette
adorable résignation qui avait rallié jadis le pauvre Gérard à notre
cause. Il demanda à Annette ce qu'elle voulait, en définitive, quels
étaient ses projets, son plan, ses espoirs.
Annette avait bien de tout cela un peu, mais si peu, et le peu qu'elle
avait était si vague! Elle avoua qu'elle avait compté grandement sur
les conseils et même sur l'aide de M. l'abbé.
Dès lors, l'excellent homme, à son insu, devint le complice d'Annette.
Ce sont là, croyez-moi, les meilleurs complices.
C'était le matin. Annette avait couché à l'auberge. Il fit servir à
déjeuner. Rien d'étonnant ni de malséant à ce qu'une bonne paysanne de
la côte déjeune chez M. l'abbé. On envoie de temps en temps un panier
de langoustes, de crevettes, d'huîtres et de poissons; ce n'est qu'une
politesse rendue. Mais, en déjeunant, on conspire.
M. Raffroy, en honnête cœur qu'il était, ne pouvait souffrir les
Bélébon. Il y a toujours un petit coin par où le diable se glisse.
Cette aversion donna chez lui un bon coup d'épaule à la charité
chrétienne.
Il fallut d'abord éclairer la position. Elle était ardue, Seigneur
Dieu! et depuis quatre ans, les Bélébon, grâce aux avis de Laroche,
avaient fait du chemin!
Laroche n'habitait point la Bretagne, mais il y faisait de fréquents
voyages. C'était maintenant un monsieur d'importance, un homme
d'affaires, un entrepreneur. La conviction de l'abbé Raffroy était que
Laroche avait des actions dans la maison Bélébon.
Le jour même de mes vingt et un ans, on avait introduit au tribunal
civil de Vannes une demande en interdiction contre moi. Il se
présentait des difficultés sérieuses. Rarement peut-on rendre, en ces
matières, un jugement contre un défendeur dont l'absence ne permet
point de constater la position intellectuelle et morale, mais la
terrible besogne qui fatigue incessamment les cours d'appel prouve que
les juges de première instance n'y regardent pas toujours à deux fois.
_Errare humanum est_, dit l'adage.
Si un homme me volait ma bourse et me traduisait pour ce fait en
justice, je le prierais d'accepter ma montre avec ma bénédiction. Si
après avoir accepté ma montre il me prenait au collet, j'abandonnerais
l'habit. S'il me saisissait aux cheveux, je suis chauve.
Je fus interdit. Je l'ignorai. On est mieux caché au Magoër et mieux
exilé aussi que dans les forêts de gommiers de l'Australie ou dans les
pampas de l'Amérique.
Une fois l'interdiction prononcée tout était dit, car je n'étais pas
là, ni personne en mon lieu et place pour interjeter appel. J'étais
incapable à perpétuité de contracter mariage.
Laroche et les Bélébon passèrent à un autre exercice bien autrement
important. Il s'agissait de faire adopter Vincent par M. et Mme de
Kervigné, mon père et ma mère. Au point de vue légal et à première
vue, l'entreprise était d'une impossibilité radicale. La loi, en
effet, traite l'adoption comme un acte exceptionnel et en quelque
sorte excessif; elle exige, pour valider cet acte, des conditions
nombreuses en tête desquelles se place le manque d'enfants légitimes.
Moi vivant, mes parents ne pouvaient pas adopter Vincent Bélébon.
Mais ce Laroche était de Normandie. Un homme d'affaires qui a fait
son stage en livrée prend d'effrayantes proportions, croyez-moi. Il y
a dans le Code civil un certain titre _des absent_, dont on peut tirer
bon parti en une multitude de circonstances.
La loi est faite, il est vrai, pour protéger les absents, mais on a
beau dire, le proverbe est là: ils ont toujours tort. Les présents
profitent.
Après quatre années révolues depuis votre disparition ou depuis vos
dernières nouvelles, notez bien ceci, vous êtes déclaré _absent_, par
jugement du tribunal, et M. Joseph-Adrien Rogron, le plus élémentaire
des commentateurs du Code Napoléon, vous avoue franchement que vous
êtes présumé mort. C'est fâcheux. De tous les absents, les morts sont
les plus maltraités.
L'invention de Laroche consistait à me faire déclarer absent d'abord;
chose facile, puisque mon départ de Paris datait de plus de quatre
ans. Une fois l'absence déclarée, une question de droit se présentait
quant à l'adoption. Il est bien vrai que le silence même du Code
semble la résoudre par la négative, mais ce n'était déjà plus
l'impossibilité absolue. Quelque chose était donné désormais à
l'appréciation des juges. Laroche se faisait fort d'enlever la
difficulté d'emblée.
En attendant, l'adoption de fait, qui prépare si bien l'adoption de
droit, existait dans toute la rigueur du mot. Vincent était l'enfant
de la maison. Il se faisait appeler volontiers M. Vincent de
Bélébon-Kervigné. On travaillait à son mariage. Il taillait, il
rognait, il commandait. Mon père et ma mère restaient ses humbles
serviteurs.
Et l'oncle Bélébon, continuant de monopoliser tout l'esprit de la
famille, courait la ville en répétant:
«Ah! ceux-là sont bien heureux d'être tombés sur mon garçon.»
Notez que la fortune de mon père et de ma mère avait plus que doublé
par le retour de la dot de Julie et les successions de mes trois
tantes. En cas de succès, Vincent devenait un des riches propriétaires
du pays, tout en payant une grosse commission à cet ingénieux
Laroche, qui donnait en outre à mon père des conseils d'or pour
l'administration de ses biens.
Mais Vincent, répugnant coquin, mettait à chaque instant l'entreprise
à deux doigts de sa perte. Les deux vieux, comme il les appelait,
voulaient bien être menés par le bout du nez: cette tyrannie même leur
faisait illusion et ils se croyaient en famille, mais, sous la
simplicité de mon père, restait le gentilhomme breton, et l'épée de
bonne trempe ne vaut pas moins dans un fourreau vulgaire; ma mère, si
bien engourdie qu'elle fût dans sa paresse native, augmentée par ce
mortel chagrin dont elle ne voulait point être consolée, ma mère,
dis-je, était la dignité même: un cœur fier, délicat et doux. Sa
patience n'était qu'une léthargie. Quand elle s'éveillait, Vincent
devait lui faire horreur.
Vincent n'avait pas même pris la peine de nettoyer ses mœurs et son
langage. C'était un conquérant: il s'imposait tout entier. Ma mère le
trouvait ivre à chaque instant, et il poussait l'insolence jusqu'à
continuer chez nous son métier de rustique don Juan. La seule chose
qu'il eût changée, c'était son costume. Vincent avait des prétentions
à l'élégance, il portait des bottes vernies, des chapeaux de soie, des
chaînes, des bagues, des breloques, il pommadait son poil. Je ne peux
affirmer qu'il se lavât les mains, mais on l'avait surpris avec des
chemises presque blanches.
Je sais bien que la captation, opérée par un semblable malotru,
paraîtra invraisemblable. Il s'agissait du père et de la mère de
Gérard de Kervigné, l'un des plus brillants jeunes gens que j'aie
rencontrés en toute ma vie. A cette table où l'ignoble drôle trônait,
mon beau-frère, le marquis de Tréfontaines, s'était assis: un type
parfait d'élégance découragée. Je sais bien. Mais qu'y faire? Mon père
avait besoin d'entendre rire et chanter autour de lui quand il
mangeait la soupe, besoin, vous entendez, comme on a besoin de pain et
d'air.
Parfois, ce honteux gredin le faisait rire et tout le fantôme du passé
heureux se dressait peut-être quand l'oncle Bélébon entonnait au
dessert sa ronde mémorable:
On dit qu'aux noces de Thétis
Tous les dieux s'assemblèrent....
Il y avait, cependant, un point sur lequel ma mère ne passait pas
condamnation. Chaque fois que Vincent était ivre,--et c'était tous les
jours--il devenait galant.
Or, imaginez quelles devaient être les galanteries de Vincent. Ma mère
ne pouvait garder des femmes de chambre; sa maison faisait peur
désormais à toutes les honnêtes filles du pays. Elle n'avait pas parlé
haut, de peur de s'éveiller, mais le fait attaquait par trop
directement son repos: elle avait risqué auprès de mon père quelques
plaintes.
Or, ce ménage, en apparence si froid, était un ménage d'amoureux; il y
avait trente ans qu'ils s'aimaient. En cachette des Bélébon, tyrans du
logis, ils avaient tous deux des conciliabules qui étaient de vrais
rendez-vous. Ils se cachaient pour pleurer, pour causer, pour vivre
dans le passé, et l'abbé Raffroy prétendait que parfois mon nom venait
dans ces pauvres entretiens.
Car toutes ces choses que je viens de rapporter, l'abbé Raffroy les
dit à Annette, avec bien d'autres encore. Il était comme les anciens
commensaux de l'hôtel des Lices: il avait le café un peu bavard, bien
que ce fût un homme sobre et un digne prêtre.
Quand on se leva de table, il était l'ami d'Annette et je crois qu'il
l'appela madame René de Kervigné. Il lui demanda:
«En somme, que voulez-vous, ma fille?
--Je veux, répondit Annette, chasser l'ennemi de notre maison.
--Ah! ah! fit le bon abbé, qui ne put s'empêcher de rire. Votre
maison! comme vous y allez!
--Je veux, poursuivit Annette, que les parents de mon bien-aimé mari
aient un fils et une fille, que mes petits enfants aient un nom, et
que nous soyons tous heureux.
--Ainsi soit-il, madame René, ainsi soit-il de tout mon cœur! Mais
parlons raison: la pauvre comtesse est comme la Belle au bois dormant.
--Nous l'éveillerons.
--Peste!.... M. le comte ne vaut guère mieux et, par surcroît, il vous
tient pour un monstre infernal, cause directe et coupable de tous les
malheurs de la famille.
--Nous le détromperons!
--Peste! peste!.... sauf le respect qui lui est dû, savez-vous qu'il
est entêté comme un demi-cent de mules?
--Nous le dompterons!
--Peste! peste! peste! Vous êtes une chère enfant, cela est vrai,
mais...... enfin, _amen! amen!_ du fond de l'âme!.... Je voudrais
savoir seulement le moyen....
--J'ai mon plan.
--En vérité! Voyons ce plan.
--Vous m'avez dit que ma belle-mère....
--Hein?...... Mais au fait...., allez!
--Que ma belle-mère était sans femme de chambre depuis huit jours.
--Exact. Et ça pourra durer.
--Je veux être la femme de chambre de ma belle-mère.»
L'abbé Raffroy fronça le sourcil et devint pensif. Puis il se prit à
regarder attentivement celle qui était là devant lui, douce, mais
résolue, et belle qu'il en avait le cœur tout ému.
«A la grâce de Dieu! murmura-t-il. Nous mentirons le moins que nous
pourrons.... et je vais commencer une neuvaine.»