A PARIS COMME A PARIS!

Il y avait dans ces derniers mots de mon bon père: «Sans toi, je ne

serais pas à Paris,» une vive et chaude reconnaissance. J'eus grand

plaisir à l'embrasser, ainsi que mes deux tantes, qui, au demeurant,

avaient été les amies de mon enfance. Quant aux deux Bélébon, je ne

les embrassai point. La guerre était déclarée. Toute la diligence,

ceux qui me connaissaient et ceux qui ne me connaissaient pas, me

firent fête. La Rimassu déclara que j'avais grandi et pris du _truc_.

La poissonnière et la veuve de la flotte m'adressèrent d'aimables

paroles. Pour m'utiliser, on but tout de suite à ma santé, et ce Judas

de Vincent doubla la politesse.

Gérard semblait surpris et mécontent de trouver là des étrangers. Il

s'assit entre Nougat et l'adjoint. Aussitôt qu'il eut pris place, il

me fut aisé de voir qu'on lui décochait de tous côtés des œillades

interrogatives. Il ne se pouvait point, cependant, que ce loyal et

fier soldat, si élevé au-dessus du niveau des autres convives, fût

engagé avec eux dans une conspiration contre moi.

Non, cela ne se pouvait pas. Il y aurait eu folie à le croire.

Je m'assis au bas bout de la table, non loin de Joson Michais, qui me

faisait des signes en tirant les mèches de ses cheveux plats et me

regardait avec des yeux humides. Je lui tendis la main. Il la baisa

bel et bien et me dit tout bas:

«Ah! monsié el chevâlier! y a du tâbâc!

--Qu'est-ce? demandai-je en me cachant derrière ma serviette que je

dépliai.

--E j'ne sais point, me répondit Joson; mais, quoique ça, y en â!

aussi vrai comme ej'ne mens point, faut dire la vérité!

--Pstt!» me fit Bel-Œil mystérieusement.

Et, arrangeant ses deux mains en porte-voix, elle me dit, en

confidence, au travers de la table:

«Tu as souffert, René! T'avais-je mis en garde contre les

entraînements de cette funeste passion?

--Qu'elle est bête!» grommela Vincent.

Je ne prétends pas qu'il eût tout à fait tort au fond; mais, sur un

geste de Gérard, il se hâta de mettre son nez dans son verre.

Gérard était le maître ici. Cela sautait aux yeux et je ne pouvais me

défendre de penser: «Si je suis condamné, c'est qu'il l'aura bien

voulu.»

Pauvre frère chéri! si beau! si jeune! si heureux! Les secrets

desseins de la Providence ressemblent parfois à un jeu cruel.

Mais faut-il passer sous silence les monstrueuses toilettes qui

émaillaient, ce soir-là, le salon bleu des Frères-Provençaux! A Paris

comme à Paris, c'est clair. On peut tout se permettre dans cette

grande cohue où chacun passe inaperçu: c'est évident. Retournez vos

habits, si vous voulez, et portez une paire de volailles plumées sous

vos aisselles, personne ne vous dira: mon cœur. Voilà l'axiome. Vous

iriez tout nus dans les rues sans les sergents de ville.

Partant de là, pourquoi la province arrive-t-elle toujours avec l'idée

bien arrêtée d'éblouir ce Paris qui ne la regardera pas? Ma tante

Bel-Œil avait une robe de velours amarante, achetée pour les noces de

ma sœur et un certain crêpe de Chine bleu tendre, je dis tendre comme

son cœur sensible. Sur son front jouait une ferronnière, et un oiseau

de paradis un peu pelé hérissait ses cheveux. Elle était splendide,

mais moins que Nougat, rouge comme une tomate dans un spencer collant

de satin blanc, sur lequel se drapait une écharpe de barége vert foncé

frangée d'or. Un collier de topazes serrait son gros cou, et un

perruquier de Paris lui avait arrangé sur la tête un effrayant turban

apporté de Bretagne. Les garçons cassaient les assiettes en la

regardant.

Mme Rimassu, maigre fruit de la Cythère provinciale, avait déployé le

châle Ternaux de ses anciens triomphes. Son comique était moins

effréné que celui de mes tantes. La veuve de l'armée navale était

presque à la mode, parce que le corps de MM. les officiers se fournit

à Paris. C'était en sa personne même que le ravage apparaissait. On a

beau dire: le service de la mer use la chair comme le fer et le bois.

Parlez-moi des poissonnières de Lorient! Savez-vous ce que coûte au

pêcheur qui le prend ce faisan de la mer, ce poisson vêtu d'argent

mat, le plus beau, le mieux fait, le plus délicat de nos côtes, le

lupus d'Horace, le bar de Véfour? Les bars s'en vont. Le prix d'un bar

de vingt livres varie entre une journée et la noyade. La poissonnière

de Lorient l'achète quarante sous et le revend un louis. A Paris, il

vous coûtera soixante francs. Nos bateliers seraient bien riches s'ils

avaient seulement le quart du prix réel de leurs pêches. Mais ils sont

très pauvres. La poissonnière a des pendants d'or qui allongent ses

oreilles jusqu'à l'épaule. Le conducteur de diligence _met de côté_.

Le consignataire de Paris devient millionnaire dès sa seconde

faillite. Ainsi va la marée.

Quant aux hommes, ils avaient généralement l'habit bleu barbeau à

boutons d'or, sauf le gendarme, agrafé dans une redingote longue dite

demi-solde. La cuisine des Frères-Provençaux était très franchement de

leur goût. Les deux sexes faisaient assaut de bonnes dispositions, et

les encouragements de mon père obtenaient l'approbation générale.

J'entendis Nougat qui demandait à Gérard:

«L'as-tu vue, mon colonel?»

L'oncle Bélébon ajouta en clignant de l'œil:

«C'est peut-être déjà chose faite, dis donc?»

Tous les membres de ma famille, et même les gens de Vannes, semblèrent

comprendre cette question dont le sens m'échappait. Je m'étais promis

d'être calme; mais cette convocation de toute la diligence,--coupé,

intérieur et rotonde,--m'exaspérait sourdement. C'était un surcroît de

torture dont l'idée devait appartenir à cet abominable Bélébon.

J'attendis avec anxiété la réponse de Gérard. Tout me faisait peur.

Gérard ne répondit que par un geste d'impatience.

«Bon, bon! dit l'oncle, tu as vingt-quatre heures. C'est la première

fois que je vois la capitale, mais, de mon temps, on n'y mettait pas

tant de façons, hein, Vincent?

--Ah! mais, répliqua le rustre, c'est que tu étais un gaillard, papa!

--Nous les savions toutes! A la santé du colonel, dont le rapide

avancement honore à la fois sa famille et le pays qui l'a vu naître!»

Mon père avait déjà froncé le sourcil, mais ce toast le dérida. Ce

vieux Bélébon était un idiot d'esprit.

Les verres se choquèrent avec fracas.

«Voyons, Parisien, reprit l'oncle à haute et intelligible voix, vas-tu

nous parler de ta donzelle, à la fin! Tu as dû faire danser les écus

bretons! Je voudrais bien savoir qu'est-ce que c'est que cette

paroissienne-là, pour s'être mise avec un oiseau comme toi!»

Sans les gens de la diligence, il est fort possible que j'eusse

répondu tranquillement, tant j'étais fait aux despotiques boutades du

vieux Bélébon. Mais sur tous ces vulgaires visages, le même sourire

satisfait se montra. Je perdis patience du premier coup:

«Chez nous, les portes étaient fermées, mon oncle, répliquai-je en

contenant ma voix, et il y a dans toutes les maisons des inconvénients

qu'il faut supporter de son mieux. Mais ici, nous ne sommes pas chez

nous et nous ne sommes pas seuls. Je vous préviens que les oreilles de

Vincent payeront votre première impertinence!

--Attrape à scier, quoique ça! grogna voluptueusement Joson Michais.

--Tiens! tiens! fit le gendarme.

--Peste! dit l'adjoint, qui lança une œillade à la garde civique. Ah!

diable!»

La garde civique repartit:

«Ah! diable! Peste!»

Rimassu me lança une boulette de mie de pain qui témoignait de son

estime; la veuve maritime battit des mains, et la poissonnière s'écria

au milieu d'un fou rire:

«Tranchée, la vieille morue! Parée, vidée, salée, séchée! Que faut-il

avec ça?»

Vincent s'était levé à demi, blême de rage, Gérard le fit rasseoir

d'un coup de plat de main au sommet du crâne. Mon père, moitié riant,

moitié contrit, me dit:

«René! René! monsieur.»

Puis, s'adressant au Bélébon il ajouta:

«C'est pour rire, mon oncle. Mais vous avez quelquefois trop d'esprit.

Voyons, la paix! On ne prend pas les mouches avec du vinaigre.»

Ceci était énorme de la part de mon père, car rien ne saurait donner

une idée de l'influence qu'avait prise sur lui le vieux Bélébon.

«L'oncle va souvent trop loin! dit aussitôt Nougat.

--Si ce n'était son âge et son défaut de fortune.... ajouta Bel-Œil

qui avait d'anciennes querelles à vider.

--La paix! la paix! répéta mon père. Au fricot! Qui veut de la perdrix

au choux? C'est cuisiné à la papa! Mange cette corporaille, fils René,

ou je te déshérite! Ah! ah! mon oncle! écoutez donc! il a son franc

parler: il n'est pas encore mésallié. Nage partout, matelots! et en

mesure! Les truffes vont venir! Bon appétit, bonne conscience! A la

santé de sainte casserole!

--Bravo! cria la poissonnière. Des marquis comme ça, ça fait plaisir à

voir!

--J'avais oublié de te dire, René, chanta Nougat, exaltée; depuis mon

départ de Vannes, je n'ai pas eu mal à l'estomac une seule fois.

J'étais faite pour les voyages. Paris est un paradis.

--Loin du bruit, murmura Bel-Œil, à l'heure même où nous sommes,

combien de cœurs sensibles doivent y chercher le bonheur!»

Vincent absorbait pour se consoler; l'oncle Bélébon cherchait un moyen

de prendre sa revanche. Si j'avais pu manger la carcasse de perdrix

que mon père m'avait imposée, j'aurais gagné cent pour cent, mais

c'était l'impossible.

J'étouffais dans cette atmosphère chaude et chargée de vapeurs

culinaires. Ma tête brûlait. Je travaillais comme jadis aux heures de

ma fièvre, poursuivant toujours le mot d'une énigme qui sans cesse me

fuyait.

Quel était ici le rôle de Gérard? Il n'y avait pas à s'y tromper;

j'avais surpris des signes d'intelligence. Il avait honte de ses

alliés, mais il avait des alliés. Contre qui cette alliance? Contre

moi? Et pourtant, Gérard m'aimait, j'en étais sûr: je l'aurais juré.

Il est des circonstances où ceux qui vous aiment peuvent être contre

vous. Je n'avais pas le sang-froid qu'il faut pour raisonner dans cet

ordre d'idées, très multiples et très subtiles, dont le résumé est la

phrase proverbiale: _Sauver un noyé malgré lui_. Les demi teintes

m'échappaient. Gérard devait être mon ami ou mon ennemi; entre ces

deux extrêmes, point de milieu.

A chaque instant, des frissons me passaient par le corps. La grotesque

bombance qui m'entourait ne faisait sur moi qu'une impression très

vague. Toute autre chose m'eût gêné pareillement et peut-être

davantage. Je travaillais, je cherchais, j'épuisais mon effort à

m'isoler. Je souffrais à un degré terrible, et je n'aurais pas su dire

de quoi je souffrais.

Quelque chose menaçait, voilà le vrai. Tout grand malheur qui pend a

son cri muet. On l'écoute, il trouble, il navre.

La pensée d'Aurélie me vint. Pourquoi? Eût-elle été à sa place, si

sévèrement que je l'aie pu juger, parmi ces incongruités de bas étage?

Et, cependant, son absence me causait de l'étonnement et de la peur.

Elle était la correspondante naturelle de ma famille à Paris, tant à

cause du lien de parenté qu'en raison de mon séjour chez elle. Seule

elle pouvait fournir sur moi certains renseignements. On avait dû

l'aller voir au saut de la voiture.

A moins que ce voyage ne fût un pur prétexte pour s'empâter aux

Frères-Provençaux.

Cette dernière hypothèse n'était pas l'absurde, comme le lecteur

pourrait le supposer. On a vu parfois la province se ruer sur Paris,

les mains pleines d'intérêts encore plus respectables, et revenir

chez elle, vaincue plus qu'Annibal, par les délices du Palais-Royal,

cette Capoue des vaillances départementales. Cependant je n'admis

point qu'il en pût être ainsi. L'absence d'Aurélie en vint à me

préoccuper de plus en plus.

Elle était la femme des escapades. Elle avait l'esprit qu'il fallait

pour rire aux larmes et savourer le comique de cette prodigieuse

exhibition. Elle était du monde, mais à sa façon, et ce qu'on appelle

la distinction était pour elle un vêtement plutôt qu'une peau. Cette

soirée eût été mémorable dans sa vie. Elle y aurait payé place au

poids de l'or.

Ne l'avait-on point invitée? Etait-ce réserve? La réserve n'étouffait

ici personne, et mon bon père, qui détestait si cruellement les

mésalliances, n'avait pas honte du tout de ses convives. A Paris comme

à Paris! La truffe purifie toutes choses.

L'idée naissait en moi qu'Aurélie pouvait être employée à quelque

ténébreuse machination.

Mais on me gardait à vue. Les truffes venaient d'arriver. L'oncle

Bélébon avait réédité coup sur coup trois de ses plus forts

calembours; sa faveur renaissait de ses ruines.

«Monsieur mon neveu, me dit-il, puisqu'il faut prendre des gants de

satin blanc pour vous parler, vous n'avez pas encore demandé des

nouvelles de votre tante Renotte qui, Dieu merci, vous en a assez

fourré. Je m'en vas vous en dire. La pauvre Renotte est restée malade

de l'affaire de la Poule Noire, et c'est elle qui partira la première,

à ce qu'elle dit. Vincent n'est pas si bien habillé que vous, mais il

n'a pas porté malheur à sa famille.»

Il y eut un grand tumulte. Les uns voulaient savoir à fond l'affaire

de la Poule Noire, les autres maudissaient l'oncle Bélébon qui mettait

du noir dans la fête. Mon père jeta sur moi un regard attristé.

«On a du chagrin à la maison, René, murmura-t-il; les deux petits sont

malades aussi. Mais servez le chambertin, garçon, et toi, l'oncle, que

le diable t'emporte!

--L'ignorance engendre la superstition, formula Bel-Œil.

--T'ai-je dit, me demanda Nougat, que depuis Vannes, je n'avais pas

senti mon estomac? Quelques truffes, Kervigné, s'il vous plaît.

Figurez-vous, ma bonne madame Rimassu, qu'à Vannes, je ne peux pas

digérer un blanc de poulet!

--Quoique ça, glissa Joson Michais à mon oreille, où donc qu'est allé

notre monsié Gérard?»

Je tressaillis comme si j'avais reçu un coup violent. Gérard, en

effet, n'était plus à sa place.

«Pour sûr et pour vrai, acheva Joson, y a du tâbâc, ej'ne mens pas!»

Mon père arrivait en ce moment de joie qui précède la plénitude.

«Garçon! dit-il avec une emphase symptomatique, versez aussi du

chambertin à ce simple villageois que j'ai fait aujourd'hui asseoir à

notre table. Jadis nos ancêtres avaient la coutume de s'entourer de

leurs serviteurs. J'aime le souvenir de ces époques patriarcales.

--Ah! Kervigné! soupira ma tante Bel-Œil, que n'avez-vous toujours ce

style élevé!

--Demain, nous serons au noble faubourg, risqua Nougat imprudemment.

On peut bien s'encanailler un peu aujourd'hui.

--De quoi, ma grosse? interrogea la poissonnière de Lorient, hérissée

comme une brosse. Dites-vous cela pour les personnes qui sont dans le

commerce?

--Nous ne sommes plus sous l'ancien régime! proclama la garde

nationale.

--Mords la! excita Vincent. Kiss! kiss! kiss!

--La canaille, s'écria loyalement le gendarme, c'est les réfractaires

et les perturbateurs de l'ordre public, sous un prince ami de la

Fayette!

--Et de son cheval blanc, grinça le vieux Bélébon. Un sou à qui

chantera _la Parisienne_!»

L'adjoint chercha son écharpe. Je vis bien que mon père allait hisser

le drapeau blanc, mais le champagne parut. On s'embrassa. Nougat et

Mme Rimassu pleurèrent. Au troisième verre de champagne, ils étaient

tous Français et militaires. La poissonnière de Lorient eût pu crier

vive l'Empereur sans rencontrer la moindre opposition.

«A la musique, mon oncle! ordonna mon père d'une voix tonnante.»

Aussitôt Bélébon:

On dit qu'aux noces de Thétis

Tous les dieux s'assemblèrent:

Junon, Pallas, Cérès, Iris

Et Vénus s'y trouvèrent.

Mais il ne chantait pas seul. La poissonnière faux-bourdonnait:

Ce sont les maires et les préfets

Qui sont de jolis cadets;

Ils nous font tirer z'au sort,

Tirer z'au sort,

Tirer z'au sort,

Et nous envoient-z-à la mort!

Rimassu grinçait en fifre:

Ah! la jolie vie que l'on mène

Dans un régiment de hussards!

L'on rit, l'on chante, l'on aime

Et l'on ne craint point les hasards.

Le capitaine de gendarmerie, sans respect pour son uniforme, se mit à

siffler la _Marseillaise_, Vincent fit le coq, ma tante Bel-Œil

roucoula:

Pour gente bergère,

Galant cavalier......

«Devine devinaille! hurla l'adjoint, furieux de ne pas savoir une

chanson: trois moines passant, trois poires pendant, chacun en prit

une et il en resta deux....

--Mon premier, proposa Bel-Œil, est un métal précieux, mon second un

envoyé des cieux, mon tout un fruit délicieux: un baiser à qui

devinera ma charade!

--Jouons à la main chaude! opina Nougat:

Le petit dieu qui gouverne le monde

Avec un bandeau sur les yeux....

--Eh! houp, Jabadâo! criait Joson, en brandissant son verre de

champagne, c'est mignon, cte petit cidre, monsié el chevâlier. Ej'

suis vot'mâtelot à la vie, à la mort, faut pas mentir.... Mais

n'empêche qu'y a du tâbâc!

--Grenadiers! déclama tout à coup la garde civique, vous êtes la

nation armée! La France libérale vous a confié ses institutions. Si

jamais l'étranger....

--A bas les Anglais!

--Ah! l'Allemagne! fit Bel-Œil, la rêveuse Allemagne. Que Dieu

m'envoie l'auteur de _Lottchen ou la Filleule du Rhingrave_!»

L'adjoint demanda:

«Jetez-vous vos langues aux chiens? Un des trois moines s'appelait

Chacun.... Bêtes!»

Et il s'affaissa dans un rire homérique. Vincent lui versa une

demi-tasse de café à l'intérieur de sa cravate.

«Celui qui s'appelait Chacun prit une poire, continua l'adjoint qui

essaya de l'embrasser, et de la sorte il restait deux poires.....

Bêtes!.... madame me croit dans mon lit.

--Viens danser, pataud! dit Nougat qui saisit le gendarme à

bras-le-corps. Je n'ai pas mal à l'estomac!

--A la danse! A la danse!

--Garçon, des violons!

--Nous deux, me dit Bel-Œil en se pendant à mon bras, comme si

j'eusse été l'auteur de _Lottchen ou la Filleule du Rhingrave_,

cherchons un lieu écarté pour parler la seule langue qui convienne aux

cœurs sensibles.»

Annette Laïs · 第 66 / 115 题