C'était une bonne idée, une de ces excellentes idées qui servent à
faire des comédies: une idée riche, féconde, inépuisable. Aurélie, je
le suppose bien, ne connaissait pas elle-même tous les mérites de son
idée. Elle mettait à ma disposition sa liste civile pour jouer un tour
à son mari, et ne voyait rien au delà; mais il est certain que son
idée ne s'arrêtait point à ces surfaces: en ce qui me concerne, elle
gantait la situation avec un si rare bonheur qu'on aurait pu
l'attribuer à un maître du vaudeville, mêlé de couplets. Petite maman
était une femme d'esprit, en somme, et ne manquait point de cœur;
elle avait de la vaillance; elle avait de l'influence à Paris et aussi
en Bretagne, parmi les gens qui étaient les arbitres de mon sort.
Supposez que je fusse entré ou seulement que j'eusse feint d'entrer
dans son caprice, elle était intéressée à me soutenir. Etant donné son
caractère, je puis affirmer qu'elle m'aurait soutenu.
En creusant l'idée, qu'y trouve-t-on? Une femme ayant charge d'âme,
une sorte de tutrice envoyant son pupille à la bataille et disant au
papillon: Tu vas t'approcher de la chandelle.
Il est vrai que le papillon avait, d'avance, les ailes brûlées
jusqu'aux aisselles, mais elle n'en savait rien, et là gît précisément
le vaudeville. Les ailes brûlées se voient tôt ou tard; quand on eût
découvert l'horrible vérité, quand le papillon, puni de ses téméraires
escarmouches, serait venu dire: Je suis vaincu, j'aime, il faut que
j'épouse, représentez-vous la figure de ma cousine!
C'était une révoltée; elle avait à un très haut degré l'honneur et la
loyauté du bandit d'opéra comique. Son affection pour moi était vraie,
malgré l'étrange toilette sous laquelle ce sentiment disparaissait.
J'aurais eu en elle une alliée solide, intrépide et fidèle.
Mais je ne suis pas poète, mais je ne suis pas même vaudevilliste! Je
ne compris point cela. L'eussé-je compris, j'avoue que je n'aurais pas
agi mieux ni plus adroitement. Il est des vocations. Ma nature ne
contenait pas un atome de comédie.
Annette, je ne dis pas. Annette était franche comme l'or, mais son
intelligence subtile se plaisait parfois à combiner des calculs pleins
de finesse. Annette devait un jour venir en aide à son mari et à ses
enfants, au moyen de la comédie la plus gracieuse, la plus charmante,
la plus touchante qu'ait jamais représentée dévouement de femme et de
mère.
Moi, je restai froid comme un marbre. Je n'eus pas même l'esprit de
faire à la triomphante idée d'Aurélie l'aumône de quelques
applaudissements. Petite maman se fâcha, car elle était possédée d'une
soif permanente de flatterie. Elle me dit que j'étais un sot et
m'envoya me coucher.
J'y allai paisiblement. Que m'importait une disgrâce dans cette
maison, qui était pour moi l'exil?
La route de la rue du Regard à la Bastille me semblait longue, longue!
Tout Paris me séparait de ce que j'aimais. Je n'avais pas fait encore
dessein de quitter le toit de mon cousin le président, je n'avais fait
aucun dessein, à vrai dire, mais le besoin naissait en moi de me
rapprocher et d'être libre.
Que m'importait la colère d'Aurélie? C'est à peine si je pensais à
Aurélie pendant qu'elle me parlait. J'avais le cœur plein d'une autre
image. Annette était là, toujours là, devant mes yeux.
Ceci est la nature même; tout le monde me comprendra et m'excusera.
Mais ce qui fut moins naturel, parce que cela tenait à la maladie
exceptionnelle de mon caractère, c'est la sécurité fainéante et
profonde où je m'endormis. Je m'étais engagé de bonne foi à obtenir le
consentement de mon père et de ma mère; en rentrant chez lui, un
autre eût pris la plume et plaidé ardemment sa cause; moi je me mis au
lit, me disant: Je verrai demain. Je comptais écrire, oh! certes.
J'espérais même réussir, mais la pensée du devoir à accomplir ne pesa
jamais suffisamment sur moi. Dussé-je tuer l'intérêt de ma pauvre
épopée d'amour, il me faut bien le confesser: devant tout effort qui
n'a pas pour but immédiat mon amour même, je suis lent, c'est-à-dire
lâche. Je n'étais capable de rien, sinon d'aimer. Je l'ai trop prouvé
en ma vie. Je suis le fils paresseux de ma bonne mère. Sa placidité
expectante est en moi. Je dors comme elle, et comme elle je m'éveille
dans une angoisse ou dans une caresse.
Demain, c'est le mot funeste; demain, c'est l'aurore qui ne se lève
jamais. J'ai dormi des années en disant: Demain.
Avant de me donner tout entier à la pensée d'Annette, je fis cependant
l'effort d'accorder dix minutes à un travail indolent et stérile.
J'évoquai en moi même la famille de Vannes et je me demandai quel
devait être l'effet de cette lettre que je n'écrivais pas.
Ils vinrent tous à mon appel. Je les vis où j'avais coutume autrefois
de les voir: à table. L'énorme soupière d'argent, blasonnée, mais
bosselée, trônait au milieu de la nappe bien blanche et fumait comme
une cheminée à vapeur; Charlot et Mimi pendaient à droite et à gauche
aux jupons de ma mère. Mon beau frère le marquis, tiré à quatre
épingles dans son costume de chasse, avait perdu des cheveux noirs et
gagné des cheveux gris; ma sœur était de mauvaise humeur; Bel-Œil
avait sous l'une et l'autre paupière des larmes traduites de
l'allemand; Nougat, enflée comme une daube, gardait cette pâleur bleue
des tantes apoplectiques qui s'obstinent à trop digérer; l'abbé
Raffroy, qui venait de donner raison à deux opinions ennemies,
attachait, d'un air content, sa serviette à l'aide d'une épingle; ma
tante Renotte, éveillée comme une souris, arrivait de Landevan tout
exprès pour avoir de mes nouvelles; l'oncle Bélébon ressassait
impudemment pour la millième fois tout l'esprit de la famille, et
l'ignoble Vincent, se trompant de carafe, trempait son vin rouge avec
du vin blanc.
Quoique ça, Joson Michais avait sa serviette sur le bras et regardait
ma lettre que mon père tenait à la main.
Car elle était là, ma lettre. Mon père disait:
«A la soupe! à la soupe! Bon appétit, bonne conscience! Je voudrais
que le chevalier eût sa part de la trempée. Ah! ah! mangeons d'abord.
Voilà un potage qui va tomber dans mes bottes.»
Ma mère réclamait tout doucement la lecture préalable de la lettre, et
ma tante Renotte l'exigeait à grands cris, mais une imposante majorité
soutenait le potage.
Le potage l'emporta. Pendant qu'on mangeait le potage, on parla de
moi. Ma sœur dit que j'étais bien heureux de n'avoir que moi à
penser. Les enfants, c'est la ruine. Nougat fit l'éloge de
l'eau-de-vie stomachique, objet de mon dernier envoi, et Bel-Œil se
plaignit de n'avoir pas encore reçu _La famille d'Anspach ou
l'Heureuse torture_, par Mme la baronne de Pfafferlohenlohe, née
Fréderica Bierbrawer.
«Bon cœur et ne manquant pas d'intelligence, plaça l'abbé Raffroy
entre deux cuillerées trop chaudes.
--Ce n'est pas Gérard, approuva Nougat, mais enfin....
--Ah! Gérard, riposta aigrement Bel-Œil, s'il est beau, il coûte
cher.
--On ne l'a pas envoyé là-bas, fit observer l'oncle Bélébon, pour
faire l'ornement de la capitale. Aussi! c'est le cadet! Un tabouret
pour chauffer les pieds de la présidente. Il passera trois ans là bas,
et il reviendra à votre charge!»
Le croirait-on? Je m'endormis au moment où l'on allait ouvrir ma
lettre! Je rêvai d'Annette, comme c'était mon droit et mon devoir.
Avant dix heures, le lendemain, j'étais assis auprès d'Annette, dont
les doigts blancs rêvaient sur les touches de son piano.
Elle avait dit vrai, rigoureusement vrai, son piano parlait; ce fut
notre première conversation d'amour. Mon âme vibre encore à ces chants
dont le souvenir l'imprégnera jusqu'au dernier jour de ma vie.
J'écoutais en extase, je naissais à une existence nouvelle. Pour moi,
la passion est quelque chose de suave et de profond qui pénètre et qui
berce. Je ne me suis jamais senti si bien moi-même qu'en écoutant ce
langage inarticulé des sons.
Tous les aveux étaient là dedans, tous les serments, et aussi toutes
les délicatesses infinies de la gamme d'aimer que la parole ne sut
jamais rendre. Je contemplais le profil si pur d'Annette et le rayon
de sa prunelle qui allait au ciel. Quand ses doigts s'arrêtaient, elle
se retournait vers moi souriante.
«Etes-vous pieux, René? me demanda-t-elle pendant que le dernier
accord d'un cantique de Haydn errait encore autour de nous.
--J'adore Dieu en vous,» répondis-je.
Et, comme si ma langue se fût déliée par un charme:
«Je ne suis que vous, ajoutai-je. Il me semble que je n'existais pas
avant d'avoir porté à mes lèvres cette coupe qui est notre tendresse.
Je n'ai pas le cœur ivre, mais je languis comme si je me mourais
étouffé par des parfums. Vous m'entourez, je vous respire, je suis
pieux de vous.
--Païen,» me dit-elle en riant.
Mais sa belle bouche était toute pâle.
Et ses doigts, promenés sur les touches, exhalèrent je ne sais quels
sons qui renvoyaient du ciel l'écho de mes paroles terrestres.
Elle me dit encore:
«Chantez-moi une chanson de notre Bretagne.»
Entendez-vous? Notre Bretagne! Oh! je l'avais vue dans nos champs et
sous nos ombrages. Mais les anges eux-mêmes, ces âmes ailées qui sont
des femmes, n'auraient pu trouver un mot pour remuer plus
délicieusement les voluptés entassées dans mon cœur.
Notre Bretagne! sa bouche gardait la forme de ce mot, qui était répété
dans l'enchantement de son sourire.
J'obéis.... Je ne savais pas que j'avais une belle voix. Elle me le
dit et je fus heureux, car j'étais heureux de tout ce qui tombait de
ses lèvres.
Je chantai un de ces refrains que se renvoient les pâtures au travers
de la lande. Des larmes roulèrent sur sa joue.
Ma lon la
Les enfants sont là,
La vache est rentrée à l'étable;
Ma lon la
Ave Maria,
L'Angelus les endormira.
«Je voudrais voir la mer,» murmura-t-elle.
Je lui racontai la mer, vaste et sereine comme le ciel.
C'est là, sur la côte, à l'abri des derniers arbres, que nous bâtîmes
la maison de notre bonheur. Il y avait un champ de blé qu'une vieille
haie d'aubépine aux troncs bossus protégeait contre le vent du large.
Devant le champ de blé, c'était la lande qui allait s'affaissant
jusqu'aux sables où commençait la prairie marine, avec ses herbes
bleues qui sentent le sel. La dune faisait à cet horizon une bordure
d'or, au delà de laquelle brillait l'Océan, glorieuse ceinture de la
terre.
Les fenêtres de notre maison regardaient en face l'Océan. Son mur
blanc servait de phare aux mariniers qui la voyaient au loin, qui la
connaissaient, qui l'aimaient.
Par derrière, il y avait un jardin, le verger, puis la forêt, autre
immensité.
J'ai ouï dire: C'est triste! Bonté de Dieu! L'amour entre la mer et
les bois!
Mais oui, c'est triste comme toute grandeur, triste comme la suprême
félicité.
Il n'y a là ni petites gaietés, ni grimaçants éclats de rire. Il n'y
faut point exiler celles qui soupent à la Maison d'Or, ni celles qui
rêvent le long des rives du lac, au bois de Boulogne, privées comme
les canards de ces ondes domestiques. Elles y mourraient peut-être si
elles y vivaient, leurs piaulements insulteraient au silence et leurs
bons mots, extraits de Déjazet, offenseraient la solitude.
A chaque contrée sa flore. Paris s'amuse, il a raison, ne pouvant
mieux faire. Pourquoi transporter ses jouets? Je sais des lieux où la
poésie des Bouffes-Parisiens serait lugubre; je sais de pauvres gens
qui ne comprendraient pas le sire de Framboisy.
Mais méditez bien ceci: tout besoin d'amusette suppose l'ennui, car
les gens bien portants ne font pas queue à la porte des pharmaciens.
Eh bien! je vous jure qu'on ne s'ennuie jamais entre la forêt et la
mer.
Le charme était rompu cependant, notre amour avait une voix, nous
trouvions des paroles pour ajouter sans cesse aux joies de ce paradis
lointain qui était notre avenir. Le mot aimer ne revient pas si
souvent qu'on le dit dans l'échange des caressantes pensées. Entre
nous deux, il était sous-entendu sans cesse, et il arrivait ceci que
tous les autres mots du langage lui volaient son sens pour signifier:
je t'aime.
Je m'en allai, le cœur gros de bonheur. M. Laïs m'avait appelé son
fils et Philippe son frère. Dans la rue, sous la fenêtre d'Annette,
j'entendis son piano qui chantait:
Ma lon la
Les enfants sont là....
Les enfants! nos enfants! La jeune mère auprès du berceau! Est-ce
parce que ce furent là mes seules folies que jeunesse en moi ne s'est
jamais passée?
Nous brûlons cependant, comme disent les bambins dans leurs jeux. Nous
arrivons aux scènes importantes de notre drame, et il faut faire trêve
aux détails. Quinze jours se passèrent ainsi, durant lesquels je ne
fis rien absolument de ce qui était nécessaire pour sauvegarder au
moins ma situation. Je n'écrivis point la fameuse lettre à ma famille,
et pas une seule fois je ne mis le pied au ministère.
J'ai dit que je ressemblais à ma mère. Certes, ma bonne mère elle-même
n'aurait point poussé jusque là l'imprévoyance et l'insouciance. Je me
laissais aller à mon bonheur comme un bateau à la dérive; je ne
pensais à rien, je ne craignais rien. Il ne m'arrivait jamais de me
dire que, de toute nécessité, mon cousin de Kervigné apprendrait tôt
ou tard mes absences au ministère; je ne faisais pas réflexion que mon
sans-gêne à l'égard du bureau et de l'Ecole de droit avait été jusqu'à
l'impudence. Et tout en n'ayant pas l'ombre de remords, je me disais
toujours: Il faut que je travaille! Il faut que je me crée une
indépendance! Je vais commencer, mais là, sérieusement...
Quand? demain.
Il y avait une chose pourtant qui me tenait au cœur: la lettre. Je
n'avais garde d'oublier la lettre, à cause des transes qui me
serraient la poitrine chaque fois que je passais le seuil de M. Laïs.
A ce moment-là, je me promettais sous les serments les plus sacrés
d'écrire ma lettre dès le soir même. Je la rédigeais tout entière dans
ma tête, quoique j'eusse pu déjà la réciter par cœur.
Mais M. Laïs me donnait une poignée de main et me disait: «Annette est
là,» en poursuivant sa ligne commencée. J'entrais dans la chambre
d'Annette; le charme m'enveloppait, tout était dit.
Je pense bien que Philippe, toujours tendre et bon, mais absorbé dans
sa manie, avait oublié parfaitement qu'il y avait une lettre à écrire.
J'étais son frère, puisque les paroles étaient échangées. Cela lui
suffisait.
Ce qui m'étonne, c'est que cette situation ait pu durer quinze jours.
Je ne parle pas des Laïs, mais bien de mon cousin de Kervigné qui
avait des rapports journaliers avec le ministère de la justice. D'un
autre côté, c'est à peine si l'on me voyait de temps en temps à
l'hôtel. Je n'avais observé aucun des articles du traité de paix signé
avec ma cousine. Elle n'était pas du tout ma confidente; je ne lui
racontais jamais ni orgies, ni fredaines. J'étais, en vérité, protégé
par le hasard, ce dieu qui donne si souvent raison aux insouciants.
Le président, en effet, ne s'occupait pas de moi, et quant à Aurélie,
elle avait élevé son Sauvagel à la hauteur d'un personnage.
J'étais libre comme l'air.
Et, pour casser les vitres, il fallut une circonstance fortuite. Si
Laroche ne m'avait pas vu entrer chez les Laïs, je ne sais pas quand
le dénoûment serait venu.
Laroche dut éprouver ici une joie sans mélange, car il était pour moi
un ennemi venimeux et mortel. Il s'informa; il apprit aisément dans le
voisinage que je ne quittais presque plus la maison.
J'ai su plus tard par Aurélie qu'il m'accusa formellement, auprès du
président, d'avoir accepté les subsides offerts et rempli mon rôle
dans cette comédie dont elle m'avait proposé le scénario.
Ce fut un matin, et le lendemain du jour où il avait été décidé chez
les Laïs qu'Annette payerait le dédit pour quitter décidément le
théâtre, qu'eut lieu la scène que je vais rapporter.
Laroche vint de grand matin dans ma chambre et me pria, de la part de
mon cousin, de ne point manquer au second déjeuner. Je descendis chez
Aurélie pour savoir de quoi il s'agissait. Aurélie n'était pas dans la
confidence; néanmoins, elle prévoyait une catastrophe, à cause de
Laroche, qui riait et se frottait les mains en parlant de moi.
«Vous comprenez, chevalier, me dit-elle, moi, je ne sais plus rien de
vos affaires. Vous êtes cause que j'ai découvert en notre jeune ami,
M. Sauvagel, des qualités que je ne soupçonnais vraiment pas, et
j'aurais grand tort de me plaindre. M. de Kervigné s'intéresse
beaucoup maintenant à M. Sauvagel. C'est trop juste. Je ne veux pas
dire que vous ayez perdu toute mon amitié. Voyons, avez-vous fait
quelque sottise un peu trop pommée? Cela peut-il se réparer avec de
l'argent? Les jeunes gens qui, au lieu de fréquenter la bonne
compagnie, se lancent parmi ces demoiselles des ministères..... enfin,
n'importe, ma petite bourse est toujours à votre disposition.»
Je remerciai comme je le devais et j'attendis le déjeuner.
Au déjeuner, mon cousin fut tout particulièrement bienveillant et
poli, mais, vers le dessert, il me dit:
«René, vous êtes destitué de votre emploi au ministère. J'ai appris
avec surprise que personne ne vous y connaissait.
--Comment! s'écria ma cousine rouge de colère. Il m'avait dit....
--Je vous ai menti, madame, l'interrompis-je.
--Ah!.... ah!.... voilà qui est répondre la bouche ouverte.»