5 Avril 1916.

Hier soir, je me suis confessé et ce matin j'ai communié. J'ai demandé

pardon à Dieu de mes fautes et aussi je lui ai crié mon amour.

A vous aussi, mes bien chers parents, je dois crier que je vous aime et

que, après Dieu, vous êtes mes seules grandes affections.

Lorsque j'étais petit, vous vous êtes souvent privés pour moi et vous

n'avez jamais hésité à faire un sacrifice pour me rendre heureux. Que de

travail petite mère n'a-t-elle pas fait. Depuis vingt ans, petit père se

fatigue à travailler le soir pour moi.

Devant tant de dévouement et d'amour paternels et maternels, je n'ai

montré souvent qu'ingratitude et désobéissance, que mauvaise humeur.

Malgré mon attitude froide, ne croyez pas que néanmoins la plus tendre

affection n'existait pas chez moi. Avec l'expérience et l'âge, j'ai

appris à vous connaître et à vous aimer. Je vous ai comparés aux autres

parents. J'ai toujours trouvé que vous étiez les meilleurs et surtout

ceux qui voyaient le mieux l'avenir de leur enfant.

Cette lettre vous arrivera si un accident m'arrivait. Gardez un bon

souvenir de votre enfant cher qui vous aime de toute son âme et qui fut

vraiment heureux entre petit père et petite mère.

Je vous remercie de vos prières pour que Dieu me conserve. Que Dieu vous

bénisse!

Votre enfant qui vous embrasse mille fois tous les deux et qui pense

toujours à vous.

La dernière lettre écrite par des soldats français tombés au champ d'honneur 1914-1918 · 第 36 / 150 题