8 heures du matin.

Au front, le 22 Octobre 1916.

Cher Frère,

Je crois que c'est la dernière lettre que je t'écris. Je pars

aujourd'hui, à 10 heures, en auto, à Verdun, et je monte probablement en

ligne cette nuit. On attaquera dans deux ou trois jours, je t'assure que

je ferai du bon travail; on attaque pour prendre le fort de Douaumont.

Eh bien! on le prendra, on le gardera, et en plus, les Boches, on les

aura.

Je laisse le caoutchouc que Mme Sebah a bien voulu me payer, chez une

bonne femme qui habite Stainville; s'il m'arrive un malheur, tu

le réclameras. Voici son adresse: Mme Gallois, rue Nationale, 57,

Stainville (Meuse).

Je pars avec enthousiasme et espoir de vaincre; j'ai une mission à

remplir, je la remplirai jusqu'au bout.

J'ai confiance en notre victoire et je t'assure qu'on aura l'avantage.

Donne bien le bonjour, etc.

Ton frère,

Henri BISMUTH.

_Lettre de Henri BONHOMME, 63e Bataillon de Chasseurs Alpins._

La dernière lettre écrite par des soldats français tombés au champ d'honneur 1914-1918 · 第 26 / 150 题