Rigolette

...Si assuré que soit le bonheur dont on jouit,

on serait quelquefois tenté de désirer des

_malheurs impossibles_, pour compléter avec

reconnaissance et vénération la noble grandeur

de certains dévouements...

WOLFGANG, _L'Esprit-Saint_, livre II.

Rigolette, essuyant ses larmes et s'adressant à Germain, dont le front

était appuyé sur la grille, lui dit avec un accent touchant, sérieux,

presque solennel, qu'il ne lui connaissait pas encore:

--Écoutez-moi, Germain, je m'exprimerai peut-être mal, je ne parle pas

aussi bien que vous; mais ce que je vous dirai sera juste et sincère.

D'abord vous avez tort de vous plaindre d'être isolé, abandonné...

--Oh! ne pensez pas que j'oublie jamais ce que votre pitié pour moi vous

inspire!...

--Tout à l'heure je ne vous ai pas interrompu quand vous avez parlé de

pitié... mais puisque vous répétez ce mot... je dois vous dire que ce

n'est pas du tout de la pitié que je ressens pour vous... Je vais vous

expliquer cela de mon mieux.

«Quand nous étions voisins, je vous aimais comme un bon frère, comme un

bon camarade, vous me rendiez de petits services, je vous en rendais

d'autres; vous me faisiez partager vos amusements du dimanche, je

tâchais d'être bien gaie, bien gentille pour vous en remercier... nous

étions quittes.

--Quittes! Oh! non... je...

--Laissez-moi parler à mon tour... Quand vous avez été forcé de quitter

la maison que nous habitions... votre départ m'a fait plus de peine que

celui de mes autres voisins.

--Il serait vrai!...

--Oui, parce qu'eux autres étaient des sans-soucis à qui, certainement,

je vais manquer bien moins qu'à vous; et puis ils ne s'étaient résignés

à devenir mes camarades qu'après s'être fait cent fois répéter par moi

qu'ils ne seraient jamais autre chose... Tandis que vous... vous avez

tout de suite deviné ce que nous devions être l'un pour l'autre.

«Malgré ça, vous passiez auprès de moi tout le temps dont vous pouviez

disposer... vous m'avez appris à écrire... vous m'avez donné de bons

conseils, un peu sérieux, parce qu'ils étaient bons, enfin vous avez été

le plus dévoué de mes voisins... et le seul qui ne m'ayez rien

demandé... pour la peine... Ce n'est pas tout, en quittant la maison,

vous m'avez donné une grande preuve de confiance... vous voir confier un

secret si important à une petite fille comme moi, dame, ça m'a rendue

fière... Aussi, quand je me suis séparée de vous, votre souvenir m'était

toujours bien plus présent que celui de mes autres voisins... Ce que je

vous dis là est vrai... vous le savez, je ne mens jamais...

--Il serait possible!... Vous auriez fait cette différence entre moi...

et les autres?...

--Certainement, je l'ai faite, sinon j'aurais eu un mauvais coeur...

Oui, je me disais: «Il n'y a rien de meilleur que M. Germain; seulement

il est un peu sérieux... mais c'est égal, si j'avais une amie qui voulût

se marier pour être bien, bien heureuse, certainement je lui

conseillerais d'épouser M. Germain, car il serait le paradis d'une bonne

petite ménagère.»

--Vous pensiez à moi!... pour une autre..., ne put s'empêcher de dire

tristement Germain.

--C'est vrai; j'aurais été ravie de vous voir faire un heureux mariage,

puisque je vous aimais comme un bon camarade. Vous voyez, je suis

franche, je vous dis tout.

--Et je vous en remercie du fond de l'âme; c'est une consolation pour

moi d'apprendre que parmi vos amis j'étais celui que vous préfériez.

--Voilà où en étaient les choses lorsque vos malheurs sont arrivés...

C'est alors que j'ai reçu cette pauvre et bonne lettre où vous

m'instruisiez de ce que vous appelez une faute... faute que je trouve,

moi qui ne suis pas savante, une belle et bonne action; c'est alors que

vous m'avez demandé d'aller chez vous chercher ces papiers qui m'ont

appris que vous m'aviez toujours aimée d'amour sans oser me le dire. Ces

papiers où j'ai lu--et Rigolette ne put retenir ses larmes--que,

songeant à mon avenir, qu'une maladie ou le manque d'ouvrage pouvaient

rendre si pénible, vous me laissiez, si vous mouriez de mort violente,

comme vous pouviez le craindre... vous me laissiez le peu que vous aviez

acquis à force de travail et d'économie...

--Oui, car si de mon vivant vous vous étiez trouvée sans travail ou

malade... c'est à moi, plutôt qu'à tout autre, que vous vous seriez

adressée, n'est-ce pas? J'y comptais bien, dites! dites!... Je ne me

suis pas trompé, n'est-ce pas?

--Mais c'est tout simple, à qui auriez-vous voulu que je m'adresse?

--Oh! tenez, voilà de ces paroles qui font du bien, qui consolent de

bien des chagrins!

--Moi, je ne peux pas vous exprimer ce que j'ai éprouvé en lisant...

quel triste mot! ce testament dont chaque ligne contenait un souvenir

pour moi ou une pensée pour mon avenir; et pourtant je ne devais

connaître ces preuves de votre attachement que lorsque vous n'existeriez

plus... Dame, que voulez-vous! après une conduite si généreuse, on

s'étonne que l'amour vienne tout d'un coup!... C'est pourtant bien

naturel... n'est-ce pas, monsieur Germain?

La jeune fille dit ces derniers mots avec une naïveté si touchante et si

franche, en attachant ses grands yeux noirs sur ceux de Germain, que

celui-ci ne comprit pas tout d'abord, tant il était loin de se croire

aimé d'amour par Rigolette.

Pourtant ces paroles étaient si précises que leur écho retentit au fond

de l'âme du prisonnier; il rougit, pâlit tour à tour, et s'écria:

--Que dites-vous! Je crains... Oh! mon Dieu... je me trompe peut-être...

je...

--Je dis que du moment où je vous ai vu si bon pour moi, et où je vous

ai vu si malheureux, je vous ai aimé autrement qu'un camarade, et que si

maintenant une de mes amies voulait se marier, dit Rigolette en souriant

et rougissant, ce n'est plus vous que je lui conseillerais d'épouser,

monsieur Germain.

--Vous m'aimez! Vous m'aimez!

--Il faut bien que je vous le dise de moi-même, puisque vous ne me le

demandez pas.

--Il serait possible!

--Ce n'est pourtant pas faute de vous avoir par deux fois mis sur la

voie, pour vous le faire comprendre. Mais bon! monsieur ne veut pas

entendre à demi-mot, il me force à lui avouer ces choses-là. C'est mal

peut-être, mais comme il n'y a que vous qui puissiez me gronder de mon

effronterie, j'ai moins peur; et puis, ajouta Rigolette d'un ton plus

sérieux et avec une tendre émotion, tout à l'heure vous m'avez paru si

accablé, si désespéré, que je n'y ai pas tenu; j'ai eu l'amour-propre de

croire que cet aveu, fait franchement et du fond du coeur, vous

empêcherait d'être malheureux à l'avenir. Je me suis dit: «Jusqu'à

présent, je n'ai pas eu de chance dans mes efforts pour le distraire ou

pour le consoler; mes friandises lui étaient l'appétit, ma gaieté le

faisait pleurer; cette fois du moins...» Ah! mon Dieu! qu'avez-vous?

s'écria Rigolette en voyant Germain cacher sa figure dans ses mains. Là!

voyez si ce n'est pas cruel! s'écria-t-elle, quoi que je fasse, quoi que

je dise... vous restez aussi malheureux; c'est être par trop méchant et

par trop égoïste aussi!... On dirait qu'il n'y a que vous qui souffriez

de vos chagrins!...

--Hélas! quel malheur est le mien!!! s'écria Germain avec désespoir.

Vous m'aimez, lorsque je ne suis plus digne de vous!

--Plus digne de moi? Mais ça n'a pas de bon sens, ce que vous dites là!

C'est comme si je disais qu'autrefois je n'étais pas digne de votre

amitié, parce que j'avais été en prison... car, après tout, moi aussi

j'ai été prisonnière, en suis-je moins honnête fille?

--Mais vous êtes allée en prison parce que vous étiez une pauvre enfant

abandonnée, tandis que moi! mon Dieu, quelle différence!

--Enfin, quant à la prison, nous n'avons rien à nous reprocher,

toujours!... C'est plutôt moi qui suis une ambitieuse... car, dans mon

état, je ne devrais penser qu'à me marier avec un ouvrier. Je suis un

enfant trouvé... je ne possède rien que ma petite chambre et mon bon

courage... pourtant je viens hardiment vous proposer de me prendre pour

femme!

--Hélas! autrefois ce sort eût été le rêve, le bonheur de ma vie! Mais à

cette heure, moi, sous le coup d'une accusation infamante, j'abuserais

de votre admirable générosité, de votre pitié qui vous égare peut-être!

Non, non.

--Mais, mon Dieu! Mon Dieu! s'écria Rigolette avec une impatience

douloureuse, je vous dis que ce n'est pas de la pitié que j'ai pour

vous! c'est de l'amour. Je ne songe qu'à vous! Je ne dors plus, je ne

mange plus; votre triste et doux visage me suit partout. Est-ce de la

pitié, cela? Maintenant, quand vous me parlez, votre voix, votre regard

me vont au coeur. Il y a mille choses en vous qui, à cette heure, me

plaisent à la folie, et que je n'avais pas remarquées. J'aime votre

figure, j'aime vos yeux, j'aime votre tournure, j'aime votre esprit,

j'aime votre bon coeur, est-ce encore de la pitié, cela? Pourquoi, après

vous avoir aimé en ami, vous aimé-je en amant? je n'en sais rien!

Pourquoi étais-je folle et gaie quand je vous aimais en ami, pourquoi

suis-je tout absorbée depuis que je vous aime en amant? je n'en sais

rien! Pourquoi ai-je attendu si tard pour vous trouver à la fois beau et

bon, pour vous aimer à la fois des yeux et du coeur? je n'en sais rien,

ou plutôt, si, je le sais, c'est que j'ai découvert combien vous

m'aimiez sans me l'avoir jamais dit, combien vous étiez généreux et

dévoué. Alors l'amour m'a monté du coeur aux yeux, comme y monte une

douce larme quand on est attendri.

--Vraiment, je crois rêver en vous entendant parler ainsi.

--Et moi, donc! je n'aurais jamais cru pouvoir oser vous dire tout cela;

mais votre désespoir m'y a forcée! Eh bien! monsieur, maintenant que

vous savez que je vous aime comme mon ami! comme mon amant! comme mon

mari! direz-vous encore que c'est de la pitié?

Les généreux scrupules de Germain tombèrent un moment devant cet aveu si

naïf et si vaillant. Une joie inespérée le ravit à ses douloureuses

préoccupations.

--Vous m'aimez! s'écria-t-il. Je vous crois: votre accent, votre regard,

tout me le dit! Je ne veux pas me demander comment j'ai mérité un pareil

bonheur, je m'y abandonne aveuglément. Ma vie, ma vie entière, ne

suffira pas à m'acquitter envers vous! Ah! j'ai bien souffert déjà; mais

ce moment efface tout!

--Enfin, vous voilà consolé. Oh! j'étais bien sûre, moi, que j'y

parviendrais! s'écria Rigolette avec un élan de joie charmante.

--Et c'est au milieu des horreurs d'une prison, et c'est lorsque tout

m'accable, qu'une telle félicité...

Germain ne put achever.

Cette pensée lui rappelait la réalité de sa position; ses scrupules, un

moment oubliés, revinrent plus cruels que jamais, et il reprit avec

désespoir:

--Mais je suis prisonnier, mais je suis accusé de vol, mais je serai

condamné, déshonoré peut-être! et j'accepterais votre valeureux

sacrifice, je profiterais de votre généreuse exaltation! Oh non! non! je

ne suis pas assez infâme pour cela!

--Que dites-vous?

--Je puis être condamné... à des années de prison.

--Eh bien! répondit Rigolette avec calme et fermeté, on verra que je

suis une honnête fille, on ne nous refusera pas de nous marier dans la

chapelle de la prison.

--Mais je puis être emprisonné loin de Paris.

--Une fois votre femme, je vous suivrai; je m'établirai dans la ville où

vous serez; j'y trouverai de l'ouvrage, et je viendrai vous voir tous

les jours!

--Mais je serai flétri aux yeux de tous.

--Vous m'aimez plus que tout, n'est-ce pas?

--Pouvez-vous me le demander?

--Alors que vous importe? Loin d'être flétri à mes yeux, je vous

regarderai, moi, comme le martyr de votre bon coeur.

--Mais le monde vous accusera, le monde condamnera, calomniera votre

choix...

--Le monde! c'est vous pour moi, et moi pour vous; nous laisserons

dire...

--Enfin, en sortant de prison, ma vie sera précaire, misérable; repoussé

de partout, peut-être ne trouverai-je pas d'emploi!... Et puis cela est

horrible à penser, mais si cette corruption que je redoute allait malgré

moi me gagner... quel avenir pour vous!

--Vous ne vous corromprez pas; non, car maintenant vous savez que je

vous aime, et cette pensée vous donnera la force de résister aux mauvais

exemples... vous songerez qu'alors même que tous vous repousseraient en

sortant de prison, votre femme vous accueillera avec amour et

reconnaissance, bien certaine que vous serez resté honnête homme... Ce

langage vous étonne, n'est-ce pas? il m'étonne moi-même... Je ne sais

pas où je vais chercher ce que je vous dis... c'est au fond de mon âme

assurément... et cela doit vous convaincre... sinon, si vous dédaigniez

une offre qui vous est faite de tout coeur... si vous ne vouliez pas de

l'attachement d'une pauvre fille qui ne...

Germain interrompit Rigolette avec une ivresse passionnée.

--Eh bien! j'accepte... j'accepte; oui, je le sens, il est quelquefois

lâche de refuser certains sacrifices, c'est reconnaître qu'on en est

indigne... J'accepte, noble et courageuse fille.

--Bien vrai? Bien vrai, cette fois?...

--Je vous le jure... et puis, vous m'avez dit d'ailleurs quelque chose

qui m'a frappé, qui m'a donné le courage qui me manquait.

--Quel bonheur! Et qu'ai-je dit?

--Que pour vous je devrai désormais rester honnête homme... Oui, dans

cette pensée je trouverai la force de résister aux détestables

influences qui m'entourent... Je braverai la contagion, et je saurai

conserver digne de votre amour ce coeur qui vous appartient!

--Ah! Germain, que je suis heureuse! Si j'ai fait quelque chose pour

vous, comme vous me récompensez!!!

--Et puis, voyez-vous, quoique vous excusiez ma faute, je n'oublierai

pas sa gravité... Ma tâche à l'avenir sera double: expier le passé et

mériter le bonheur que je vous dois... Pour cela, je ferai le bien...

car, si pauvre que l'on soit, l'occasion ne manque jamais.

--Hélas! mon Dieu! c'est vrai, on trouve toujours plus malheureux que

soi.

--À défaut d'argent...

--On donne des larmes, ce que je faisais pour ces pauvres Morel...

--Et c'est une sainte aumône: la charité de l'âme vaut bien celle qui

donne du pain.

--Enfin vous acceptez... vous ne vous dédirez pas?...

--Oh! jamais, jamais, mon amie, ma femme; oui, le courage me revient, il

me semble sortir d'un songe, je ne doute plus de moi-même, je m'abusais,

heureusement je m'abusais. Mon coeur ne battrait pas comme il bat, s'il

avait perdu de sa noble énergie.

--Oh! Germain, que vous êtes beau en parlant ainsi! Combien vous me

rassurez, non pour moi, mais pour vous-même! Ainsi, vous me le

promettez, n'est-ce pas, maintenant que vous avez mon amour pour vous

défendre, vous ne craindrez plus de parler à ces méchants hommes, afin

de ne pas exciter leur colère contre vous?

--Rassurez-vous. En me voyant triste et accablé, ils m'accuseraient sans

doute d'être en proie à mes remords; et en me voyant fier et joyeux, ils

croiront que leur cynisme m'a gagné.

--C'est vrai; ils ne vous soupçonneront plus, et je serai tranquille.

Ainsi, pas d'imprudence... maintenant vous m'appartenez... je suis votre

petite femme?

À ce moment le gardien fit un mouvement: il s'éveillait.

--Vite! dit tout bas Rigolette avec un sourire plein de grâce et de

pudique tendresse. Vite, mon mari, donnez-moi un beau baiser sur le

front, à travers la grille... ce seront nos fiançailles.

Et la jeune fille, rougissant, appuya son front sur le treillis de fer.

Germain, profondément ému, effleura de ses lèvres, à travers le

grillage, ce front pur et blanc.

Une larme du prisonnier y roula comme une perle humide.

Touchant baptême de cet amour chaste, mélancolique et charmant!

--Oh! oh! déjà trois heures! dit le gardien en se levant, et les

visiteurs doivent être partis à deux. Allons, ma chère demoiselle,

ajouta-t-il en s'adressant à la grisette, c'est dommage, mais il faut

partir.

--Oh! merci, merci, monsieur, de nous avoir ainsi laissés causer seuls.

J'ai donné bon courage à Germain; il prendra sur lui pour n'avoir plus

l'air si chagrin, et il n'aura plus rien à craindre de ses méchants

compagnons. N'est-ce pas, mon ami?

--Soyez tranquille, dit Germain en souriant, je serai à l'avenir le plus

gai de la prison.

--À la bonne heure, alors ils ne feront plus attention à vous, dit le

gardien.

--Voilà une cravate que j'ai apportée à Germain, monsieur, reprit

Rigolette; faut-il la déposer au greffe?

--C'est l'usage; mais, après tout, pendant que je suis en dehors du

règlement, une petite chose de plus ou de moins... Allons, faites la

journée complète, donnez-lui votre cadeau vous-même.

Et le gardien ouvrit la porte du couloir.

--Ce brave homme a raison, la journée sera complète, dit Germain en

recevant la cravate des mains de Rigolette qu'il serra tendrement.

Adieu, et à bientôt. Maintenant je n'ai plus peur de vous demander de

venir me voir le plus tôt possible.

--Ni moi de vous le promettre. Adieu, bon Germain.

--Adieu, ma bonne petite amie.

--Et servez-vous bien de ma cravate, craignez d'avoir froid, il fait si

humide!

--Quelle jolie cravate! Quand je pense que vous l'avez faite pour moi!

Oh! je ne la quitterai pas, dit Germain en la portant à ses lèvres.

--Ah çà! maintenant vous allez avoir de l'appétit, j'espère? Voulez-vous

que je vous fasse mon petit régal?

--Certainement, et cette fois j'y ferai honneur.

--Soyez tranquille alors, monsieur le gourmand, vous m'en direz des

nouvelles. Allons, encore adieu. Merci, monsieur le gardien, aujourd'hui

je m'en vais bien heureuse et bien rassurée. Adieu, Germain.

--Adieu, ma petite femme... à bientôt!...

--À toujours!...

Quelques minutes après, Rigolette, ayant bravement repris ses socques et

son parapluie, sortait de la prison plus allègrement qu'elle n'y était

entrée.

Pendant l'entretien de Germain et de la grisette, d'autres scènes

s'étaient passées dans une des cours de la prison, où nous conduirons le

lecteur.

Les mystères de Paris, Tome IV · 第 47 / 68 题