On sait quels extraordinaires développements a pris dans ces dernières
années l'industrie du caoutchouc: les bandages de roues pour cycles,
automobiles et voitures de toutes sortes, les appareils orthopédiques et
d'hygiène, les isolateurs de câbles, les calandres pour le glaçage du
papier ou pour le lustrage, le gaufrage et le moirage des étoffes, la
sellerie, les harnais et les colliers, etc., etc., absorbent des
quantités de plus en plus considérables de ce produit précieux.
C'est pourquoi, malgré tous les efforts faits dans les pays producteurs
pour accroître l'importance des plantations caoutchoutières et les
mettre en rapport avec les besoins grandissants de la consommation, on
peut prévoir que le prix du caoutchouc se maintiendra encore très
longtemps aussi élevé qu'aujourd'hui, si même il n'arrive pas à dépasser
rapidement les cours actuels.
Depuis longtemps déjà nombre de chimistes ont essayé de découvrir un
produit qui, tout en ayant les mêmes caractères que le caoutchouc, tout
en étant propre aux mêmes usages, offre en même temps l'avantage de
coûter bien moins cher. «L'Élasticine» remplirait-elle ce but?
Au dire des inventeurs, ce composé chimique possède à l'emploi les mêmes
caractères élastiques que le caoutchouc. C'est ainsi qu'une bande de
cette matière ayant trois centimètres d'épaisseur est réduite à six
millimètres sous la pression d'un poids de 90.000 kilogrammes et reprend
son volume primitif aussitôt qu'on la rend à la liberté.
Cette substance, d'ailleurs, ne travaille qu'à la compression et se
déchire lorsqu'on cherche à l'allonger. Elle résiste aux hautes comme
aux basses températures: un froid de 20 degrés centigrades est sans
influence sur elle; chauffée à 120 degrés, elle ne fond pas.
Supérieure à cet égard au caoutchouc, elle peut même être mise en
contact avec un corps en ignition sans s'enflammer. Elle présente encore
le très grand avantage de n'être atteinte en aucune façon par l'humidité
de l'air.
Ce nouveau produit est donc destiné à remplacer le caoutchouc dans un
grand nombre de ses applications. Comme emploi spécial à
l'automobilisme, les inventeurs injectent ce produit à l'état liquide
dans l'intérieur des chambres à air de pneumatiques. L'«Élasticine»
devenant rapidement un corps solide, on se trouve en présence d'une
sorte de caoutchouc plein et par suite increvable conservant une
élasticité suffisante, bien que probablement inférieure à celle des
pneumatiques.
Signalons encore le rembourrage des selles de bicyclette qui deviennent
plus douces. Si, comme l'affirment les inventeurs, ce produit ne durcit
pas de lui-même à la longue, ou si du moins sa durée élastique égale
celle du caoutchouc, on peut affirmer qu'il trouvera de nombreuses et
utiles applications dans l'industrie.
Pour tous renseignements, on peut s'adresser à L'«_Élasticine_», 49, rue
de Villiers, Neuilly-sur-Seine.
_Pour toutes insertions concernant les nouvelles inventions, écrire au
service des Nouvelles Inventions,_ à l'Illustration, 13, rue
Saint-Georges. Paris.