La Chambre de commerce de Paris, réunie en séance plénière, vient de
renouveler son bureau. Le ministre du commerce et M. de Selves, préfet
de la Seine, assistaient à cette réunion, et le ministre a lui-même
installé en fonctions le bureau nouveau.
Le bureau dont les pouvoirs viennent d'expirer avait à sa tête: M.
Derode, président, officier de la Légion d'honneur, membre depuis 1893
de la Chambre de commerce, où il représente le commerce des cafés, thés,
vanilles; M. V. Hugot, premier vice-président, entré à la chambre à la
même époque pour la tabletterie et qui récemment représentait de la
façon la plus distinguée la compagnie de l'Exposition de Saint-Louis, et
M. Lesieur, deuxième vice-président, entré à la compagnie depuis 1895
(huiles et pétroles).
C'est M. Lesieur qui a été élu président. M. Hugot était arrivé au terme
de son mandat.
Comme vice-présidents, la Chambre de commerce a désigné M. L.
Dubrujeaud, le grand entrepreneur de maçonnerie, qui y siège depuis 1899
et M. Garnier, entrepreneur de travaux publics, entré en 1895.
Dans l'allocution qu'il a prononcée en appelant au bureau ses nouveaux
membres, le ministre a fait un éloge unanimement applaudi du bureau
sortant, et notamment de M. Derode:
«J'ai trouvé chez lui, a déclaré le ministre, je ne dirai pas seulement
un concours précieux et empressé, mais une bonne grâce qui a
singulièrement facilité nos rapports et qui laissera chez moi quelque
chose de plus qu'un souvenir.»
Me POUILLET Me Pouillet, avocat à la cour d'appel de Paris, ancien
bâtonnier de l'ordre, est mort à Cannes, où il avait espéré rétablir sa
santé ébranlée depuis de longs mois. Il était âgé de soixante-six ans.
[Illustration: Me Pouillet.--_Phot. Paul Boyer._]
C'était une des figures les plus connues du monde judiciaire; l'éminent
juriste avait acquis une grande notoriété dans toute l'Europe, où
pendant tant d'années il avait présidé les congrès internationaux de
propriété littéraire, artistique ou industrielle. On le considérait
comme un maître sans égal en cette matière, presque comme un créateur.
Ses avis, ses consultations ont été l'origine ou la base de nombreuses
lois. Il avait apporté à l'étude de ces questions difficiles une
véritable passion et l'ensemble de ses écrits constitue une oeuvre
durable.
Son _Dictionnaire de la propriété artistique_, ses traités théoriques et
pratiques (dessins, marques de fabrique, propriété littéraire,
conventions internationales, etc.), font autorité.
Ce laborieux jurisconsulte était en même temps un des avocats les plus
occupés du Palais, où il plaidait les affaires les plus ardues avec
autant de vigueur que de compétence.
Pendant son bâtonnat, en 1896, il avait rétabli au Palais même les
consultations gratuites pour les indigents.
Me Pouillet était chevalier de la Légion d'honneur.
Ses obsèques ont été célébrées à Paris au milieu d'une assistance
considérable; le conseil de l'ordre y était représenté par une
délégation de trente-deux membres ayant à sa tête Me Bourdillon, le
bâtonnier en exercice.