Le gui du chêne est devenu introuvable dans notre pays, disions-nous
dans un récent numéro (24 décembre). Un de nos lecteurs, M. Guirbal,
nous envoie à ce sujet les renseignements complémentaires suivants:
Le gui du pommier, quoique commun, ne se rencontre dans les vergers que
par touffes isolées auxquelles la serpe des paysans fait une guerre sans
merci; le gui du peuplier, par contre, pousse en véritables frondaisons
dans certaines régions humides du Sud-Ouest, et c'est lui qui alimente
principalement nos marchés parisiens.
[Illustration: Un arbre à gui.]
Bien qu'au point de vue botanique il n'y ait aucune différence, le
parasite du pommier se distingue de celui du peuplier par sa tenue, sa
finesse, ses formes plus sveltes, son vert plus foncé; il se conserve
mieux et est plus recherché.
Le véritable _arbre à gui_ n'est même pas le peuplier commun, mais bien
le peuplier tremble, connu dans le Midi sous le nom de _carolin_, dont
les feuilles sont agitées d'un mouvement perpétuel et les branches
puissantes étendues en parasol.
La photographie ci-jointe, prise à Saint-Nauphary, dans la banlieue de
Montauban, représente un de ces spécimens, et encore après que les plus
belles touffes de gui ont été récoltées pour la vente.
Un fait curieux à noter, c'est que ces arbres très élevés sont
généralement envahis par le sommet alors que les pieds producteurs du
parasite sont situés à des distances considérables.
Ce sont les petites grives ou _merles draines_ qui, très friandes des
baies gluantes du gui, mais ne digérant pas la graine unique qu'elles
renferment, répandent au loin la semence avec leurs déjections.
On connaît le rôle considérable des insectes dans la fécondation des
fleurs, mais celui des oiseaux, faisant à leur manière le geste auguste
du semeur, est assez peu connu pour mériter d'être signalé.
La CONDUCTIVITÉ ÉLECTRIQUE DU CORPS.
A un certain moment c'était assez la mode de mesurer la conductivité du
corps à l'électricité pour apprécier la condition saine ou morbide de
celui-ci. Mais la méthode fut assez vite abandonnée: il était difficile
de mesurer exactement les différences, et de grandes variations se
présentaient qu'on ne savait interpréter. Voici, toutefois, qu'un
médecin suisse, M. E.-K. Muller, vient de reprendre l'étude de la
question, il a été frappé par la grande variabilité de la conductivité
du corps humain selon l'heure et le jour. La nature des repas récents
exerce aussi une influence considérable. Autre phénomène singulier: le
retour de valeurs exactement identiques dans des séries d'expériences
continuées 10 et 15 minutes, pour les mêmes minutes, alors même que les
expériences sont séparées par un intervalle de plusieurs jours. Une
constatation singulière a encore été faite par M. E.-K. Muller. C'est
que, pour la même personne, les valeurs de la conductivité diffèrent
énormément selon qu'elle est isolée dans une salle spéciale, ou bien en
compagnie d'une tierce personne; c'est ainsi que, chaque fois qu'un
bruit se produit ou qu'une personne entre dans la pièce où se fait
l'expérience, la résistance électrique présente une variation subite et
considérable.
La résistance ne varie pas seulement sous l'influence de causes
extérieures évidentes: elle varie aussi sous l'influence des émotions et
des sensations. Dès que celles-ci ont quelque intensité, la résistance
diminue fortement tombant au quart ou au cinquième de ce qu'elle était.
Des oscillations de la résistance se produisent même quand on parle au
sujet en expérience ou quand on l'oblige à concentrer son attention.
Tout effort de volonté, tout effort pour entendre un bruit lointain,
toute excitation des sens, tout effort, si faible soit-il, du corps ou
de l'esprit, s'accompagne d'un changement de résistance. On peut même,
par les variations de la résistance, voir si le sujet a des rêves ou non
et si ceux-ci sont calmes ou mouvementés. Toute émotion, même
temporaire, agit sur la résistance. Celle-ci varie non seulement selon
les excitations physiques ou psychiques, elle varie selon la personne et
sa condition du moment. Il y a des personnes plus résistantes que
d'autres. La résistance est très basse chez les nerveux, chez les
buveurs et les fumeurs. Elle est basse chez les sujets hypnotisés aussi,
mais avec des renforcements subits et extraordinaires dès que se produit
une excitation externe. Ces recherches seraient à poursuivre et à
développer; peut-être en pourrait-on tirer des conclusions intéressantes
pour la psychologie et la physiologie.