M. GLAIS-BIZOIN.--Ces paroles peuvent être... (_Bruit._)

_M. le ministre._--Je n'ai pas entendu l'interruption.

M. GLAIS-BIZOIN.--Je disais que ces paroles peuvent donner lieu

ailleurs à la même interprétation que celles qui ont été prononcées

dans une autre enceinte.

_M. le ministre._--Messieurs, je ne voudrais à aucun prix, accepter,

commenter à cette tribune l'assimilation que vient de faire

l'honorable préopinant.

_Au centre._--Très-bien!

M. GLAIS-BIZOIN.--Ce n'est pas une assimilation; je dis que c'est

blâmable partout!

Je demande la parole.

_M. le ministre._--Ce que j'ai dit, je l'ai dit uniquement pour

prouver combien il est difficile de prévenir les emportements de la

crédulité populaire dans un pays livré à de tels mouvements.

J'arrive au second objet des observations de M. Berville, et en

vérité, je croyais y avoir déjà répondu dans la discussion de

l'adresse, et j'ai peu de chose à ajouter à ce que j'ai dit alors.

L'honorable M. Berville reconnaît que l'envoi d'un ambassadeur a été

fait dans un esprit bienveillant, pour resserrer les liens de la

France et de l'Espagne; il reconnaît que le choix de l'ambassadeur, M.

de Salvandy, était en harmonie avec ce dessein. Cela convenu, comment

avons-nous agi quant aux lettres de créance? Nous avons agi comme nous

avions agi ailleurs, selon nos maximes de droit, selon nos précédents

de fait, acceptés et pratiqués par les autres nations de l'Europe. M.

Berville ne me paraît pas s'être rendu un compte bien exact des faits.

Selon lui, au fond, il était indifférent que les lettres de créance

fussent adressées à telle ou telle personne. Messieurs, rien n'est

moins indifférent que l'adresse des lettres de créance. Celles-ci, par

exemple, étaient adressées à la reine d'Espagne; c'était auprès de la

reine que l'ambassadeur était accrédité. S'il eût été accrédité auprès

du régent, qu'aurait-il pu arriver? Il aurait pu arriver qu'une

révolution, un mouvement populaire, comme ceux que nous avons vus

depuis quelques années en Espagne, écartât la reine Isabelle sans

écarter le régent; l'ambassadeur eût été obligé de rester à son

poste... (_Léger bruit._) J'ose dire aux honorables membres qui

m'interrompent...

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 181 / 219 题