M. DE TOCQUEVILLE.--Je demande la parole.

_M. le ministre des affaires étrangères._--... Des factions, qui des

qu'elles découvrent une chance de guerre, s'en emparent et essayent de

la féconder.

Voilà ce qui est arrivé. On a dit que le traité du 15 juillet, c'était

l'ancienne coalition, que c'était la Sainte-Alliance renaissant contre

la France. (_À gauche_: Oui! oui!) On a dit que le traité du 15

juillet, c'était le partage de l'empire ottoman. On a dit que le

traité du 15 juillet, c'était un affront fait à la France. Et avec

cela on s'est appliqué à égarer, à entraîner le pays, à l'entraîner

dans une guerre sans motif suffisant et légitime. Voilà l'oeuvre des

factions.

Eh bien, le devoir du gouvernement, c'est de résister à de tels

entraînements; c'est d'éclairer, de retenir le pays, quand les

factions travaillent à le tromper et à l'égarer. Il nous a paru, il

nous paraît aujourd'hui que cette oeuvre n'a pas été accomplie par le

dernier cabinet, qu'elle ne l'a pas été du moins avec une énergie

suffisante. Il nous a paru, il nous paraît aujourd'hui que les

factions, dans leur entraînement vers la guerre, dans leurs efforts

pour faire sortir la guerre de la situation, n'étaient pas

suffisamment démasquées au pays, suffisamment réprimées. (_Rumeur à

gauche._)

Histoire parlementaire de France, Volume 3. Recueil complet des discours prononcés dans les chambres de 1819 à 1848 · 第 91 / 219 题