ORGANISATION ADMINISTRATIVE DU DAHOMEY.

Le _gouvernement_ du Dahomey est une monarchie despotique: héréditaire

quant à la famille où l’on prend le roi; élective, quant à la personne à

qui les rênes du gouvernement sont confiées.

Il n’y a d’autre _régime_ que la volonté du roi, dont le pouvoir

discrétionnaire n’est tenu en échec que par la crainte du poison des

féticheurs: car _le fétiche tue_... même les rois.

Le _système administratif_ n’offre point de complications: tous les

chefs agissent sous leur propre responsabilité et relèvent directement

du roi. M. Borghéro a dit avec autant d’exactitude que de précision: «Le

peuple est esclave en masse du roi, puis des chefs et finalement des

_particuliers_ qui sont en petit nombre.» Sous cette dernière

désignation de _particuliers_, entendez ceux qui, par leur position de

fortune, le nombre de leurs esclaves ou l’appui de leurs amis ou

protecteurs, se trouvent en position d’avoir des exigences.

En tête, et au premier rang, nous voyons le roi, de qui tout dépend en

dernier ressort, d’une manière absolue. Aucune loi ne le lie: son

vouloir a force de loi; il ne permet pas que l’on discute ses caprices:

celui qui oserait se le permettre s’exposerait à être jeté en prison;

puis, peut-être, _on n’entendrait plus parler de lui_.

_En droit_, le roi est seul propriétaire au Dahomey: la propriété, comme

le pouvoir, est en ses mains. Les particuliers, les chefs eux-mêmes,

tous, en un mot, si nous exceptons les féticheurs, avec qui le roi doit

compter, tous ne possèdent quelque chose que parce que le roi leur en

permet ou en tolère la possession, et pour le temps qu’il le trouve bon.

En supposant qu’il reconnaisse théoriquement un droit quelconque à

autrui, _en pratique_ il a, comme nous allons voir, un moyen assez

simple d’éluder ce droit: ce sont les _palavres_ et la confiscation.

Il n’est pas bon au Dahomey, il est dangereux d’être plus puissant, plus

intelligent, plus habile, plus riche (disons le mot), plus influent

qu’il ne plaît au roi.

Inutile de dire que la personne du roi est sacrée. On ne se présente

devant Sa Majesté que dans l’attitude de la plus complète humiliation;

et si Sa Majesté boit en public, on doit se détourner ou incliner la

tête pour ne le point voir. Les plus hauts dignitaires, par respect, se

mettent à plat ventre devant le roi.

Sous cette désignation «_femmes du roi_», il faut comprendre

non-seulement celles que le roi traite en épouses, non-seulement celles

à qui il a accordé ses faveurs, mais encore les eunuques du palais. Des

manières tant soit peu familières avec ces personnes, un regard jeté sur

elles, sont souvent réprimés comme des crimes. Pour peu que les femmes

du roi prennent un air provocateur, il leur est facile de compromettre

ceux qu’elles veulent perdre. Même on prétend que le roi spécule sur

cette facilité de perdre quelqu’un par les habiletés compromettantes de

ses femmes.

Au _bâton du roi_ on accorde les mêmes honneurs qu’au roi lui-même.

Lorsqu’il est porté d’une manière ostensible en public, la foule se

prosterne à son passage et se livre à des démonstrations de respect qui

indiquent presque un véritable culte.

L’_oiseau du roi_ est une espèce de _hochequeue_, noir et blanc. On

raconte que le roi, revenant d’une guerre où il avait été vainqueur, fut

salué à son retour par une volée de ces oiseaux. Dès lors, il en fit son

oiseau, défendant de le tuer ou de lui faire la chasse. Enfreindre cet

ordre serait un crime de lèse-majesté et un sacrilége: car l’oiseau du

roi est aussi l’oiseau de _Legba_, puissant fétiche que les interprètes

appellent le _démon_.

Il arrive parfois qu’un chef ou tout autre individu se présente, au nom

du roi, dans une factorerie et achète pour le roi une certaine étoffe.

Par le seul fait, l’embargo est mis sur les étoffes de cette qualité: le

négociant n’en peut vendre qu’au roi, et les particuliers n’en peuvent

acheter sans se rendre coupables. Ils s’exposeraient à la prison, à de

fortes amendes, à la confiscation, à la mort peut-être, s’ils y

mettaient quelque affectation.

Il me souvient d’un noir de Wydah, du nom de Ségo, condamné pour un fait

de ce genre, pendant mon séjour au Dahomey. Un jour, les marchands du

roi avaient acheté une certaine _étoffe pour le roi_, dans une

factorerie de Wydah. En même temps, Ségo, voyageant dans le royaume

voisin, acheta de cette même étoffe à Porto-Novo. De retour chez lui, il

se drape dans son nouveau costume, tout fier de son _acho_. Sa joie fut

de courte durée. Il paraissait à peine dans la rue qu’il se vit saisi,

traîné chez le cabécère, dépouillé, jeté en prison, obligé à payer une

forte amende: tout cela, pour avoir acheté d’une manière inconsciente de

l’_étoffe du roi_.

On le voit: toutes ces industries font du roi, sinon un dieu, du moins

un personnage à part, un demi-dieu. _Après Dieu, le roi._

Le roi nomme les chefs ou _cabécères_, et les révoque à volonté. Sans

solde aucune, les chefs, pour seul et unique revenu, ont ce qu’ils

extorquent à leurs subordonnés, sous forme de cadeaux ou d’amendes. Cela

sert à leur entretien et aux frais de représentation; c’est aussi avec

ces ressources qu’ils _donnent à manger au roi. Manger, donner à

manger_: deux expressions heureuses, qui dispensent d’appeler la

cupidité insatiable du roi et des chefs par son propre nom. Une des

principales attributions des chefs est de _donner à manger_ au roi.

Malheur à qui néglige ce devoir important!

«Quand le roi du Dahomé crée de nouveaux chefs ou cabécères, il leur

remet des insignes distinctifs.

«Ce sont, en premier lieu, des bracelets d’argent, des colliers de

verroteries et de corail, un sabre et, pour les plus hauts dignitaires,

deux petites cornes d’argent.

«Viennent ensuite les marques extérieures de la part plus ou moins

grande de puissance et d’honneur que le souverain a voulu accorder en

élevant au cabécérat:

«1º _Le parasol_. C’est une grande ombrelle plate, en étoffe de diverses

couleurs et garnie d’une bordure découpée. Ce parasol peut abriter

plusieurs personnes. Seuls les chefs ont le droit de s’en servir, et

malheur au sujet qu’on trouverait usant même d’un simple parapluie. Au

contraire, il n’y a pas de chefs, grands ou petits, qui paraissent en

public sans cet insigne de leur dignité.

«Le même usage existe généralement sur tout le littoral de la Guinée;

mais à Porto-Novo, les chefs se contentent d’un parapluie ordinaire de

couleur voyante, rouge ou verte.

«2º Le _tabouret_ est un autre insigne de cabécérat. C’est un siége fait

d’une seule pièce de bois, le _houn-ti_ (arbre à pirogue). Ce bois,

d’une belle couleur jaune, est très-facile à travailler.

«Ces tabourets ne se fabriquent qu’à la capitale, à Abomé. Celui des

grands cabécères a jusqu’à un mètre de hauteur. On les agrémente parfois

de dessins très-bizarres.

«3º Le troisième insigne du cabécérat, c’est la longue pipe et la large

sacoche en cuir contenant le tabac. La pipe est renfermée dans un étui

de bois. Un chef peut sortir et même voyager sans son parasol et sans

son tabouret, mais jamais sans sa pipe passée à travers les plis de sa

grandissime poche à tabac. Fumer paraît être un signe de virilité et de

puissance. Jamais je n’ai vu l’ancien roi Mecpon sans sa pipe à la

bouche.» (COURDIOUX.)

Chaque bourgade, chaque ville, chaque quartier a son chef. Le chef de

quartier juge les affaires ordinaires: c’est, en quelque sorte, un juge

ou gardien de la paix. Les affaires de certain ordre sont de la

compétence de chefs spéciaux; celles de quelque gravité ressortissent au

tribunal particulier des féticheurs ou du roi. Ici, l’arbitraire du juge

est sans contrôle et sans limites.

Tous les chefs n’ont donc pas les mêmes attributions, ni le même

pouvoir: ceux-ci n’ont d’autorité qu’en matière purement civile;

ceux-là, en matière administrative ou criminelle. Ces ressorts existent,

plus ou moins étendus, quoiqu’ils ne soient pas toujours aussi bien

définis que chez nous. Le pire de tout, pour un prévenu, c’est d’être

livré au fétiche ou d’être renvoyé au roi: il est fort à craindre _qu’on

n’entende plus parler de lui_.

Du reste, la manière d’agir de tous les chefs est toujours la même: leur

pouvoir autoritaire s’exerce par voie de _palavres_. Ils appellent à

leur barre celui qu’ils veulent condamner; ils l’accusent, dirigent

contre lui des imputations plus ou moins vraisemblables; ils parlent,

ils crient, ils dissertent avec véhémence; ils s’appliquent à prouver

qu’il faut le condamner, et ils le condamnent en effet. Voilà ce qu’on

appelle _palavre_.

On conçoit aisément tout ce que de semblables vexations doivent exciter

de haines et provoquer de vengeances, alors que rien ne modère les

passions: ni la charité chrétienne, ni les sentiments d’humanité, ni les

sages conseils de la résignation. Aussi, quand la crainte de leur

despotisme n’impose pas suffisamment, les chefs doivent se précautionner

contre les rancunes et la vengeance de ceux qu’ils oppriment. Alors ces

juges sans conscience et sans pudeur livrent leur victime au roi, après

l’avoir noircie de calomnies. Le roi a droit de vie et de mort, et il en

use largement: tout le monde le sait. Roi et chefs, par là même, sont

également redoutables: l’un, parce qu’il peut faire mourir; les autres,

parce qu’ils livrent au roi.

Nous ne dirons rien des autres procédés de justice sommaire: de la

prison avec la perspective d’y mourir de faim; des épreuves judiciaires,

de l’épreuve non moins terrible qui consiste à _boire le fétiche_;

véritables meurtres à peine déguisés.

A Abomé, les principaux chefs sont: le _Méhou_, ministre du commerce et

des affaires étrangères; le _Mingan_, ministre de la guerre, exécuteur

des hautes œuvres. Le Méhou a l’_oreille du roi_, c’est-à-dire qu’il est

son confident intime, son interprète juré.

Chaque cabécère, le roi lui-même a son second, _ékédji_, comme disent

les Nagos: celui qui doit lui succéder et qui se forme à son école. Le

second est souvent pressé de devenir premier, et demande au poison de

lui faire place libre.

A Wydah, le chef principal, que nous appellerions volontiers le

vice-roi, est le _Yévo-gan_, le chef des blancs. Le Méhou est

représenté, dans cette ville maritime, par _Quouénou_. Tous deux sont

espionnés par des conseillers que le Dahomey leur impose. Je dis: _le

Dahomey_; car, pour les gens de la côte, et généralement pour les

habitants de l’ancien royaume de Juda, le Dahomey n’est que la partie du

royaume occupée à l’origine par Tocoudonou et ses partisans. A Wydah et

aux environs, si l’on parle d’aller à la capitale, on dit: _aller au

Dahomey_.

L’espionnage est un des rouages administratifs en usage dans le royaume:

le roi a ses espions chez les principaux chefs; le Méhou et le Mingan

ont les leurs à Wydah. Il n’y a pas jusqu’aux blancs à qui l’on impose

certains employés chargés d’épier leurs actions et leurs paroles, pour

en rendre compte aux autorités locales. J’ai connu notamment un de ces

mouchards dont on n’a pu se débarrasser ni par la prison, ni par les

fers, ni par la diète, ni par le fouet; il résista à toutes les

épreuves, cloué à son poste par la volonté de ceux qui l’avaient imposé.

Un jour, me trouvant à dîner chez un Français, celui-ci prononça une

parole un peu dure, quoique méritée, contre un des chefs de Wydah. A

quelque temps de là, ce chef s’indignait avec moi de ce que le Français

en question avait parlé de la sorte. Il me rapporta les paroles avec une

si grande exactitude, que je crus devoir conseiller à mon compatriote

plus de réserve devant le personnel de sa maison. Impossible, me dit-il

après m’avoir remercié, impossible d’éviter les inconvénients de ce

genre. On nous tient de si près que nous ne saurions garder nos

sentiments cachés: nous devrions nous réduire à un silence absolu. Et

encore!

Disons, du reste, que ce fait n’est point particulier au Dahomey. Les

négociants établis dans la colonie anglaise de Lagos sont connus à

Abèokouta, dans l’intérieur, où l’on sait quels discours ils tiennent à

l’endroit des nègres, au point de vue du commerce et de la politique.

Une seule maison a peut-être échappé à cette inquisition: c’est la

factorerie hambourgeoise. On y avait adopté l’usage de parler allemand,

lorsqu’on traitait devant les noirs une question à laquelle on voulait

les laisser étrangers. Or, on n’enseignait pas l’allemand aux noirs

employés dans la maison: on parlait avec eux anglais ou portugais,

français même.

Nous avons déjà dit que les chefs ne reçoivent rien du budget de l’État.

Disons tout: l’État n’a point de budget, parce qu’il n’a point de

revenus. Seul maître et seul propriétaire, le roi seul a des revenus. Il

souffre bien que les chefs prélèvent quelque chose sur le fruit des

palavres: _ils doivent manger!_ Mais malheur à eux, s’il se doute que le

principal ne lui revient pas!

Quant aux impôts réguliers, un dicton populaire déclare expressément

qu’_ils appartiennent au roi_. Dans le style imagé des nègres, ces

impôts s’appellent les _cauris de la rue_[110] ou l’argent de la rue, et

les collecteurs de cet impôt portent le nom de gardiens ou _maîtres de

la rue_, du dehors[111].--Ces employés, que les Européens nomment

_décimères_, sont postés, comme nos gardes d’octroi et nos douaniers, à

côté des passages fréquentés, sur le bord des chemins ou de la lagune;

on en trouve à la porte des factoreries. Ils sont chargés de prélever la

_part du roi_ sur l’huile et d’autres produits que les nègres portent au

marché ou chez les divers négociants.

[110] Owo-ode.

[111] Onibode (oni-ibi-ode).

Ceux-ci payent au roi des redevances en nature pour toutes les

marchandises d’importation arrivées par les navires: là aussi le roi a

sa part.

Quelquefois, après avoir pris la part qu’il se réserve ordinairement,

_le roi veut encore manger_. La voie des palavres étant trop lente, il a

recours au moyen plus expéditif du vol. Les gens du roi, agissant pour

le roi et en son nom, se répandent partout et pillent les noirs sans

merci. Ils enlèvent tout ce qui tombe sous leur main, et on ne leur fait

aucune résistance, de peur d’être traîné _au Dahomey_. Tout au plus si

l’on essaye de soustraire ce qu’on a de plus précieux, en le déposant

chez les blancs. Les maisons des blancs et des chefs principaux sont

seules respectées dans ces razzias.

Cela ne veut pas dire que le vol royal ne s’exerce point contre les

blancs. Le roi a une classe de fonctionnaires que l’on nomme et qui sont

réellement les VOLEURS DU ROI. Quand cela plaît à Sa Majesté, ces

voleurs sont envoyés en mission dans la maison des blancs. _Pour le roi

et en son nom_, ils exercent leurs fonctions de voleurs chez ceux que

l’on veut déposséder sans éclat et sans violence apparente: on leur

recommande de ne point se laisser prendre, et on leur assure l’impunité

au tribunal des autorités du pays, pourvu qu’ils soient consciencieux.

J’ai dit: _consciencieux!_... Si l’on veut qu’ils volent sans scrupule,

on exige qu’ils rendent compte scrupuleusement de tout ce qu’ils ont

pris. En détourner ou en cacher une partie serait forfaire à son devoir

de voleur, le voleur du roi devant évidemment voler pour le roi, et non

pour lui.

L’existence de ce genre d’employés n’est un secret pour personne. Les

autorités dahoméennes se garderaient de vouloir excuser cette

institution; au contraire, elles s’en glorifient: n’est-ce pas le

meilleur moyen de rendre les vols moins fréquents? D’un côté, les blancs

sont tout avertis de se tenir sur leurs gardes, et ils veillent plus

soigneusement. D’autre part, le roi se réservant le monopole du vol, les

nègres se sentiront moins portés à cette spéculation, parce qu’il est

toujours dangereux de se mettre en concurrence avec le roi.

Belles raisons! Il ne faut pas peu d’effronterie pour les mettre en

avant; mais l’habitude est si impérieuse!

On parle au Dahomey de _coutumes_ et de _droit coutumier_. On aurait

tort de supposer que ces lois coutumières protégent la sécurité et la

liberté des individus. Elles n’édictent guère que des mesures

restrictives ou pénales; rarement elles reconnaissent un droit à

quelqu’un, à moins qu’un autre ne soit frappé du même coup: il faut

toujours qu’il y ait une victime. Les us et coutumes du Dahomey

favorisent l’injustice et la violence, plutôt qu’ils ne lui mettent

obstacle; l’oppresseur n’a rien à redouter que de la vengeance et du

poison, et s’il a besoin de se couvrir d’une excuse, le moindre prétexte

légitimera son manque d’équité.

«Pourquoi ne pas écrire votre code coutumier? demandait un missionnaire

au Yévo-gan. Les blancs connaîtraient vos usages, et ils s’y

conformeraient.--Le beau conseil que tu donnes là! fut-il répondu à mon

confrère; si les blancs connaissent les coutumes, et qu’ils y conforment

leur conduite, plus de palavres! Et s’il n’y a plus de palavres, _que

mangerons-nous?_» _Que mangerons-nous?_... ce mot dit tout: le roi et

les chefs veulent _manger_, c’est pour _manger_ qu’ils conservent les

coutumes.

Autre moyen de manger: _fermer les chemins_. C’est aussi un moyen de

pression, ainsi que nous allons le voir.

Dans ce pays terrible de Dahomey, on n’est pas libre même de circuler et

de se mouvoir, à moins d’en avoir obtenu l’autorisation au préalable.

L’étranger entre dans le royaume comme l’oiseau entre dans la cage, ne

se doutant pas qu’on va fermer sur lui la porte. On le salue, on le

flatte, on le cajole, et il peut s’apercevoir bientôt que tous ces soins

ne sont pas aussi désintéressés qu’ils en ont l’air. On l’appelle ami,

et frère, et père; on ne peut le laisser partir: _les chemins sont

fermés_, c’est-à-dire que, pour prendre la clef des champs, notre

voyageur sera obligé de _payer_ une redevance. _Payez_, et vous aurez

_les chemins ouverts_.

Quand le roi ou les chefs veulent frapper un négociant dans ses

intérêts; quand ils veulent le forcer à subir des conditions qu’il

repousse, ils lui _ferment les chemins pour le commerce_. Alors, les

produits sont détournés; l’huile et les amandes de palme n’arrivent plus

chez lui; pour lui, le commerce est sous le coup de l’interdit le plus

sévère: il entrera en composition, sous peine de voir se prolonger

indéfiniment la quarantaine qu’on lui impose.

Malheur aux noirs qui oseraient entretenir des relations commerciales

avec celui à qui l’on a fermé les chemins! Les confiscations et la

prison seraient les moindres peines qu’on leur infligerait; eux-mêmes

peut-être seraient _envoyés au Dahomey_.

Sept ans en Afrique Occidentale · 第 84 / 101 题