Pendant l'entretien d'Adrienne et de Rose-Pompon, une scène
touchante s'était passée entre Agricol et la Mayeux, restés fort
surpris de la condescendance de Mlle de Cardoville à l'égard de la
grisette.
Aussitôt après le départ d'Adrienne, Agricol s'agenouilla devant
la couche de la Mayeux, et lui dit avec une émotion profonde:
-- Nous sommes seuls... je puis enfin te dire ce que j'ai sur le
coeur. Tiens... vois-tu!... c'est affreux, ce que tu as fait...
mourir de misère... de désespoir... et ne pas m'appeler auprès de
toi?
-- Agricol... écoute-moi...
-- Non... tu n'as pas d'excuse... À quoi sert donc, mon Dieu! de
nous être appelés frère et soeur, de nous être donné pendant
quinze ans les preuves de la plus sincère affection, pour qu'au
jour du malheur tu te décides ainsi à quitter la vie sans
t'inquiéter de ceux que tu laisses... sans songer que te tuer,
c'est leur dire: «Vous n'êtes rien pour moi!»
-- Pardon, Agricol... c'est vrai... je n'avais pas pensé à cela,
dit la Mayeux en baissant les yeux; mais... la misère... le manque
de travail!...
-- La misère... le manque de travail! et moi donc, est-ce que je
n'étais pas là?
-- Le désespoir!...
-- Et pourquoi le désespoir? Cette généreuse demoiselle te
recueille chez elle; appréciant ce que tu vaux, elle te traite
comme son amie, et c'est au moment où tu n'as jamais eu plus de
garantie de bonheur... pour l'avenir, pauvre enfant... que tu
abandonnes brusquement la maison de Mlle de Cardoville... nous
laissant tous dans une horrible anxiété sur ton sort!
-- Je... je... craignais d'être à charge... à ma bienfaitrice...
dit la Mayeux en balbutiant.
-- Toi à charge... à Mlle de Cardoville... elle si riche, si
bonne!...
-- J'avais peur d'être indiscrète... dit la Mayeux, de plus en
plus embarrassée...
Au lieu de répondre à sa soeur adoptive, Agricol garda le silence,
la contempla pendant quelques instants avec une expression
indéfinissable, puis s'écria tout à coup, comme s'il eût répondu à
une question qu'il se posait à lui-même:
-- Elle me pardonnera de lui avoir désobéi; oui, j'en suis sûr.
Alors, s'adressant à la Mayeux, qui le regardait de plus en plus
étonnée, il lui dit d'une voix brève et émue:
-- Je suis trop franc; cette position n'est pas tenable; je te
fais des reproches, je te blâme... et je ne suis pas à ce que je
te dis... je pense à autre chose...
-- À quoi donc, Agricol?
-- J'ai le coeur navré en songeant au mal que je t'ai fait...
-- Je ne comprends pas... mon ami... tu ne m'as jamais fait de
mal...
-- Non... n'est-ce pas?... jamais... pas même dans les petites
choses? lorsque, par exemple, cédant à une détestable habitude
d'enfance, moi qui pourtant t'aimais, te respectais comme ma
soeur... je t'injuriais cent fois par jour...
-- Tu m'injuriais?
-- Et que faisais-je donc, en te donnant sans cesse un sobriquet
odieusement ridicule... au lieu de t'appeler par ton nom.
À ces mots, la Mayeux regarda le forgeron avec effroi, tremblant
qu'il ne fût instruit de son triste secret, malgré l'assurance
contraire qu'elle avait reçue de Mlle de Cardoville; pourtant elle
se calma en pensant qu'Agricol avait pu réfléchir à l'humiliation
qu'elle devait éprouver à s'entendre sans cesse appeler la Mayeux.
Aussi répondit-elle en s'efforçant de sourire:
-- Peux-tu te chagriner pour si peu de chose? C'était, comme tu le
dis, Agricol, une habitude d'enfance... Ta bonne et tendre mère,
qui me traitait comme sa fille... m'appelait aussi la Mayeux, tu
le sais bien.
-- Et ma mère... est-elle aussi allée te consulter sur mon
mariage, te parler de la rare beauté de ma fiancée, te prier de
voir cette fille, d'étudier son caractère, dans l'espoir que
l'instinct de ton attachement pour moi t'avertirait... si je
faisais un mauvais choix? Dis, ma mère a-t-elle eu cette cruauté?
Non... c'est moi qui ainsi te déchirais le coeur.
Les craintes de la Mayeux se réveillèrent; plus de doute, Agricol
savait son secret. Elle se sentit mourir de confusion; pourtant,
faisant un dernier effort pour ne pas croire à cette découverte,
elle murmura d'une voix faible:
-- En effet... Agricol... ce n'est pas ta mère qui m'a priée de
cela... c'est toi... et... et... je t'ai su gré de cette preuve de
confiance.
-- Tu m'en as su gré... malheureuse enfant! s'écria le forgeron
les yeux remplis de larmes; non, ce n'est pas vrai car je te
faisais un mal affreux... j'étais impitoyable... sans le savoir...
mon Dieu!
-- Mais... dit la Mayeux d'une voix à peine intelligible, pourquoi
penses-tu cela?
-- Pourquoi? parce que tu m'aimais! s'écria le forgeron d'une voix
palpitante d'émotion, en serrant fraternellement la Mayeux entre
ses bras.
-- Oh! mon Dieu!... murmura l'infortunée en tâchant de cacher son
visage entre ses mains, il sait tout.
-- Oui... je sais tout, reprit le forgeron avec une expression de
tendresse et de respect indicible, oui, je sais tout... et je ne
veux pas, moi, que tu rougisses d'un sentiment qui m'honore et
dont je m'enorgueillis; oui, je sais tout, et je me dis avec
bonheur, avec fierté, que le meilleur, que le plus noble coeur
qu'il y ait au monde a été à moi, est à moi... sera toujours à
moi... Allons Madeleine, laissons la honte aux passions mauvaises;
allons, le front haut, relève les yeux, regarde-moi... Tu sais si
mon visage a jamais menti... tu sais si une émotion feinte s'y est
jamais réfléchie... eh bien, regarde-moi, te dis-je, regarde... et
tu liras sur mes traits combien je suis fier, oui, entends-tu
Madeleine, légitimement fier de ton amour...
La Mayeux, éperdue de douleur, écrasée de confusion, n'avait pas
jusqu'alors osé lever les yeux sur Agricol; mais la parole du
forgeron exprimait une conviction si profonde, sa voix vibrante
révélait une émotion si tendre, que la pauvre créature sentit
malgré elle sa honte s'effacer peu à peu, surtout lorsque Agricol
eut ajouté avec une exaltation croissante: Va, sois tranquille, ma
noble et douce Madeleine, de ce digne amour... j'en serai digne:
crois-moi, il te causera autant de bonheur qu'il t'a causé de
larmes... Pourquoi donc cet amour serait-il désormais pour toi un
sujet d'éloignement, de confusion ou de crainte? qu'est-ce donc
que l'amour, ainsi que le comprend ton adorable coeur? Un
continuel échange de dévouement, de tendresse, une estime profonde
et partagée, une mutuelle, une aveugle confiance? Eh bien,
Madeleine, ce dévouement, cette tendresse, cette confiance, nous
les aurons l'un pour l'autre, oui, plus encore que par le passé.
Dans mille occasions, ton secret m'inspirait de la crainte, de la
défiance... à l'avenir, au contraire, tu me verras si radieux de
remplir ainsi ton bon et vaillant coeur, que tu seras heureuse de
tout le bonheur que tu me donnes... Ce que je te dis là est
égoïste... c'est possible; tant pis!... je ne sais pas mentir.
Plus le forgeron parlait, plus la Mayeux s'enhardissait... Ce
qu'elle avait surtout redouté dans la révélation de son secret,
c'était de le voir accueilli par la raillerie, le dédain, ou une
compassion humiliante; loin de là, la joie et le bonheur se
peignaient véritablement sur la mâle et loyale figure d'Agricol;
la Mayeux le savait incapable de feinte; aussi s'écria-t-elle,
cette fois sans confusion, et au contraire, elle aussi... avec une
sorte d'orgueil:
-- Toute passion sincère et pure a donc cela de beau, de bien, de
consolant, mon Dieu! qu'elle finit toujours par mériter un
touchant intérêt lorsqu'on a pu résister à ses premiers orages!
elle honorera donc toujours et le coeur qui l'inspire et le coeur
qui l'éprouve! grâce à toi, Agricol, grâce à tes bonnes paroles
qui me relèvent à mes propres yeux, je sens qu'au lieu de rougir
de cet amour, je dois m'en glorifier... Ma bienfaitrice a
raison... tu as raison; pourquoi donc aurais-je honte? N'est-il
donc pas saint et vrai, mon amour? Être toujours dans ta vie,
t'aimer, te le dire, et le prouver par une affection de tous les
instants, qu'ai-je espéré de plus? et pourtant la honte, la
crainte, jointe au vertige que donne le malheur arrivé à son
comble, m'ont poussé jusqu'au suicide? C'est qu'aussi, vois-tu,
mon ami, il faut pardonner quelque chose aux mortelles défiances
d'une pauvre créature vouée au ridicule depuis son enfance. Et
puis, enfin... ce secret devait mourir avec moi, à moins qu'un
hasard impossible à prévoir ne te le révélât... Alors, dans ce
cas, tu as raison, sûre de moi-même, sûre de toi... je n'aurais
rien dû redouter; mais il faut m'être indulgent: la méfiance, la
cruelle méfiance de soi... Tiens, Agricol, mon généreux frère, je
te dirai ce que tu me disais tout à l'heure: Regarde-moi bien,
jamais non plus, tu le sais, mon visage n'a menti; eh bien,
regarde... vois si mes yeux fuient les tiens... vois, si de ma
vie, j'ai eu l'air aussi heureuse... et pourtant tout à l'heure
j'allais mourir.
La Mayeux disait vrai... Agricol lui-même n'eût pas espéré un
effet si prompt de ses paroles; malgré les traces profondes que la
misère, que le chagrin, que la maladie avaient imprimées sur le
visage de la jeune fille, il rayonnait alors d'un bonheur rempli
d'élévation, de sérénité, tandis que ses yeux bleus, doux et purs
comme son âme, s'attachaient sans embarras sur ceux d'Agricol.
-- Oh! merci, merci! s'écria le forgeron avec ivresse. En te
voyant si calme, si heureuse, Madeleine... c'est de la
reconnaissance que j'éprouve.
-- Oui, calme, oui, heureuse, car maintenant... mes plus secrètes
pensées tu les sauras... Oui, heureuse, car ce jour, commencé
d'une manière si funeste, finit comme un songe divin; loin d'avoir
peur, je te regarde avec ivresse; j'ai retrouvé ma généreuse
bienfaitrice, et je suis tranquille sur le sort de ma pauvre
soeur... Oh! tout à l'heure, n'est-ce pas? nous la verrons, car
cette joie, il faut qu'elle la partage.
La Mayeux était si heureuse que le forgeron n'osa ni ne voulut lui
apprendre encore la mort de Céphyse, dont il se réservait de
l'instruire avec ménagements; il répondit:
-- Céphyse, par cela même qu'elle est plus robuste que toi, a été
si rudement ébranlée, qu'il sera prudent, m'a-t-on dit tout à
l'heure, de la laisser pendant toute cette journée dans le plus
grand calme.
-- J'attendrai donc; j'ai de quoi distraire mon impatience, j'ai
tant à dire...
-- Chère et douce Madeleine...
-- Tiens, mon ami, s'écria la Mayeux en interrompant Agricol et en
pleurant de joie, je ne puis te dire, vois-tu, ce que j'éprouve
quand tu m'appelles Madeleine... C'est quelque chose de si suave,
de si doux, de si bienfaisant, que j'en ai le coeur tout épanoui.
-- Malheureuse enfant, elle a donc bien souffert, mon Dieu!
s'écria le forgeron avec un attendrissement inexprimable, qu'elle
montre tant de bonheur, tant de reconnaissance, en s'entendant
appeler de son modeste nom...
-- Mais, pense donc, mon ami, que ce mot dans ta bouche résume
pour moi toute une vie nouvelle! Si tu savais les espérances, les
délices qu'en un instant j'entrevois pour l'avenir! si tu savais
toutes les chères ambitions de ma tendresse... Ta femme, cette
charmante Angèle... avec sa figure d'ange et son âme d'ange... oh!
à mon tour, je te dis: Regarde-moi, et tu verras que ce doux nom
m'est doux aux lèvres et au coeur... oui, ta charmante et bonne
Angèle m'appellera aussi Madeleine... et tes enfants!! chers
petits êtres adorés, pour eux aussi... je serai Madeleine... leur
bonne Madeleine; par l'amour que j'aurai pour eux, ne seront-ils
pas à moi aussi bien qu'à leur mère? car je veux ma part des soins
maternels; ils seront à nous trois, n'est-ce pas, Agricol?... Oh!
laisse-moi pleurer... laisse-moi, c'est si bon des larmes sans
amertume, des larmes qu'on ne cache pas!... Dieu soit béni! grâce
à toi, mon ami... la source de celles-là est à jamais tarie.
Depuis quelques instants, cette scène attendrissante avait un
témoin invisible. Le forgeron et la Mayeux, trop émus, ne
pouvaient apercevoir Mlle de Cardoville, debout au seuil de la
porte.
Ainsi que l'avait dit la Mayeux, ce jour, commencé pour tous sous
de funestes auspices, était devenu pour tous un jour d'ineffable
félicité. Adrienne aussi était radieuse: Djalma l'aimait avec
passion. Ces odieuses apparences dont elle avait été dupe et
victime étaient évidemment une nouvelle trame de Rodin, et il ne
restait plus à Mlle de Cardoville qu'à découvrir le but de ces
machinations. Une dernière joie lui était réservée... En fait de
bonheur... rien ne rend pénétrant... comme le bonheur: Adrienne
devina, aux dernières paroles de la Mayeux, qu'il n'y avait plus
de secret entre l'ouvrière et le forgeron; aussi ne put-elle
s'empêcher de crier en entrant:
-- Ah! ce jour est le plus beau de ma vie, car je ne suis pas
seule à être heureuse. Agricol et la Mayeux se retournèrent
vivement.
-- Mademoiselle, dit le forgeron, malgré la promesse que je vous
ai faite, je n'ai pu cacher à Madeleine que je savais qu'elle
m'aimait.
-- Maintenant que je ne rougis plus de cet amour devant Agricol,
comment en rougirais-je devant vous, mademoiselle, devant vous
qui, tout à l'heure encore, me disiez: «Soyez fière de cet
amour... car il est noble et pur!...» dit la Mayeux; et le bonheur
lui donna la force de se lever, et de s'appuyer sur le bras
d'Agricol.
-- Bien! bien! mon amie, lui dit Adrienne en allant à elle et
l'entourant d'un de ses bras afin de la soutenir aussi; un moment
seulement pour excuser une indiscrétion que vous pourriez me
reprocher... Si j'ai dit votre secret à M. Agricol.
-- Sais-tu pourquoi, Madeleine? s'écria le forgeron en
interrompant Adrienne. Encore une preuve de cette délicate
générosité de coeur qui ne se dément jamais chez mademoiselle.
«J'ai hésité longtemps à vous confier ce secret, m'a-t-elle dit ce
matin, mais je m'y décide; nous allons retrouver votre soeur
adoptive; vous êtes pour elle le meilleur des frères, mais, sans
le savoir, sans y songer, bien des fois vous la blessiez
cruellement; maintenant vous savez son secret... je me repose sur
votre coeur pour le garder fidèlement, et pour épargner mille
douleurs à cette pauvre enfant... douleurs d'autant plus amères
qu'elles viennent de vous, et qu'elle doit souffrir en silence.
Ainsi, quand vous parlerez de votre femme, de votre bonheur,
mettez-y assez de ménagements pour ne pas froisser ce coeur noble,
bon et tendre...» Oui, Madeleine, voilà pourquoi mademoiselle a
commis ce qu'elle appelle une indiscrétion.
-- Les termes me manquent, mademoiselle... pour vous remercier
encore et toujours, dit la Mayeux.
-- Voyez donc un peu, mon amie, reprit Adrienne, combien les ruses
des méchants tournent souvent contre eux; on redoutait votre
dévouement pour moi, on avait ordonné à cette malheureuse Florine
de vous dérober votre journal.
-- Afin de m'obliger de quitter votre maison à force de honte,
mademoiselle, quand je saurais mes plus secrètes pensées livrées
aux railleries de tous... Maintenant, je n'en doute pas, dit la
Mayeux.
-- Et vous avez raison, mon enfant. Eh bien, cette horrible
méchanceté, qui a failli causer votre mort, tourne, à cette heure,
à la confusion des méchants; leur trame est dévoilée... celle-là,
et heureusement bien d'autres encore, dit Adrienne en songeant à
Rose-Pompon.
Puis elle reprit avec une joie profonde:
-- Enfin, nous voici plus unies, plus heureuses que jamais, et
retrouvant dans notre félicité même de nouvelles forces contre nos
ennemis; je dis nos ennemis, car tout ce qui m'aime est odieux à
ces misérables... Mais, courage! l'heure est venue, les gens de
coeur vont avoir leur tour...
-- Dieu merci! mademoiselle... dit le forgeron, et, pour ma part,
ce n'est pas le zèle qui me manque; quel bonheur de leur arracher
leur masque!
-- Laissez-moi vous rappeler, monsieur Agricol, que vous avez
demain une entrevue avec M. Hardy.
-- Je ne l'ai pas oublié, mademoiselle, non plus que vos offres
généreuses.
-- C'est tout simple, il est des miens; répétez-lui bien ce que je
vais d'ailleurs lui écrire ce soir, que tous les fonds qui lui
sont nécessaires pour rétablir sa fabrique sont à sa disposition;
ce n'est pas seulement pour lui que je parle, mais pour cent
fabriques réduites à un sort précaire... Suppliez-le surtout
d'abandonner au plus tôt la funeste maison où il a été conduit;
pour mille raisons, il doit se défier de tout ce qui l'entoure.
-- Soyez tranquille, mademoiselle... la lettre qui m'a été écrite,
en réponse à celle que j'étais parvenu à lui faire remettre
secrètement, était courte, affectueuse, quoique bien triste; il
m'accorde une entrevue; je suis sûr de le décider... à quitter
cette triste demeure, et peut-être à l'emmener avec moi; il a
toujours eu tant de confiance dans mon dévouement!
-- Allons, bon courage, monsieur Agricol, dit Adrienne en mettant
son manteau sur les épaules de la Mayeux et en l'enveloppant avec
soin. Partons, car il se fait tard. Aussitôt arrivée chez moi, je
vous donnerai une lettre pour M. Hardy, et demain vous viendrez me
dire, n'est-ce pas? le résultat de votre visite.
Puis, se reprenant, Adrienne rougit légèrement et dit:
-- Non... pas demain... Écrivez-moi seulement, et après-demain, sur
le midi, venez.
* * * * *
Quelques instants après, la jeune ouvrière, soutenue par Agricol
et Adrienne, avait descendu l'escalier de la triste maison, et,
étant montée en voiture avec Mlle de Cardoville, elle demanda avec
les plus vives instances à voir Céphyse; en vain Agricol avait
répondu à la Mayeux que cela était impossible, qu'elle la verrait
le lendemain.
* * * * *.
Grâce aux renseignements que lui avait donnés Rose-Pompon, Mlle de
Cardoville, se défiant avec raison de tout ce qui entourait
Djalma, crut avoir trouvé le moyen de faire remettre, le soir
même, et sûrement, une lettre d'elle entre les mains du prince.