Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier 1814, deux armées ennemies
avaient envahi la France.
Schwartzenberg, entrant par la Suisse et le Haut-Rhin, menaçait les
vallées du Doubs et de la Saône.
Blücher, franchissant le Rhin, se dirigeait sur la Meuse.
Aucun obstacle ne s'oppose d'abord à cette irruption: la France n'a plus
d'armées, l'empereur se recueille pour savoir où il faut porter ses
coups, lequel de ces ennemis il faut écraser.
De tous côtés, en effet, l'étranger menace notre frontière; ce ne sont
plus seulement Schwartzenberg et Blücher: en Italie, le prince Eugène
est repoussé par les Autrichiens; 160,000 Anglais, Espagnols, Portugais
franchissent les Pyrénées avec Wellington; enfin Bernadotte commande
l'armée du Nord, qui descend par la Hollande et la Belgique.
La France est entourée de toutes parts: pourtant l'empereur ne la laisse
pas accabler: c'est l'heure de la lutte suprême, et jamais son génie
militaire ne s'est montré plus élevé.
Mais les défaites ne peuvent arrêter les masses ennemies sans cesse
renouvelées. Il faut céder au nombre; le traité de Fontainebleau est
signé: l'empereur part pour l'Ile d'Elbe; Louis XVIII remonte sur le
trône.