On se rappelle l'émotion produite il y a quelques mois, par la nouvelle
de la démolition de la _Porte de France_ à Belfort. Cette oeuvre de
destruction, que l'on croyait abandonnée, n'était qu'ajournée,
paraît-il, et il est plus que probable que la porte de France est
condamnée définitivement à disparaître.
L'émoi de la population de Belfort se comprend. Cette porte, construite
par Vauban, et sur laquelle se voient le soleil de Louis XIV et les
armes de France, rappelle en effet aux habitants, en dehors de sa valeur
historique, des souvenirs patriotiques de la dernière guerre. Le peuple
tient souvent plus à ses douleurs qu'à ses joies, ce sont là des
sentiments que l'on ne discute pas.
Partout, d'ailleurs, où d'anciennes fortifications ont dû subir des
modifications pour répondre aux exigences de la défense, on a tenu à
laisser subsister un fragment de l'ancien ensemble. Il serait facile
d'agir de même dans le cas actuel, et, bien qu'il soit nécessaire
d'ouvrir à la circulation une voie plus large que celle qui existe pour
entrer en ville, on peut le faire en respectant la porte, et en faisant
de chaque côté une brèche plus que suffisante pour assurer pleinement la
liberté du charroi et de la circulation.
[Illustration: La porte de France à Belfort.--Phot. Pernelle.]